Institution de microfinance et productivité agricole. L'example du nord Bénin


Akademische Arbeit, 2019

28 Seiten


Leseprobe

Table des matières

1. Introduction

2. Problématique

3. Objectifs et hypothèses
3.1. Objectifs
3.2. Hypothèses

4. Cadre théorique
4.1. Fondement théorique du fonctionnement des Microfinances (IMF)
4.2. Cadre politico-juridique et économique des IMF au Bénin
4.3. Impact du crédit octroyé par les IMF sur les exploitations agricoles

5. Matériels et méthodes
5.1. Matériels
 Zone d’étude
 Échantillonnage
5.2. Méthodes
 Phase exploratoire
 Phase de collecte de données
 Phase d’analyse des données
5.3. Opérationnalisation des Hypothèses

6. Planning des activités

7. Références bibliographiques

Introduction

Le secteur agricole occupe une place prépondérante dans le développement économique et ces recettes d’exportations constituent une source importante de recettes en devises en Afrique subsaharienne (Napo, 2019). En effet, les activités liées à l'agriculture constituent encore le moyen de subsistance pour 60 % de la population active du continent africain, représentent 15 % de la totalité du produit intérieur brut (PIB) et 40 % de ses recettes en devises étrangères (OCDE/FAO, 2016). Au Bénin, l’agriculture constitue la première source de richesse. Elle contribue pour 32,7 % en moyenne au produit intérieur brut (PIB), 75 % à la recette d’exportation, 15 % à la recette de l’Etat et fournit environ 70 % des emplois (MAEP, 2017). Elle occupe donc une très grande place dans le développement et le maintien des fonctions vitales de la communauté à la base et par ricochet à la croissance de l’économie nationale. Malgré ce rôle de premier plan, les petits exploitants restent prédominants avec de faibles niveaux de productivité qui pourraient entraver les progrès du pays en raison de sa croissance démographique estimée à 3,5% (INSAE, 2015). Cela a gardé le Bénin dans le statut des pays les plus pauvres du monde car le revenu annuel par habitant est de 1250 dollars US (Banque mondiale, 2020). Son Indice de Développement Humain (IDH) est faible et est estimé à 0,52 en 2018 ; ce qui le classe à la 163ème place sur 189 pays évalués par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2019). Suite au regain de croissance soutenue depuis 2012, autour de 5,5% en moyenne, la pauvreté monétaire ne recule pas. Les progrès en termes de réduction de la pauvreté non monétaire ne sont pas encore suffisants pour marquer ces dernières années, une évolution forte de l’Indice de développement humain (PNUD, 2019). L'un des facteurs à l'origine de cette situation est l'accès limité des petits exploitants aux moyens appropriés.

Dans les pays de l’Afrique subsaharienne notamment ceux de l’UEMOA, l’agriculture est essentiellement pluviale. Cette dépendance de la pluie expose les productions agricoles aux effets du changement climatique avec des conséquences de sécheresse, d’inondations, la dégradation des ressources naturelles et de la fertilité des sols, l’accès aux facteurs de production (Sogodogo et al., 2014). Alors, la problématique de développement qui fonde les Orientations Stratégiques de Développement (OSD), met l’accent sur l’accélération de la croissance économique du Bénin qui repose en priorité sur la promotion du secteur agricole. Ainsi, les petites exploitations agricoles ont besoin de s’intensifier, de se moderniser et d’adopter les innovations techniques, organisationnelles et des technologies pour améliorer leurs revenus agricoles (Wampfler & Lapenu, 2002). L’application de ces innovations et nouvelles technologies requiert de financement adapté. Or, la seule capacité d’autofinancement des petites exploitations agricoles ne suffit pas à financer cette modernisation car les revenus obtenus sont substantiels (destiné à la survie familiale). De plus, la grande masse de la population agricole et rurale de l’Afrique notamment du Bénin est constituée des petites exploitations agricoles dites familiales. Elles occupent une place déterminante dans l’approvisionnement des marchés intérieurs et extérieurs et fournissent la grande partie de la production agricole (Sylli, 2012). Le financement externe devient alors une alternative auquel ces exploitations font recours pour moderniser leur agriculture. A cet effet, l’inclusion financière à travers le financement de chaînes de valeurs agricoles affecte la gouvernance via les transferts de connaissances et des normes. A travers l’organisation socioprofessionnelles des agriculteurs en chaînes de valeurs agricoles (CVA), l’inclusion financière peut influencer la compétitivité des exportations agricoles d’un pays en impactant la qualité des institutions de ce dernier notamment les droits fonciers et la gouvernance basée sur les règles, les institutions de droits de propriété et les règles de politique commerciale agricole (Napo, 2019). Ceci permettra aux divers acteurs des CVA d’améliorer leur revenu à travers la modernisation et l’adoption des innovations dans le monde rural. C’est ce qui justifie la pertinence de la présente étude intitulée « Institution de microfinance et productivité agricole au nord Bénin » dont la zone d’investigation reste la partie septentrionale.

