Le complexe carbonatitique de Bugarula à Idjwi-Nord au Sud-Kivu, R. D. Congo. Pétrographie et cartographie


Thèse de Master, 2017

60 Pages, Note: 2


Extrait

TABLE DE MATIERE

INTRODUCTION

1. Choix et intérêt du sujet

2. Objectifs

3. Subdivisions du travail

4. Méthodes de travail
- Recherche documentaire
- Lever géologique
- Traitement de données

5. Matériel utilisé

CHAPITRE I. GENERALITES
I.1. CADRE GEOGRAPHIQUE
a. Situation et limites de la région étudiée
b. Relief
c. Hydrographie et Climat
d. Sol et végétation
I.2. CADRE GEOLOGIQUE
a. Bref aperçu sur la géodynamique régionale (Région de Grands Lacs Africains):
b. Bref aperçu sur le magmatisme de la région du Kivu :
c. Quelques connaissances sur le supergroupe de la Ruzizi :
d. Bref aperçu sur les carbonatites :

CHAPITRE II. ETUDE PETROGRAPHIQUE
II.1. PRESENTATION GENERALE
II.2. LE COMPLEXE PLUTONIQUE
a. La carbonatite
b. Le granite
c. La pegmatite
d. Diorite
II.3. L’ENCAISSANT
a. Les gneiss
b. Le micaschiste
c. Le grès quartzeux
II.4. UNE RHYOLITE
II.5. CARTOGRAPHIE

CHAPITRE III. ETUDE STRUCTURALE
III.1. LITAGE DE CARBONATITES
III.2. SCHISTOSITE DE GRANITE A GROS GRAINS
III.3. LES FILONS DE PEGMATITES

CHAPITRE IV. DISCUSSION ET COMPARAISON AVEC D’AUTRES CARBONATITES DE LA REGION
IV.1. CONNAISSANCES PETROGRAPHIQUES
IV.2. CONNAISSANCES STRUCTURALES ET GEODYNAMIQUES
a. Structure du complexe carbonatitique de BUGARULA
b. Géodynamique locale et régionale
IV.3.COMPARAISON DU COMPLEXE ETUDIE AVEC CEUX DE LA REGION

CONCLUSION

Références bibliographiques

Pour des raisons de droits d'auteur, certaines illustrations ont été retirées de cette publication.

Table des illustrations

Figure 1 : Cartes de localisation du secteur d'étude

Figure 2 : Carte de Woolley (1989), montrant la distribution des carbonatites en Afrique. OL: volcan natrocarbonatitique d’Oldoinyo Lengai (Tanzanie) (Demaiffe, 2008).

Figure 3 : Localisation des complexes alcalins et tholéiitiques anorogeniques de l'Est de la RDCongo, du Rwanda et du Burundi.

Figure 4 : Le litage dans la carbonatite : (a) Affleurement de Carbonatite à KARANDA, (b) blocs de carbonatite à KABANDA

Figure 5 : Blocs de carbonatite à KABANDA

Figure 6 : Affleurements des carbonatites à BUBINGU : (a) : la couche de carbonatite brunâtre sous une carbonatite blanchâtre, (b) : la carbonatite blanchâtre avec les minéraux fins opaques visibles, (c) : la carbonatite brunâtre avec les cristaux de pyroxène visible.

Figure 7 : Vue détaillée de cristaux de calcite dans un spécimen de la carbonatite blanchâtre

Figure 8 : Microphotographies des carbonatites blanches ; Ct : cristaux de calcite, Px : cristaux de pyroxène, Mo : Minéraux opaques.

Figure 9 : Microphotographies des carbonatites brunes. Ct : cristaux de calcite, Px : cristaux de pyroxène, Mo : Minéraux opaques.

Figure 10 : Affleurement de granite à muscovite traversé par une veine de pegmatite

Figure 11 : Affleurement de granite à tourmaline

Figure 12 : Affleurement de granite fin avec un amas de tourmaline noire

Figure 13 : Affleurement granite à gros grains : (a) Affleurement de granite à gros grains au voisinage avec des blocs carbonatite, (b) Zoom sur l’affleurement de granite à gros grains affecté par une schistosité.

Figure 14 : Microphotographies de granites. Qz : cristaux de quartz, Fd : plage de feldspaths, Mc : cristaux de muscovite et Tm : cristaux de tourmaline. Les échantillons (a) granite à grains moyens et (b) granite à grains fins.

