Les enjeux de l’énergie et de l’eau, ne font plus aucun doute. Les atouts et le potentiel énergétique d’un pays accélèrent son processus de développement. Alors que, dit-on, « l’eau, c’est la vie », l’électricité pour sa part est l’élément qui met en mouvement l’ensemble du système productif d’une économie. L’énergie est le moteur de toute industrialisation.
Le Cameroun au cours des années 80 - 90 a connu une crise qui a conduit les institutions de Bretton Woods à l’astreindre aux Programmes d’Ajustement Structurel. Les secteurs de l’eau et de l’électricité n’ont pas été épargnés par le vent des PAS qui ont débouché sur un bilan négatif avec son lot de conséquences: crise de l’eau, crise de l’énergie électrique…avec des effets sur l’économie. C’est dans l’optique de relancer l’économie, qu’a été élaboré le DSCE qui est la boussole de l’action de l’Etat dans divers secteurs notamment les secteurs de l’eau et de l’électricité. La question qui a retenu notre attention est celle de la stratégie de redéploiement de l’Etat dans ces deux secteurs. Dit autrement, Comment garantir, une sécurité énergétique et un accès à l’eau potable qui assurent le développement du Cameroun, le maintien de la croissance et du niveau de vie des populations, la garantie d’accès à l’énergie et l’eau des populations démunies ? L’hypothèse principale autour de laquelle l’étude repose est que la stratégie de l’Etat camerounais pour pallier la pénurie d’eau et d’électricité s’inscrit dans une sorte de réajustement paradigmatique de la politique énergétique et de l’hydropolitique c’est-à-dire de révision de stratégie dans le secteur de l’eau et l’énergie afin de le maîtriser et évaluer sa performance sur l’économie du pays. La thérapie à cette problématique a permis la mobilisation des outils méthodologiques et théoriques notamment l’analyse documentaire, l’enquête auprès de Délégation du Ministre de l’Eau et de l’Energie, le systémisme, le structuro-fonctionnalisme, l’analyse stratégique, la méthode historique, l’approche séquentielle. Ce choix méthodologique a permis une structuration binaire du travail. Ainsi, avons-nous d’une part présenté les conséquences de la pénurie d’eau et d’électricité, et d’autre part un regain de vitalité à travers le redéploiement de l’Etat dans les deux secteurs sur la plage décennale 2010-2019.
Table des matières
I- Contexte et justification de l’étude
II- Clarification conceptuelle
A- Eclairage sémantique sur le concept d’intervention de l’Etat
B- Etat
C- Secteur de l’énergie, l’eau et les PAS
1- La notion de Programmes d’Ajustement Structurel
2- Le secteur de l’énergie et de l’eau
a) Le secteur de l’énergie
b) Le secteur de l’eau
D- Résultats mitigés des Programmes d’Ajustement Structurel
III- Revue de la littérature
IV- Intérêt de l’étude
A- L’intérêt heuristique
B- Le triple intérêt géostratégique, économique et politique
V- Délimitation du sujet
A- Délimitation spatiale du sujet
B- Délimitation temporelle du sujet
VI- Construction de l’objet scientifique
A- Problématique de recherche
B- Hypothèses de recherche
VII- Considérations méthodologiques
A- Approche méthodologique
B- Cadre théorique
1- Le néo-institutionnalisme comme grille d’analyse de l’action de l’Etat
2- Le systémisme et la théorie de l’action publique comme grilles d’analyse du redéploiement de l’Etat
VIII- Structure du travail
Objectifs et thématiques de l'ouvrage
Cette étude examine l'intervention de l'État camerounais dans les secteurs de l'énergie et de l'eau, en réponse aux résultats jugés mitigés des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS). La recherche analyse comment l'État cherche à concilier impératifs de développement durable, sécurité énergétique et accès universel aux services de base, dans un contexte de crise hydrique et énergétique.
- Analyse de la crise énergétique et hydrique au Cameroun suite aux PAS.
- Évaluation des stratégies de redéploiement de l'État et de la planification sectorielle (DSCE).
- Étude du cadre institutionnel et opérationnel des grands projets d'infrastructure.
- Impacts socio-économiques et environnementaux des investissements réalisés.
- Perspectives d'amélioration par une approche intersectorielle et décentralisée.
Auszug aus du livre
II- Clarification conceptuelle
Comme le relève assez pertinemment Jean Louis BERGEL, toute notion abstraite est « un piège » . « Le travail conceptuel permet d’éviter de se perdre dans le flou, l’imprécision et l’arbitraire ». Comme le notait Durkheim, « la première démarche du sociologue doit être de définir les choses dont il traite afin que l’on sache et qu’il sache bien ce qui est en question ».
