La présente étude se concentre sur l'analyse approfondie de la structure rhétorique ainsi que de la dimension théologique dans les écrits d'Aristote et d'Averroës. L'objectif central est d'explorer la tension entre la rhétorique aristotélicienne et le commentaire d'Averroës, en mettant l'accent sur la question de la persuasion et de son potentiel dans le discours rhétorique.
Le travail est divisé en deux parties principales. La première se focalise sur l'analyse approfondie du syllogisme rhétorique selon Aristote, examinant les démarches et la problématique entourant l'ethos, le pathos et l'enthymème. Une attention particulière est accordée à la signification du style et de la métaphore pour comprendre leur impact sur la performance rhétorique.
La seconde partie traite de l'exégèse du corpus aristotélicien par Averroës, en mettant l'accent sur la tension entre la finalité cognitive et communicative de la rhétorique. On explore comment Averroës reprend la rhétorique aristotélicienne dans ses écrits, en particulier dans le contexte de la communication théologique. L'analyse couvre la finalité cognitive de la persuasion et l'objectif communicatif dans le texte religieux, notamment à travers l'analyse des métaphores dans le Coran.
Sommaire
Introduction
PARTIE 1
I. Examen du syllogisme rhétorique
Démarche et problématique
Rhétorique et dialectique
La preuve éthique : l'éthos de l'orateur
La preuve pathétique: connaissance et maîtrise des passions
II. Examen de l'enthymème
Démarche et problématique
Définition de l'enthymème
Un syllogisme elliptique
Défendre et accuser
III. La question du style et de la métaphore
Démarche et problématique
Apports et usage de la lexis
La métaphore et son rapport à l'épiphora
Métaphore poétique et rhétorique
Partie 2
Exégèse du corpus aristotélicien par Averroès: tension entre la finalité cognitive et communicative de la rhétorique
1/ Finalité cognitive de la rhétorique : les preuves de la croyance
Démarche et problématique
Rhétorique et balagha
Modalités cognitives du syllogisme rhétorique
3.3. Extension du syllogisme rhétorique : un Organon long
II. Finalité communicative de la rhétorique : réception du texte religieux
Démarche et problématique
1.3. L'élitisme averroiste : une théorie de l'assentiment
La métaphore coranique
La question de l'interprétation : une logique juridique ?
Objectifs et thématiques de recherche
Ce travail de recherche analyse la structure et la fonction du syllogisme rhétorique et de la théorie de l'assentiment, en comparant les approches d'Aristote et d'Averroès pour mettre en lumière la tension entre finalité cognitive et communicative du discours.
- Analyse comparative des définitions aristotélicienne et averroïste de la rhétorique.
- Étude des mécanismes de preuve (enthymème, éthos, pathos, métaphore) au sein de la logique.
- Examen du rôle de l'élitisme et de la théorie de l'assentiment dans la réception du texte religieux par Averroès.
- Exploration de la "logique juridique" dans l'interprétation des textes sacrés.
- Déconstruction de la rhétorique en tant qu'instrument de persuasion rationnelle et théologique.
Auszug aus dem Buch
La question du style et de la métaphore
Nous nous sommes efforcés de montrer jusqu'à présent, en quoi la rhétorique aristotélicienne ne pouvait se réduire à un simple effet psychologique. Les procédures de preuve étant constitutives du syllogisme rhétorique, nous n'avons pour l'instant pas évoqué ce qui pouvait participer à son excellence mise à part l'éthos et le pathos. Dans cette sous partie, nous nous proposons de voir en quoi la dimension stylistique de la rhétorique, subordonnée au souci de la preuve logique et arrimée au concept du vraisemblable, permet d'affûter la performance argumentative. Pour ce faire, il semble judicieux de montrer d'abord comment Aristote assigne une place bien particulière la lexis dans sa Rhétorique. Mais également de mettre en lumière comment Aristote opère une différence de traitement entre la métaphore rhétorique et la métaphore poétique. Cette distinction conceptuelle sera bien utile pour comprendre, par contraste, à quelle fin est utilisée la métaphore selon qu'elle s'adapte à la poésie et à la rhétorique.