Figure 15 : La pegmatite : (a) Filons parallèle de pegmatite dans un affleurement de granite à grain moyen. (b) les minéraux visibles constitutifs de la pegmatite

Figure 16 : Blocs subarrondis de Diorite

Figure 17 : Microphotographies de la diorite : Pl : plagioclase, Fp : feldspath potassique, Px : plages de pyroxènes, Mo : minéraux opaques.

Figure 18 : Affleurement de Gneiss micacé au Port de Bugarula

Figure 19 : Spécimen d’un Orthogneiss

Figure 20 : Affleurement de micaschiste : (a) la schistosité dans le micaschiste, (b) enclave de micaschiste altéré avec une coloration rose à KABANDA.

Figure 21 : plages de micaschiste. Mc : muscovite, Bt : biotite, Qz : quartz.

Figure 22 : Affleurement de Grès quartzeux proche du CEBCA

Figure 23 : Plages d’un Grès consolidé. Qz : grains de quartz.

Figure 24 : (a) Un spécimen de Rhyolite avec des cristaux subanguleux de quartz, (b) Affleurement de Rhyolite à BULEGA et (c) Rhyolite avec une matrice vitreuse bien distincte

Figure 25 : Microphotographies de Rhyolite. Qz : quartz, Fd : feldspaths, Mo : minéraux opaques, Mc : muscovite.

Figure 26 : Rosace de fréquence et stereonets des plans de litage des carbonatites

Figure 27 : Tenseur de contrainte pour les plans de litage de carbonatites

Figure 28 : Rosace de fréquence et stereonets des plans de schistosités des granites à gros grains

Figure 29 : tenseur de contrainte de plans de schistosité dans les granites à gros grains

Figure 30 : Rosace de fréquence et stereonets des plans des filons

Figure 31 : Tenseur de contraintes de plans de filons

Figure 32 : Cercle de Morh sur base de données des plans de filons

Tableau : chronostratigraphie synthèse de la géologie régionale de Grands Lacs Africains

RESUME

Ce travail décrit pour la première fois des roches carbonatitiques sur l’ile d’Idjwi précisément à Bugarula, un complexe auparavant qualifié de granite.

- Le complexe carbonatitique : il a une structure zonée, avec la carbonatite au centre. Ce complexe est composé de : carbonatite, syénogranite, pegmatite et une diorite. Les études pétrographiques montrent que la carbonatite de Bugarula est une Sövite. Le granite est décrit ici comme un syénogranite vu l’abondance en feldspath plagioclase, caractérisant aussi le faciès pegmatitique qui est le proche voisin de la sövite. La diorite aussi affleure dans la région Est du secteur d’étude. Et la Rhyolite couvre la majeure partie Ouest du secteur d’étude. La carbonatite de Bugarula à Idjwi se présente le plus souvent sous forme de blocs, mais l’on y reconnaît des grands affleurements vers le Nord du secteur d’étude. Ces occurrences de carbonatite montrent une distribution alignée dans une direction NE-SW. La plus part des affleurements de carbonatites se trouvent légèrement sur les flancs de colline.
- L’encaissant de ce complexe est paléoprotérozoique, qui est d’Idjwi, il est composé par : le micaschiste à muscovite et le gneiss. Aussi un grès quartzeux affleure dans le secteur avec une importante concentration en oxyde de fer.
- La mise en place : l’analyse de plans de filons de quartz et de pegmatite présente un évènement extensif de direction ENE – WSW. Ceci traduit une ouverture parallèlement au Rift Est Africains, et pouvant l’avoir préfiguré. La schistosité dans les granites et le litage caractérisant la carbonatite postule à posteriori à une mise en place séquentielle de ce complexe intrusif. La configuration de poche de carbonatite suivant le NE-SW parallèle à faille active passant au même endroit, montre que l’intrusion a aussi profité d’une zone de faiblesse préexistante.
- Comparaison avec les complexes carbonatitique de la région : le complexe carbonatitique de Bugarula présente le même type de carbonatite que celui de Lueshe et de Matongo, une sövite. Et ces sövites sont souvent accompagnées par des roches syénitiques couplées aux diorites et Rhyolite dans ces complexes.

