Nous sommes d’avis que la haine produit la violence et d’autres effets qui occultent le déploiement de la raison. La violence est une bestialité. Cette affirmation alimente le pouvoir dominant et raciste du nazi contre le Juif. Le nazi pour glorifier sa race aryenne a massacré les Juifs de race sans nom. Le juif est victime de la couleur de sa peau, d’une véritable ségrégation raciale. Oublier que l’humanité est Une avec différences d’identités, que le sang est rouge pour toutes les races, qu’il n’y a au fondement de l’existence aucun choix d’appartenance culturelle, c’est perpétuer la haine et la violence. La sacralité de la vie humaine est d’une conservation plénière pour tous les individus.
Cependant, A. Kalfa pense qu’il faille renouveler l’histoire par le biais d’un philosopher autrement qui mette en focus le sens de l’autre. Elle postule l’idée d’un pouvoir humanisant. C’est l’avènement des petites morales qui ne biaisent en aucun cas la considération qu’a l’homme. Les petites morales concourent à la brisure des barrières entre l’estimé supérieur et l’inférieur car elles sont d’ordre humain. Elles constituent des gestes, des rapports essentiellement éthiques parce que non-violents par référence à E. Levinas. A en croire A. Kalfa, les petits gestes d’amour, posés réciproquement au quotidien, fondent l’altérité et règlent les conflits en société. Elles sont du domaine de la juste équité.
Table des matières
INTRODUCTION
Premier chapitre :
LA RATIONALITE MODERNE COMME BERCEAU DE L’IDIOLOGIE NAZIE
I.1. THÉORIES AU FONDEMENT DE L’IDÉOLOGIE NAZIE
I.1.1. La raison et la théorie de la réification
I.1.2. La théorie du désenchantement du monde
I.2. RATIONALITE MODERNE ET IDÉOLOGIE NAZIE
I.2.1 La négation de l’être juif comme conséquence de la théorie de la réification
I.2.2. La fermeture aux valeurs morales
I.2.3. La bureaucratisation du pouvoir
Deuxième chapitre :
LA VIOLENCE NAZIE : UN DEFI A LA RAISON MODERNE
II. 1. LA QUESTION DES ORIGINES JUIVES
II.1.1. La mise en cause de l’existence Juive
II. 1.2. Nul ne doit se souvenir de toi
II.2. LE MAL IDÉOLOGIQUE
II.2.1. Le mal à Auschwitz : conséquence de la déviation de la raison
II.2.2. La violence comme conséquence de l’idéologie nazie
II. 2.3. Les techniques d’avilissement
II.2.4. La barbarie comme arraisonnement de l’homme
Troisième chapitre :
REDECOUVRIR LE SENS DE L’ALTERITE POUR GERER LES CONFLITS EN POLITIQUE
III. 1. De l’altérité chez A. Kalfa
III.1.1. L’ouverture aux petites morales
III.1.2 De la réciprocité consciente
III.1.3 Altérité et gestion de conflits en politique
III. 2. Du commencement à une fin raisonnée
III. 3. La justice comme point d’équilibre
III. 4 De la barbarie à la tâche de la raison
III. 5. Le paradoxe du pardon
Objectifs et thématiques
L'ouvrage propose une analyse critique de l'échec de la rationalité moderne à empêcher les horreurs de la Shoah, en s'appuyant sur la pensée d'Ariane Kalfa. L'auteur cherche à démontrer comment la raison instrumentale, dévoyée, a conduit à la déshumanisation systématique des Juifs, et explore, à travers la notion de "petites morales" et le refus, les conditions d'une réhabilitation de la dignité humaine et d'une gestion non-violente des conflits politiques.
- Le basculement de la rationalité moderne dans une logique de domination et d'exclusion.
- L'analyse de l'idéologie nazie comme perversion de la raison instrumentale.
- La Shoah comme défi philosophique et l'impasse de la raison face à l'irréparable.
- La redécouverte de l'altérité et des "petites morales" comme voie de résistance éthique.
- La question du pardon et la possibilité de reconstruire un monde habitable après Auschwitz.