1. Problématique

Le système de financement des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a connu une mutation au cours des dernières décennies (Adamou, 1991). La faillite du système bancaire dans les années 80 a obligé la Banque Centrales des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) d'astreindre les banques classiques au respect de certaines règles prudentielles (Hoton et Soulé, 2002). Les banques à leurs tours sont obligées d'imposer des conditions d'accès à leurs services, lesquelles sont difficiles à remplir par les pauvres (Trazie, 2016). Ces réformes ont induit l’exclusion des populations rurales en particulier les agriculteurs du système financier. Cette situation a précipité les anciennes banques à induire des réformes profondes pour l'assainissement du secteur financier (l'exclusion financière), d’où l'émergence des institutions de micro finance (IMF) dans le financement et la promotion de la petite entreprise agricole et rurale présentée comme le pilier de la croissance économique (Niyongabo, 2008). Aujourd’hui, ces IMFs sont devenues une composante très importante de l'architecture financière dans les pays en développement de l’UEMOA, vu la masse d'agent qu'elles brassent et de l'ampleur de leur clientèle issue de toutes les couches sociales (Sossa, 2011). Cet afflux de l'épargne a fait augmenter le volume des activités des IMF d’où la genèse d’un volet de financement au soutien de l’agriculture (Nsengiyumva, & Mayoukou, 2018).

Par ailleurs, la libéralisation du secteur agricole qui se généralise, démantèle les dernières lignes de crédit agricole publiques, désamorce les mécanismes de sécurisation du crédit liés au monopole de la collecte, et aboutit à une raréfaction de l’offre de crédit agricole (Sossou & Fok, 2019). L’échec de l’offre de crédit agricole fondée sur l’intervention de l’Etat laissait la place à une nouvelle approche du financement rural et agricole (Napo, 2019). Ainsi, cette approche est marquée par la libéralisation du secteur financier et a induit le développement des IMFs dont l’effet escompté selon Napo (op. cit) était énorme sur le développement de la production des produits agricoles et sur la valeur ajoutée de leurs exportations. En effet, dans les pays de l’UEMOA, le taux d’usage de services des IMF est 8,33 % en 2006 contre 19,51 % en 2015 (BCEAO, 2017). Ce taux d’accroissement de 11 % environ traduit une inclusion financière effective en Afrique de l’Ouest notamment l’octroi des crédits aux plus pauvres. Or, le financement des activités qui se développent dans ces zones constitue un facteur déterminant dans la réduction de la pauvreté (Niyongabo, 2008).

Au Bénin, le crédit agricole a été signalé comme un outil efficace pour le développement agricole durable dans les milieux ruraux (Sossa, 2011). Cet outil fondamental permet l’amélioration de la productivité et le niveau de vie tout en brisant le cercle vicieux de la pauvreté auquel les petits agriculteurs sont exposés (Ololade et Olagunju, 2013). Ces agriculteurs familiaux ont besoin de se moderniser (mécanisation adaptée, petite irrigation), de s’intensifier (variétés modernes, engrais chimiques ou organiques, pesticides) et accéder aux nouvelles innovations (Adegbola et al., 2009). Cette modernisation ne peut être effective et réaliste qu’avec la mise en place d’un financement adapté, diversifié, accessible à tous et répondant aux besoins des producteurs, vu la faiblesse de leur capacité d’autofinancement (Wampfler, 2002). Le débat sur le financement des activités agricoles se résume au crédit des IMFs. Ces institutions restent cependant difficiles d’accès (formalité administratives, demande de garantie, position géographique, etc.) pour les producteurs et offrent également à des taux d’intérêts élevés (Yacoubou, 2018). C’est dans ce sens que Sossou et al. (2014) ont affirmé qu’au Bénin l’accès au crédit est particulièrement limité chez les agriculteurs. Hormis ces aspects, les travaux de Mordruch et collaborateurs (2009) ont montré que la performance sociale (ciblage des producteurs, l'adaptation social et politique des producteurs) de certaines IMFs se détériore progressivement au fil des temps alors même que le nombre d'institutions dans le domaine ne cesse de s'accroître. Il est donc aisé de comprendre que l'impact réel des IMF dans le domaine agricole reste encore aujourd'hui très mitigé. La prise en compte des impacts des services des IMFs sur les ménages ruraux pourraient permettre aux dirigeants de ces IMFs d’améliorer leurs services et de les orienter vers les besoins des bénéficiaires. Donc, la recherche sur les impacts des crédits en milieu rural pour une agriculture durable est nécessaire. C’est ce qui justifie la pertinence de la présente étude au nord-Bénin, et qui vise à répondre aux questions suivantes :

