[b] et [p] dans la langue française et les difficultés pour les locuteurs germanophones. Une analyse


Dossier / Travail, 2021

7 Pages, Note: 1,0


Extrait

Sommaire

1. Introduction

2. La description du [p] et du [b]
2.1 Les particularités du phonème [p]
2.2 Les particularités du phonème [b]

3. Les difficultés pour les locuteurs germanophones

4. Des exercices pédagogiques

5. Conclusion

6. Sources

7. Les solutions

1. Introduction

II est bien connu que le français est une langue qui comporte de nombreuses exceptions et complexités. Un élément difficile de la langue française concerne la prononciation de certaines consonnes, comme celle du [p] et du [b].

Dans la langue française, il y a deux types de consonnes : d’une part, les consonnes occlusives ou momentanées qui montrent un arrêt de l’air, suivi d’un léger bruit d’explosion. D’autre part, les consonnes dites constrictives ou continues qui ne montrent pas d’arrêt de l’air, mais un bruit de frottement (cf. Léon 1965, p. 23).

Ce dossier se concentre sur les consonnes occlusives, plus précisément les phones [p] et [b]. Le point principal de ce dossier consiste à dégager les particularités de ces deux sons, ainsi que les difficultés pour les locuteurs germanophones à les prononcer. Ensuite, des exercices pédagogiques pour s’entraîner seront proposés.

2. La description du [p] et du [b]

L’articulation des consonnes occlusives comporte un mouvement de fermeture nette du passage de l’air. Au départ de l’émission, l’occlusion de la cavité buccale bloque la colonne d’air (cf. ZINK 1986, p. 26). Il en résulte une tenue muette et cela est une brusque ouverture qui fait entendre le bruit d’explosion caractéristique de ces consonnes (cf. ibid.). Voici une image illustrative de ce processus :

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Image 1 : production des phonèmes [p] et [b] (source : https://fr.slideshare.net/Michel7803/consonnes- intro)

[p] et [b] sont des consonnes orales ; ce qui signifie qu’on les caractérise par un son clair à résonance buccale, contrairement aux consonnes nasales qui se composent d’un son sombre à résonance nasale, par exemple le [m] (cf. ibid., p. 25). Pour pouvoir produire une consonne orale, l’air expiré sort par la bouche et le voile du palais est relevé (cf. ibid.).

De plus, ce sont aussi des consonnes labiales, plus précisément des consonnes bilabiales parce qu’elles se forment en appuyant la lèvre supérieure et la lèvre inférieure l’une contre l’autre (cf. ibid.).

D’ailleurs, elles se sont aussi appelées ‘obstruantes non continues’ car elles empêchent l’air de passer et puis le libèrent (cf. Mordellet-Roggebruck 2010, p. 69).

En effet, au niveau articulatoire, les phonèmes [p] et [b] sont prononcés de la même manière. Le seul trait qui les différencie est qu’en produisant un [b], il y a une vibration des cordes vocales, alors l’on dit que [b] est un son voisé, tandis que le [p] est un son non-voisé (cf. ibid.). Exprimé d’une manière différente, la différence est que le [p] est un son sourd, alors que [b] est un son sonore (cf. ZINK 1986, p. 26).

Par ailleurs, il existe une différence au niveau de l’énergie d’articulation entre les deux consonnes. [p] a plus d’énergie d’articulation que [b]. En conséquence, [p] est une consonne forte et [b] une consonne douce (cf. Hammarströn, 1981, p. 51).

Voilà un tableau montrant le mode d’articulation et le lieu d’articulation des consonnes françaises pour le classement du [p] et du [b] :

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Tableau 1 : Mode et lieu d’articulation des consonnes (source : http://flenet.unileon.es/phon/phoncours2.html)

2.1 Les particularités du phonème [p]

Le phonème [p] est prononcé devant d’autres consonnes, comme dans le mot « abrupt » ou « concept ». Des exceptions sont, par exemple, les mots « baptême » ou « compter ». Ici [p] n’est pas prononcé (cf. ibid.).

Souvent,[p] devient sonore, alors [b], quand une consonne sonore suit dans la même syllabe : « un groupe de personnes » (cf. ibid.).

Ce phonème est rarement prononcé comme consonne finale, par exemple dans le mot « trop ». Mais comme toujours, il y a des exceptions : dans les mots « cap », « handicap » ou « croup », [p] est articulé (cf. ibid.).

2.2 Les particularités du phonème [b]

Le phonème [b] devient sourd devant un [s] ou un [t] non voisé en raison de l’assimilation. Des exemples sont « absent » ou « obtenir » (cf. ibid.).

II n’est pas articulé après une consonne nasale, comme dans le mot « plomb » (cf. ibid.).

3. Les difficultés pour les locuteurs germanophones

En allemand, [p] est plus ou moins aspiré, contrairement à la langue française dans laquelle il n’est pas aspiré. En articulant ce son, on laisse sortir moins d’air qu’en allemand ; ce qui peut poser des problèmes pour les locuteurs germanophones (cf. Hammarströn 1981, p. 51).

Dans les langues où l’opposition entre sourd et sonore n’est pas très nette, comme ceci est le cas en allemand, les consonnes sonores ne sont pas immédiatement sonores et s’assourdissent presque toujours en finale (cf. Léon 1965, p. 53). Un Français interprète donc « bon » comme « pont » de la part d’un Allemand qui prononce ce qu’on pourrait noter par [p-bon] parce que chaque fois que la sonorité ne commence pas assez tôt ou s’arrête trop tôt, un Français pourrait entendre la consonne sourde correspondant à la sonore mal articulée (cf. ibid.).

4. Des exercices pédagogiques

Virelangues en [p] et [b]

Essayez de prononcer les phrases suivantes : (source : http://www.danielauduc.fr/e2c/complangue/phonologie/p-b/virelangue%20b-p.pdf)

1. Un plein plat de blé pilé
2. La blatte près du plat des pâtes
3. Ces basques se passent ce casque et ce masque
4. La pipe au papa du pape Pie pue
5. Une belle boule bien bleue brille
6. Paul se pèle au pôle dans sa pile de pulls et polos pâles
7. Boire un soir et devoir reboire pour pouvoir s’asseoir

Les paires minimales

Des paires minimales sont des mots qui se distinguent par une seule différence phonétique.

Trouvez les paires minimales correspondantes : (source : http://phonetiquedufle.canalblog.com/archives/2017/12/07/35937967.html)

1. Un piquet -
2. La piquette -
3. Opérer -
4. Un palais -
5. Percer -
6. Poisson -
7. La pouche (mot régional de Normandie pour signifier un sac) -
8. Pâlot -
9. Prise -
10. Sombrer -
11. Une bannière -
12. Blatte -

[...]

Fin de l'extrait de 7 pages

Résumé des informations

Titre
[b] et [p] dans la langue française et les difficultés pour les locuteurs germanophones. Une analyse
Université
University of Marburg  (Romanische Philologie)
Note
1,0
Auteur
Année
2021
Pages
7
N° de catalogue
V998266
ISBN (ebook)
9783346370266
Langue
Français
mots-clé
Linguistik, Konsonanten
Citation du texte
Jana Wagner (Auteur), 2021, [b] et [p] dans la langue française et les difficultés pour les locuteurs germanophones. Une analyse, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/998266

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