Auszug aus dem Buch
I.1. THÉORIES AU FONDEMENT DE L’IDÉOLOGIE NAZIE
Comme le montre R. Kabamba dans sa monumentale thèse doctorale intitulée Dimensions de l’altérité. D’une modernité à une autre chez Jürgen Habermas, R. Descartes n’est pas seulement de ceux qui ont façonné la philosophie de la conscience. Il est aussi de ceux qui ont préparé l’avènement de la raison instrumentale. Il ne croyait pas bien dire en souhaitant que l’homme fût maître et possesseur de la nature. Par sa raison, l’homme scrute tout et décide de la destinée de tout. Il y arrive grâce à la mesure et au calcul des moyens. C’est pour cette raison qu’on parle de la raison instrumentale ou calculatrice. La raison instrumentale exclut l’idée du sacré et de l’altérité. Elle réduit le vivant au matériel qu’on manipule comme un objet. Cette réduction montre que rien ne peut être inexplicable ni situé en dehors des structures de l’intelligence, de la raison extraordinaire. Une raison qui domine le monde. Cette domination s’explique par le fait que l’homme a une main mise sur le monde. Ce pouvoir de posséder le monde aboutit à la réification de tout et l’homme lui-même inclus. Qu’entendre par théorie de réification ?
Résumé des chapitres
LA RATIONALITE MODERNE COMME BERCEAU DE L’IDIOLOGIE NAZIE : Analyse comment les fondements de la pensée moderne et la raison instrumentale ont préparé le terrain pour l'idéologie nazie.
LA VIOLENCE NAZIE : UN DEFI A LA RAISON MODERNE : Étudie la nature de la violence nazie en tant que perversion de la raison et son impact sur la déshumanisation des victimes.
REDECOUVRIR LE SENS DE L’ALTERITE POUR GERER LES CONFLITS EN POLITIQUE : Propose, à partir de la philosophie d'Ariane Kalfa, une éthique de l'altérité et des "petites morales" comme réponse à la barbarie pour reconstruire la paix.
Mots-clés
Shoah, rationalité moderne, raison instrumentale, idéologie nazie, réification, antisémitisme, Auschwitz, altérité, petites morales, refus, éthique, philosophie, violence, dignité humaine, pardon.
Questions fréquemment posées
Quel est l'objectif principal de cet ouvrage ?
L'ouvrage vise à analyser comment la rationalité moderne a pu mener à l'échec moral de la Shoah et cherche à définir une nouvelle voie philosophique pour réhabiliter la dignité humaine par le refus et l'altérité.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la critique de la raison instrumentale, la nature de l'idéologie nazie, la déshumanisation par la réification, et la reconstruction éthique via les "petites morales".
Quelle méthode scientifique est employée dans cette recherche ?
L'auteur utilise la méthode analytique, décomposant la pensée de la philosophe Ariane Kalfa pour comprendre les impasses de la modernité et dégager des possibilités de réhabilitation éthique.
Qu'est-ce que la « raison instrumentale » selon l'auteur ?
Il s'agit d'une forme de raison qui privilégie le calcul, la technique et l'efficacité des moyens sur les finalités humaines, conduisant à transformer le monde et les êtres en objets manipulables.
Quel rôle jouent les « petites morales » dans la réflexion ?
Les "petites morales" sont des gestes quotidiens, des actes de résistance et des décisions éthiques concrètes qui permettent de maintenir l'humanité face au risque de barbarie et d'indifférence.
Quels sont les mots-clés caractérisant cette étude ?
L'étude se caractérise par des termes comme Shoah, réification, altérité, raison instrumentale, éthique, refus, et dignité humaine.
En quoi la notion de « refus » est-elle centrale chez Ariane Kalfa ?
Le refus est la forme la plus haute de résistance morale contre l'inacceptable et la barbarie ; c'est un acte de volonté qui s'oppose à la déshumanisation systématique.
Pourquoi l'auteur affirme-t-il qu'il est impossible de pardonner les crimes nazis ?
L'auteur, en suivant Jankélévitch et Kalfa, soutient que pardonner un crime incommensurable et irréparable, qui visait à l'effacement de l'humanité même, serait une trahison de la morale et une forme de complicité.
- Citar trabajo
- Jean Claude Bisimwa Banyanga (Autor), 2021, Échec de la raison dans la Shoah en "La force du refus. Philosopher après Auschwitz" d’Ariane Kalfa, Múnich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/991440