- Quels sont les caractéristiques du cadre politico-juridique et économique des IMFs au Bénin ?
- Comment les IMFs fonctionnent de cas de la FECECAM au Bénin ?
- Quels sont les impacts du crédit d’exploitation de la FECECAM sur les bénéficiaires intervenant dans la chaîne transformation agroalimentaire ?
- Le crédit CAEP de la FECECAM impact - il positivement/négativement les activités des bénéficiaires intervenant dans la chaîne de production agricole ?

3. Objectifs et hypothèses

3.1. Objectifs

L’objectif de la présente étude est d’évaluer l’impact du crédit de la FECECAM microfinance sur les activités des bénéficiaires intervenant dans les chaines transformation agroalimentaire et de production agricole au Nord Bénin.

Os1 : Caractériser le cadre politico-juridique et économique des IMF au Bénin, Os2 : Analyser le fonctionnement de FECECAM Microfinance au Bénin, OS3 : Analyser l’impact du crédit d’exploitation de la FECECAM Microfinance sur les bénéficiaires intervenant dans la chaine de transformation agroalimentaire, OS4 : Analyser l’impact du crédit CAEP de la FECECAM sur les bénéficiaires intervenant dans la chaine de production agricole.

3.2. Hypothèses

A partir des objectifs de l’étude et des fondements théoriques liés à l’impact des crédits agricoles sur la productivité agricole, les hypothèses qui suivent ont été émises pour être testées :

OS1-H1 : le cadre politico-juridique et économique des IMF au Bénin est caractérisé par les textes, les lois les statuts et règlements appliqués selon la loi OHADA dans l’espace UEMOA

OS2-H2 : Le fonctionnement de FECECAM microfinance repose sur les activités de crédit et d’épargne.

OS3-H3 : Le crédit d’exploitation de FECECAM microfinance améliore la rentabilité des activités de transformation des bénéficiaires.

OS4-H4 : Le crédit agricole accordé (CAEP) de la FECECAM microfinance améliore la productivité des activités agricole des bénéficiaires.

4. Cadre théorique

Le financement agricole prit son origine des théories néo-classiques et keynésienne développées pour la croissance économique dans les pays sous-développés. La base de l’économie de ces pays, est l’agriculture. En effet, la théorie keynésienne stipule que les modèles de la politique de financement en milieu rural reposaient sur les actions de l’Etat. Cette intervention de l’Etat mettait l’accent sur l’utilité du crédit rural. Ces modèles analysaient le sous-développement rural et agricole comme le résultat d’une incapacité des paysanneries pauvres à épargner et à investir. Ainsi, le crédit était alors utilisé comme un levier du développement nécessaire pour amorcer le cercle vertueux du développement et de l’investissement privé. La théorie keynésienne mettait en exergue le financement public comme un mécanisme induisant le changement technique au financement de l’innovation et au développement de la production agricole. La théorie keynésienne conclue à un financement rural à travers le crédit agricole par l’intervention de l’Etat (Napo, 2019).