IN MEMORIUM

Mon frère et ami MBAVU MULIKUZA Dorcin, que la lumière du tout puissant te sois agréable, tu resteras gravé dans notre vie.

DEDICACE

A la femme qui a tous sacrifié pour mon bonheur, ma mère FURAHA KANANU Florence, Je dédie ce travail

Tosussaint Mushamalirwa

REMERCIEMENTS

Au corps enseignant de l’Université Officielle de Bukavu qui a su transmettre cette essence intellectuelle qu’est la connaissance durant toute une vie estudiantine ;

Au Professeur Charles Nzolang qui a accepté de diriger ce travail ;

Au Chef de Travaux Ganza Bamulezi Gloire qui a accepté d’encadrer ce travail ;

Au Professeur Wazi Nandefo et au M.Sc Yogolelo Mukokya, pour leur grand apport scientifique entant que lecteurs et membres du jury de la défense du présent travail ;

A mon père Mushamalirwa Eugene et ma mère Furaha Kananu qui ont tous donné pour que ce travail puisse trouver son existence ;

A la famille Kananu Clement et la famille Mapendo Rutega, qui ont porté leur grands soutient tant à notre parcours académique qu’à notre vie au quotidien ;

A toute personne, de loin ou de près, grâce à qui ce travail a été initié et rendu possible;

Nous disons profondément merci.

INTRODUCTION

1. Choix et intérêt du sujet

Les carbonatites se présentent sous forme de petits massifs intrusifs que l’on trouve au sein ou à proximité de complexes alcalins multiphasés mis en place dans des contextes extensifs en domaine continental (Estrade, 2014) . Elles sont souvent associées sur le terrain à une large gamme de roches silicatées, principalement des roches ultramafiques et des roches alcalines sous-saturées en silice (Demaiffe, 2008). Les carbonatites et les assemblages hydrothermaux associés possèdent les plus fortes concentrations en terre rares jamais observées dans des roches ignées (Estrade, 2014).

Mis appart la grande proportion en carbonate que contiennent ces roches, soit calcite (sövite), soit calcite et dolomite (béforsite) avec parfois ankérite ou sidérose ; les carbonatites portent souvent d’autres minéraux très variés allant de feldspath, feldspathoïde, biotite, pyroxène, péridot, grenat, apatite jusqu’aux minéraux spéciaux riches en Nb, Ta, Ti. Th, U et des terres rares, faisant d’elle une roche ayant donc souvent un intérêt minier (Foucault.A & Rauul.J, 2000).

Onze massifs anorogéniques alcalins (Bingo et Lueshe, Kirumba, Bishusha, Rusongati, Numbi, Kahuzi, Biega, Kambusi, Kibuye, Kayanza) ont été répertoriés dans la région de la branche occidentale du Système de Rift Est Africain (SREA) dont seulement trois (Bingo, Lueshe, Kayanza) portent des carbonatites (Lubala et al., 1985).

Le complexe du Biega, comme l’ensemble de massifs anorogéniques analogues de la région, dont l’âge panafricain a été établi, caractériseraient le changement de régime tectonique à la fin du Kibarien dans cette partie du continent (Lubala et al., 1987).

Les données géochronologiques indiquent que tous les complexes anorogéniques de l'Est de la République Démocratique du Congo et du Burundi sont indépendants de l'initiation et de l’évolution mésozoïque à actuelle du SREA (Kampunzu, Lubala, Makutu, Caron, Rocci, & Vellutini, 1985).

Par rapport au magmatisme tholéiitique des dorsales médio-océaniques et au magmatisme calco-alcalin des zones de subduction, le magmatisme alcalin intraplaque, en général, et le magmatisme carbonatitique en particulier, ne représentent en volume qu’une fraction négligeable des magmas mis en place en surface ou dans la croûte. Les carbonatites ont néanmoins une importance primordiale car, vu leur répartition temporelle (depuis l’Archéen jusqu’actuellement) et leurs teneurs très élevées en Sr et en terres rares. Elles constituent une fenêtre qui permet de suivre l’évolution géochimique du manteau sous continental (Demaiffe, 2008). 40 % des occurrences connues de massifs alcalins et/ou carbonatitiques sont reconnues sur le continent africain où la moitié est spatialement associée au SREA (Demaiffe, 2008). Dans cette région les formations connues de ces massifs sont localisées sur la bordure du rift. La présence d’une carbonatite à Idjwi qui est un secteur appartenant à l’axe du rift du Kivu est un élément non négligeable pour la connaissance géologique et géodynamique de la région. Cette importance se trouve intensifiée par le fait que ces complexes sont de grands témoins de l’évolution chimique du manteau sous continental.