Ainsi, une étude entreprise intellectuelle sur « l’intervention de l’Etat dans les secteurs de l’eau et de l’énergie face aux résultats mitigés des PAS au Cameroun », nécessite de définir en l’entame certaines notions clés « de façon à n’observer que les groupes correspondant à cette catégorie [car …] pour entreprendre l’observation, il importe d’élaborer un minimum de définitions et de concepts, tout en sachant leur caractère insuffisant et provisoire». C’est du moins dans cette prescription épistémologique, que l’on souscrira surtout quand on sait que Pierre BOURDIEU met en garde contre « l’illusion du savoir immédiat ».
Ce travail s’articule autour de quatre notions-clés qui retiennent particulièrement notre attention. Il s’agit des notions d’ « intervention», « Etat », « secteur de l’eau et de l’énergie », « résultats mitigés des programmes d’ajustement structurel ».
Résumé des chapitres
I- Contexte et justification de l’étude : Ce chapitre pose le cadre de la crise énergétique et hydrique au Cameroun en mettant en lumière les défaillances héritées de la période des ajustements structurels.
II- Clarification conceptuelle : Il définit les concepts fondamentaux de l'étude, notamment l'intervention de l'État, la notion d'État souverain et le cadre conceptuel des programmes d'ajustement structurel.
III- Revue de la littérature : Cette section passe en revue les travaux existants sur la gestion de l'énergie et de l'eau, soulignant l'importance de la planification stratégique à long terme.
IV- Intérêt de l’étude : Ce chapitre justifie la pertinence scientifique et géostratégique de la recherche, en insistant sur l'importance de la sécurité énergétique pour l'émergence du pays.
V- Délimitation du sujet : Il précise le champ d'application spatial (Cameroun et zone CEMAC) et temporel (2010-2019) de la recherche.
VI- Construction de l’objet scientifique : Il détaille la démarche épistémologique, la problématique et la formulation des hypothèses de travail.
VII- Considérations méthodologiques : Il explicite les outils de recherche mobilisés, notamment l'approche documentaire et le néo-institutionnalisme.
VIII- Structure du travail : Ce chapitre final présente l'architecture binaire de la démonstration, séparant l'analyse de la crise de celle de la stratégie de redéploiement.
Mots-clés
Cameroun, Énergie électrique, Eau potable, Programmes d'Ajustement Structurel, Intervention de l'État, Développement durable, Sécurité énergétique, Infrastructures, Planification stratégique, DSCE, Hydropolitique, Réforme sectorielle, Gestion intégrée des ressources en eau, Privatisation, Émergence 2035.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cet ouvrage ?
L'ouvrage analyse l'intervention et le redéploiement de l'État camerounais dans les secteurs cruciaux de l'eau et de l'énergie suite aux échecs relatifs des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS).
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes incluent la gestion publique, la sécurité énergétique, la gouvernance de l'eau potable, la planification stratégique nationale et l'impact des réformes structurelles sur le développement humain.
Quel est l'objectif de recherche de cette étude ?
Le but est de comprendre comment l'État camerounais tente de résorber les déficits énergétiques et hydriques par des politiques publiques interventionnistes en vue d'atteindre l'émergence économique à l'horizon 2035.
Quelle approche méthodologique est adoptée ?
L'auteur utilise une approche méthodologique qualitative, s'appuyant sur l'enquête documentaire, le néo-institutionnalisme et le systémisme pour analyser l'action publique.
Que contient le corps principal de l'ouvrage ?
Le corps traite de la présentation des crises, de l'archéologie des stratégies de redéploiement, de la mise en œuvre de projets structurants (barrages, solaire) et de l'évaluation de ces actions.
Quels mots-clés définissent le mieux ce travail ?
Cameroun, énergie, eau, PAS, redéploiement de l'État, développement, DSCE, infrastructure et gouvernance.
Quelle est la spécificité de la gestion de l'eau en milieu rural selon cette étude ?
Elle souligne la décentralisation des compétences aux communes et le recours au paradigme partenarial public-privé pour assurer la gestion et la maintenance des infrastructures hydrauliques.
Quel rôle joue la SONATREL dans ce nouveau cadre ?
La SONATREL est présentée comme la nouvelle entité étatique centralisant le transport de l'électricité, visant à réduire les pertes techniques significatives observées lors de la période précédente.
Comment le secteur privé est-il intégré dans les nouvelles stratégies ?
Bien que l'État reprenne un rôle central, il s'appuie sur le secteur privé via des concessions et des partenariats pour le financement et l'exploitation technique des ouvrages, tout en conservant la propriété du patrimoine public.
- Quote paper
- Jerry Nino Mengue (Author), 2019, L'intervention de l'État dans le secteur de l'eau et de l'énergie face aux résultats mitigés des programmes d'ajustement structurel au Cameroun, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/992352