Par ailleurs, les théories économiques néo-classiques stipulaient que l’Etat ne doit plus financer ou intervenir dans le secteur agricole en lui dédiant un budget ou un crédit. Les théoriciens néo-classiques préconisaient une libéralisation du système financier à travers la construction d’un marché financier rural qui permet un accès durable aux services financiers en mettant en relation les agents disposant de ressources financières avec ceux qui en ont besoin suivant le concept « d’approfondissement du système financier » qui se repose sur la levée des contraintes pesant sur le système financier et sur le désengagement de l’Etat (Napo, 2019 ; Mac Kinnon, 1973 ; Gurley et Shaw, 1967). Ce désengagement de l’Etat et la libéralisation économique ont ainsi suscité le développement de la microfinance à travers l’octroi du crédit agricole qui, a induit le développement de la production des produits agricoles et sur la valeur ajoutée de leurs exportations.

Ces deux théories ont donné naissance à plusieurs courants économiques et des modèles de financement du secteur agricole par les microfinances (IMF). Avant d’amorcer les fondements théoriques relatifs au financement agricole par les IMF, il est important de clarifier le concept « microfinance ».

La microfinance est la combinaison de deux mots qui signifient petit paiement ou petit-prêt. Le préfixe micro vient du mot grec « mikros » qui signifie « petit » ou encore « la division ». Quant au terme finance, il est dérivé du latin « finanre » qui selon l’encyclopédie Hachette veut dire « fixer une indemnité » ou « une amende », ou encore « ce qui rapporte de l'argent » ou concerne « le paiement d'une certaine somme d'argent » (Ndione, 2019).

Le mot microfinance apparait dans les écrits pour la première fois dans les années 89 au cours de la conférence organisée par la banque mondiale sur les micro-entreprises. Sa mise en place est une solution au retrait progressif des États, compte tenu des difficultés pour intervenir dans toutes les branches de l'économie.

La microfinance est entrée dans une nouvelle étape de développement, elle doit répondre à des besoins beaucoup plus complexes et soumis à de perpétuels changements. Nous notons la présence de plusieurs IMF avec des buts différents, par exemple les IMF à but lucratif dont l’objectif est la maximisation du profit (c’est la commercialisation de la microfinance).

La commercialisation est définie comme l'augmentation du nombre d’organisations de microcrédit au profil commercial se positionnant sur une branche bien définie (Barlet, 2000).

De surcroit, nous notons le développement de la filière inverse qui se définit comme la création pour les pauvres de nouveaux besoins et des gammes de services en solution (micro-assurance).

La microfinance a toujours été considérée comme une activité sociale (Armendariz et Murduch, 2005). Pour ces derniers, c'est un service financier semblable aux autres et qui fonctionne grâce à des mécanismes de capitalistes. La microfinance est généralement définie comme l'offre de services financiers au profit des populations démunies ayant peu ou pas accès aux services des institutions financières classiques (Prescott, 1997). Elle est encore définie comme une finance de proximité, une finance sur mesure car elle est capable d'innover sans cesse pour s'adapter davantage aux besoins ; elle est de la finance vécue par des personnes qui se connaissent et qui ont des affinités.

Pour la Banque Mondiale (2000), la microfinance correspond à l'idée selon laquelle les pauvres comme toutes les autres personnes doivent avoir accès à un large panel de services financiers à faible coût. Elle correspond à l'offre de services de prêts, d'épargne ainsi que d'autres services de base proposés aux exclus du système formel des banques (CGAP, 1997).

La microfinance a plusieurs objectifs parmi lesquels le ciblage des populations pauvres afin de faciliter le développement des activités génératrices de revenus et de l’épargne (Delalande et Paquette, 2007).

Pour Labie et al. (2007), la microfinance regroupe l'ensemble des mécanismes et des services financiers adaptés aux besoins des ménages actifs mais n’ayant pas accès aux circuits financiers classiques. Elle joue donc un rôle positif en aidant à mieux maitriser les dépenses liées aux risques, à mieux gérer les rythmes entre recette et dépense (Martinez, 2007). D'après Christen et al. (2003), la microfinance désigne la prestation de services bancaires aux personnes à faible revenu, elle leur permet également de diversifier et d'accroître leurs sources de revenu, ce qui constitue un moyen non négligeable dans la lutte contre la pauvreté et la faim (Fodé Ndiaye, 2009).