2. Objectifs

Ce travail de mémoire a pour objectif principal de mettre en évidence scientifiquement, les formations carbonatitiques affleurant au Nord de l’île d’Idjwi située dans l’axe du rift du Kivu.

Les objectifs spécifiques sont entre autres :

- décrire et cartographier les différents faciès pétrographiques de ces formations carbonatitiques ainsi que leur encaissant.
- comparer ces formations avec celles décrites à Lueshe (Nord-Kivu ; RDC) dans la bordure occidentale du Rift et à Matongo (Burundi) dans le massif alcalin de la Haute-Ruvubu ;
- discuter le contexte géodynamique de mise en place de ces formations carbonatitiques.

3. Subdivisions du travail

Ce travail est subdivisé en quatre chapitres hormis l’introduction et la conclusion. Le premier chapitre traite des généralités sur la géologie de la région du rift du Kivu et les occurrences des carbonatites en particulier en se basant sur les études effectuées par plusieurs auteurs dans la région de grands lacs. Le second chapitre se consacre à une étude pétrographique de ces intrusions et leur cartographie. Le troisième chapitre aborde l’étude structurale liée à la mise en place du complexe. Le quatrième dernier est une discussion et comparaison synthèse et systématique entre les complexes carbonatitiques d’Idjwi et ceux de la Haute Ruvubu et de Lueshe.

4. Méthodes de travail

Quatre approches d’étude scientifiques accessibles et pouvant suffisamment poser les premières descriptions de ces complexes carbonatitiques ont été entreprises. Les procédés scientifiques de recherche ont été suivi depuis la recherche documentaire jusqu’au traitement et interprétation de données en passant par la levé géologique sur terrain.

- Recherche documentaire

Effectué avant, pendant et après la descente sur terrain une importante recherche bibliographique a été menée dans le cadre de pouvoir isoler les caractéristiques géologiques de complexes alcalins et carbonatitiques dans l’Afrique en générale et dans la région de grands lacs africains en particulier, mais aussi sur la géologie régionale en générale. Se basant sur les études, des publications d’articles, ouvrages, notes de cours et études en cours dans la région.

- Lever géologique

La descente sur terrain a été effectuée sur l’île d’Idjwi en trois phases :

- Du 28 décembre 2016 au 5 janvier 2017, avec comme but de pouvoir trouver d’autres affleurements de carbonatite en plus de ceux observés par Damien Delvaux (MRAC) sur la colline de Kabanda près de la station sismique du CRSN Lwiro. Lors de cette descente, il a été question de décrire macroscopiquement les différentes roches observées en ressortissant la couleur, diamètre des grains, texture des roches, test de l’effervescence, etc., de prélever les échantillons de différents faciès de roche, d’orienter les éléments structuraux dans les formations carbonatitiques étudiées et dans l’encaissant métamorphique. Les descriptions pétrographiques et l’échantillonnage sur terrain ont été faits à l’affleurement et des coordonnées géographiques ont été prises pour un travail cartographique. Des photographies numériques ont été prises dans un but illustratif.
- Une deuxième phase de descente a été organisée du 31 mars 2017 au 6 avril 2017, avec comme objectif de circonscrire cartographiquement les différentes lithologies observées dans le secteur d’étude.
- Une troisième phase de descente a été organisée du 6 au 15 mai 2017 avec comme objectif de couvrir les lacunes cartographiques et pour un échantillonnage systématique de toutes les lithologies décrites sur le site.

- Traitement de données

Les données récoltées sur terrain ont été traitées suivant les objectifs préalablement fixés. Tous les traitements nécessaires ont été effectués au bureau et dans le laboratoire de minéralogie de l’Université Officielle de Bukavu. Alors suivant les objectifs, il a été effectué :

- L’étude pétrographique de ces intrusions pour leur caractérisation du point de vue descriptif :

Cette étape a consisté en une description macroscopique et microscopique des minéraux des échantillons de roche collectés sur terrain. Lors des observations macroscopiques, l’acide chlorydrique dilué a été utilisé pour le test d’effervescence. Les lames minces ont été confectionnées à l’atelier du Centre de Recherche Géologique et Minière (CRGM de Lwiro). Quant aux observations microscopiques, elles ont été faites au laboratoire de minéralogie de l’Université Officielle de Bukavu. Le microscope optique à lumière transmise nous a permet de faire des observations en lumière polarisée analysée (LPA) et en lumière polarisée non analysée. Une brève comparaison avec les complexes carbonatitique de Lueshe et de la Haute Ruvubu a été aussi entreprise.