Résumé des chapitres
I. Examen du syllogisme rhétorique: Ce chapitre définit la rhétorique aristotélicienne comme une méthode de persuasion s'appuyant sur des preuves éthiques, pathétiques et logiques.
II. Examen de l'enthymème: Il analyse l'enthymème comme le cœur logique de la persuasion rhétorique, distinguant les formes démonstratives des formes réfutatives.
III. La question du style et de la métaphore: Ce passage explore le rôle du style et de la métaphore comme compléments nécessaires à l'efficacité du discours rhétorique sans pour autant nuire à la validité logique.
1/ Finalité cognitive de la rhétorique : les preuves de la croyance: Averroès réinterprète la rhétorique aristotélicienne en y intégrant le concept de balagha pour répondre à un projet théologique.
II. Finalité communicative de la rhétorique : réception du texte religieux: Ce chapitre examine comment Averroès utilise la théorie de l'assentiment pour structurer la réception du texte coranique selon une hiérarchie sociale et intellectuelle.
Mots-clés
Rhétorique, Aristote, Averroès, Syllogisme, Enthymème, Assentiment, Persuasion, Logique, Métaphore, Balagha, Éthos, Pathos, Interprétation, Texte coranique, Élitistme.
Foire aux questions
Quel est l'objet principal de cette étude ?
L'étude analyse la nature, la fonction et la spécificité du syllogisme rhétorique chez Aristote et Averroès, en examinant comment le philosophe arabe a réinvesti l'héritage grec pour l'adapter à un projet théologique.
Quels sont les domaines couverts par cette recherche ?
La recherche explore la logique, la rhétorique, la politique, la théologie et la jurisprudence, mettant en regard les textes d'Aristote (notamment la Rhétorique) avec les commentaires d'Averroès.
Quelle est la problématique centrale ?
La problématique vise à mettre en relief la tension entre la rhétorique aristotélicienne et celle commentée par Averroès, en particulier sur la divergence de finalité de l'art oratoire.
Quelle méthode scientifique est employée ?
L'auteur utilise une méthode comparative et exégétique, lisant Aristote à travers Averroès et inversement, pour identifier convergences, polémiques et glissements de sens.
Que traite le corps du travail ?
Le corps du texte analyse les procédures de preuves techniques (éthos, pathos, enthymème), le rôle du style et de la métaphore, ainsi que l'application de ces concepts à l'interprétation du Coran par Averroès.
Quels sont les termes clés caractérisant le travail ?
Les termes dominants incluent l'assentiment, la métaphore (en tant qu'instrument logique et esthétique), l'élitisme doctrinal d'Averroès et la finalité argumentative du discours religieux.
Comment Averroès hiérarchise-t-il les auditeurs ?
Averroès distingue l'élite (ceux capables de démonstration rationnelle) du peuple ou vulgaire (nécessitant des méthodes persuasives communes, comme la rhétorique et la dialectique), influencé en cela par une perspective platonicienne.
Pourquoi la notion d'élitisme est-elle cruciale pour Averroès ?
Cet élitisme permet d'adapter la réception des vérités religieuses et philosophiques aux capacités cognitives distinctes de chaque classe sociale, évitant ainsi de mettre en danger la foi des croyants non formés.
Quel rôle joue la métaphore dans l'herméneutique averroïste ?
Elle sert à imager des réalités abstraites ou invisibles (comme les attributs de Dieu) de manière accessible au grand nombre, sans pour autant conduire à une interprétation anthropomorphique erronée.
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- Cahina Rebib (Author), 2014, Le Syllogisme Rhétorique et la Théorie de l'assentiment chez Aristote et Averroès, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/984848