Selon Blondeau (2006), la microfinance est la fourniture d'un ensemble de services financiers aux personnes qui sont exclus du système bancaire. De plus, Gentil et Servet (2002) stipulent que le terme microfinance recouvre un ensemble très divewrsifié de dispositifs offrant des services d'épargne, de prêt ou d'assurance à de larges fractions des populations rurales, mais aussi urbaines, n'ayant pas accès aux services financiers des établissements soumis à des contraintes de rentabilité et à certains ratios prudentiels. Elle est encore appréhendée comme la fourniture de prêt, d'épargne, de transfert d'argent, d'assurance aux populations à faible revenu (Lafoucade et al, 2005).

4.1. Fondement théorique du fonctionnement des Microfinances (IMF)

Dans la littérature, plusieurs théories sont utilisées pour analyser le fonctionnement des microfinances dans les pays en voie de développement pour l’éradication de la pauvreté et la croissance économique. On note : la théorie de la mobilisation des ressources, la théorie de la régulation, la théorie de l’asymétrie d’information, la théorie de la répression financière, la théorie des coûts de transaction, la théorie des contrats, la théorie des parties prenantes, la théorie de l’enracinement, la théorie de l’agent et la théorie des droits de propriété. Chacune de ces théories fait émerger une compréhension différente du fonctionnement, de l’organisation et de la représentativité ou couverture géographique des IMF.

- Théorie de la mobilisation des ressources

La théorie de la mobilisation des ressources met l’accent sur l’importance des facteurs organisationnels et stratégiques des producteurs et des IMF. Les ressources dont ont besoin les producteurs sont le crédit et l’épargne pour l’acquisition des facteurs de production (achat des intrants, matériels et équipements, paiement de la main d’œuvre, etc.). Selon McCarthy et Zald (1977) les ressources sont l’argent, les infrastructures, le travail et la légitimité, tandis que Tilly (1978) désigne les ressources par la terre, le travail, le capital et l’expertise technique.

L’épargne et le crédit représentent aussi les ressources du fonctionnement des IMF. Ainsi, la combinaison des services d’épargne et de crédit constitue le sous-bassement même de l’intermédiation financière (Ymele, 2013). Ces deux services (épargne et crédit) sont donc indispensables au fonctionnement des IMF. En effet, la mobilisation de l’épargne locale pourrait constituer la source de financement la plus abondante et la plus rapidement disponible pour les IMF (Robinson, 1997). Selon Labie (1999), ce type d’épargne est une ressource moins coûteuse comparativement aux crédits bancaires et à d’autres types de fonds. De ce fait, Robinson (1997) évoque les trois conditions nécessaires pour la mobilisation de l’épargne par une IMF:

- un environnement macroéconomique propice, un cadre juridique et réglementaire approprié, un degré raisonnable de stabilité et une situation démographique favorable;
- la surveillance des institutions qui offrent des microcrédits pour préserver les intérêts des clients et surtout ceux des déposants. Il faut pour cela des règles souples et bien adaptées au secteur de la microfinance. L’organisme chargé de la supervision doit être capable d’assurer sa mission avec efficacité;
- l’organisation de microfinance concernée doit faire preuve de solvabilité et justifier de bonnes performances tant en termes de recouvrement de ses crédits et que de rendement de son investissement.

En effet, l’épargne est la partie du revenu qui pendant une période donnée n’est pas dépensée. Cette somme d’argent n’est pas détruite immédiatement par une dépense de consommation et peut être conservée sous forme liquide ou être réinvestie dans le circuit économique sous la forme d’un placement ou d’un investissement.

Selon Bouyakoub (2000), le crédit en économie, terme désignant des transactions en nature ou en espèces effectuées en contrepartie d'une promesse de remboursement dans un délai généralement convenu par avance. Le crédit est une opération fondée sur la confiance (crédit vient de mot latin «crédence» qui signifier «croire ») car le préteur doit attendre l'exécution de la prestation que l'emprunteur devra réaliser. Dans certain cas, des garanties sont demandées à l'emprunteur pour accroitre la confiance qui peut lui être accordée (caution, nantissement, hypothèque...). Dans le domaine de crédit, les institutions financières jouent un rôle particulier même si des crédits peuvent être accordés par d'autres agents économiques. Comme c'est le cas par exemple des fournisseurs lorsqu'ils consentent de délais de paiement à leurs clients.