La nomenclature probable de terrain présentée est vérifiée par des observations sur lames minces. Leur fiabilité est donc fonction de ces seuls aspects d’observation. Les proportions de minéraux présentés sont des estimations visuelles sur lames minces et n’ont pas fait objet d’un comptage de point ni d’une analyse chimique.

- La cartographie géologique de ces formations intrusives et de leurs encaissants affleurant au nord de l’île d’Idjwi :

Cette étape a été exécutée sur une approche détaillée, consistant en une cartographie du complexe carbonatitique affleurant dans la zone d’étude (environ le milieu de l’île) et son encaissant proche. Il a été question de tracer manuellement à une échelle considérable la carte d’affleurement du secteur d’étude. La carte géologique obtenue manuellement a été digitalisée pour une bonne présentation à l’aide du logiciel QGIS 2.14.0 sur fond topographique d’image SRTM de la zone tirée de celle de la région du Kivu de 5 m de précision.

- L’étude structurale à ces intrusions en vue de caractériser l’évènement lié à leur mise en place :

Dans cette étape ; il a été question de déterminer les orientations préférentielles des marqueurs structuraux en lien direct ou indirect avec la mise en place des intrusions carbonatitiques ainsi que leurs déformations (plans de foliation, joints de tension), d’établir la chronologie relative de ces marqueurs structuraux en comparaison avec les structures géologiques de la région et celles rencontrées sur l’île.

5. Matériel utilisé

Pour cette étude, nous avons pu utiliser le matériel ci-après :

- un GPS, de marque Garmin gpsmap64, pour prélever les coordonn ées de toutes les informations utiles à notre levé de terrain ;
- un marteau de g éologue (figure 1), de marque USA Estwing, pour casser la roche enfin d’avoir une surface fraiche et prélever les échantillons;
- une Boussole de géologue, de marque Breithaupt, pour le prélèvement de données structurales et pour l’orientation des traversés; et un d é camètre (figure 1) pour la prise de mesure de distance entre deux informations à rapporter sur carte.
- une loupe monoculaire pour les observations macroscopiques des minéraux constitutifs de roches ;
- du papier calque et du papier millimétré pour tracer les cartes d’affleurement à partir du terrain, et au bureau ;
- un appareil photo num érique de marque SAMSUNG LENS de 12 mégapixels, pour la prise de photos ;

CHAPITRE I.

I.1. CADRE GEOGRAPHIQUE

a. Situation et limites de la région étudiée

Le secteur d’étude est situé au nord de l’île d’Idjwi (Sud-Kivu) dont la superficie est de 285 km2. Cette île se trouve au milieu du lac Kivu, entre les villes de Goma et Bukavu (figure 1) entre 1°36‛ de latitude sud et 5° de latitude sud d‛une part et 26°47‛ de longitude Est et 29°20‛ de longitude Est d‛autre part.

Pour des raisons de droits d'auteur, cette illustration ne figure pas dans la publication.

Figure 1 : Cartes de localisation du secteur d'étude

b. Relief

Avec une altitude moyenne de 1700 m, le territoire d’Idjwi reste dominé par un relief montagneux dont les monts Muganzo au centre Nord (1 829 m d’altitude) et surtout Nyamusisi au centre de l’île, plus haut sommet avec 2 300 m d’altitude (Wikipedia, 2016). Le secteur d’étude présente aussi cette topographie caractéristique de l’île.

c. Hydrographie et Climat

Le territoire d’Idjwi connait un climat tempéré doux et humide avec l’intermittence de deux saisons à savoir : la saison de pluie qui s’étend sur neuf mois environ (de septembre à mai) et la saison sèche qui prend pratiquement 4 mois (de mai jusqu’en août). Les températures moyennes annuelles oscillent autour de 17 °C pendant la période la plus froide en saison de pluie et 30° au moment le plus chaud en saison sèche (Wikipedia, 2016).