A cet effet, plusieurs auteurs ont défini le microcrédit de diverses manières et selon des contextes donnés. Ainsi, le microcrédit est selon Servet (2006), l’outil très efficace pour lutter ou éradiquer la pauvreté et permet de stimuler le développement local à travers des prêts à petits montants accordé à des groupes d’individus solidaires (microcrédit solidaire) ou à des individus (microcrédit personnel) par des institutions telles que les banques, les programmes publics, les ONG, etc.

Son effet peut être théoriquement positif sur la vulnérabilité et prémunir contre les risques tout en permettant aux pauvres de développer une activité créatrice de revenus, d’avoir un fonds de roulement ou un capital, et de lisser la trésorerie et éviter d'avoir recours à des emprunts à fort taux d’intérêt ( Martinez, 2007).

Le microcrédit est censé être un instrument susceptible de rendre les gens, une fois organisés en communauté d'entre-aide, maîtres de leurs destinées : c'est la notion « empowerment» (Ndione, 2019). Selon Lelart (2005), l'intérêt du microcrédit est de combiner une exigence économique (mener une activité et une exigence sociale de lutte contre la pauvreté).

Le microcrédit personnel est « un prêt bancaire amortissable accordé à une personne physique n'ayant pas accès aux crédits bancaires classiques mais disposant d'une capacité de remboursement au moment de la demande » (Tocqué, 2014). Il faut remarquer que l'idée d'une banque des pauvres était rejetée, le microcrédit en effet est destiné à une clientèle n'ayant pas accès au crédit mais solvable (Ndione, 2019).

En milieu rural, le microcrédit bénéficié par les populations rurales est appelé le crédit agricole. On entend par crédit agricole, tout type de crédit reçu pour financer les opérations de l’exploitation agricole, c’est-à-dire l’achat des intrants nécessaires à la production végétale et animale, la construction de bâtiments agricoles et l’achat de machines agricoles. Le crédit agricole est une composante du crédit rural qui finance spécifiquement des activités et des services qui touchent le secteur agricole. Il se subdivise en crédits de court terme, de moyen terme et de long terme. Le crédit de court terme ou crédit de campagne se réfère généralement à une période allant de moins d’un an jusqu’à deux ans. A titre d’exemple, nous pouvons citer les crédits de campagne servant à acquérir des intrants (semences, engrais, pesticide…) et faciliter l’écoulement des productions sur le marché, les avances en compte courant, les facilités de trésoreries, etc. Ce type de crédit vise principalement des opérations d’exploitation. Le crédit de moyen terme couvre une période allant de deux à cinq ans. Il sert à financer l’acquisition de matériel agricole, d’animaux, d’unité de stockage, de charrette, etc. Le crédit de long terme s’échelonne sur plus de cinq ans. Il permet de faire l’acquisition de terres, la construction d’infrastructures plus importantes comme les bâtiments de ferme, de réseaux d’irrigation, etc. Ces deux derniers types de crédit sont des crédits d’investissement (destiné au financement des opérations d’investissement au sein de l’exploitation agricole).

Par ailleurs, les producteurs s’organisent en des groupes pour nouer des alliances, instaurer des dispositifs de coopération afin d’accéder à des prêts (microcrédit) pour la tenue de la production de conditions de viabilité de l’action qu’à une hypothétique « valeur d’échange » de ces « ressources de négociation » (Blin, 2005).

- Théorie de la répression financière

La théorie de la répression financière est la toute première approche permettant de mesurer l'efficacité des IMF comparativement aux institutions financières classiques. Elle apparut pour la première fois dans les écrits de McKinnon et Shaw (1973) et Gurley & Shaw (1956, 1960) et fut développé par Fry (1982). Cette théorie expose les problèmes de la mobilisation de l’épargne intérieure en vue du développement économique (Delalande & Paquette, 2007). Elle met en exergue la notion de l'efficacité productive ; la persistance du rationnement de crédit en microfinance ; et les préalables macroéconomiques (institutionnalisation impliquant règlementation et supervision).

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Details

Titel
Institution de microfinance et productivité agricole. L'example du nord Bénin
Hochschule
Université de Parakou
Autor
Jahr
2019
Seiten
28
Katalognummer
V995817
ISBN (eBook)
9783346377777
ISBN (Buch)
9783346377784
Sprache
Deutsch
Schlagworte
institution, bénin
Arbeit zitieren
Jean-Marie Awo (Autor:in), 2019, Institution de microfinance et productivité agricole. L'example du nord Bénin, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/995817

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