Bien que le territoire d’Idjwi soit une île, il possède néanmoins ses propres cours d’eau à faible débit allant de 1 à 3m3/sec. Parmi les principaux cours d’eau on trouve : la rivière Tama, Musheke, Kirheme, Cikoma, Mwiri, Kimalamungo, Kisheke, Bikangi, Kishenyi, Yaruhogoma, Bwina et Bukole (Wikipedia, 2016).

Le secteur d’étude montre essentiellement un grand bassin versant qui évacue ses eaux vers l’Est dans le lac Kivu par la rivière Musheke.

d. Sol et végétation

Le sol est essentiellement sablonneux dans la partie nord et argileux dans la partie sud. La végétation quant à elle est menacée d’extinction. Elle est naturellement arbustive et herbeuse parsemée des forêts secondaires (Wikipedia, 2016).

A Idjwi, le sol est encore riche pour l’agriculture mais le problème de surpopulation rend de plus en plus les espaces cultivables rares (Congovirtuel, 2016).

Le territoire s’occupe depuis l’époque coloniale de l’agriculture industrielle du café et du quinquina sa production est directement acheminée au Rwanda voisin et à Bukavu et Goma.

I.2. CADRE GEOLOGIQUE

Dans cette étape du travail, il a été abordé l’aspect magmatique et géodynamique sur la géologie en rapport avec le cadre d’étude. Mais aussi quelques connaissances sur les carbonatites.

a. Bref aperçu sur la géodynamique régionale (Région de Grands Lacs Africains):

1. Paléo protérozoïque (2000 – 1800 Ma) : 3 phases de déformation sont définies dans l’Ubedien en Tanzanie (Lenior J.C et al 1994)

- D1 : Une phase précoce (2100-2025 Ma) s’est déroulé en faciès granulite, induisant une foliation orientée E-W à ESE-WNW. Cette phase a également affectée la ceinture Usagarienne et correspondrait à une collusion entre les cratons archéens de Tanzanie et du Congo.
- D2 : Une seconde phase de déformation, apparemment limitée à la chaine Ubendienne, est caractérisée par des zones de cisaillement majeures dextre NW-SE, responsable de la création des huit blocs crustaux formant la chaîne. Cette phase se termine par la mise en place de batholites calco-alcalins granitiques tardi- à post-cinématique (1860 Ma).
- D3 : Une troisième phase de déformation est marquée au Néoprotérozoique (750 Ma), par le développement de décrochements sénestres cassants ductiles aux assemblages de faible métamorphique, intrudés par des plutons alcalins.

2. Mésoprotérozoïque (1400 – 950 Ma) : 4 phases de déformations (Villeneuve, 1977 ; Theunissen, 1984 ; Klerkx et al, 1987 ; Rumvegeri, 1987 ; Pohl, 1987 et 1988) :

- D1 : a été à la base de structures orientées NE-SW. Elle a engendré des plis souvent isoclinaux ainsi qu’une foliation parallèle à la stratification, et elle a été accompagnée par un métamorphisme syn-D1 qui est de type Barrow à Bunyakiri.
- D2 : est la phase paroxysmale ; elle est marquée par des plis isoclinaux NW-SE. Le métamorphisme syn-D2 a atteint l’anatexie et a débouché à la formation des granulites.
- D2’ : correspond à un épisode de cisaillement tardi – à post – D2. Les structures qu’elle engendre sont subparallèles à celles données par D2.
- D3 : a été définie par Pohl et Günther (1989) et Günther (1990), et a été mise en relation avec le magmatisme acide porteur de la minéralisation du groupe de l’étain.

3. Néoprotérozoïque : (1000 – 620 Ma) : 2 phases de déformation ( villeneuve, 1977 ; Walemba, 2001) :
- D1 (compressive) : caractérisé par des plis NW-SE à surface axiale subverticale. Des plis parasites très souvent serrés, sont rattachés à cette phase D1. Régionalement D1 inclue les anticlinaux de Kigogo et de Kitwabalusi ainsi que le synclinal de Ruzimu.
- D2 (Compressive) : ayant engendré des plis orientés N-S. régionalement D2 inclue l’anticlinal de Twangiza et le synclinal de Bugoyi), une schistosité, des failles et des cisaillements.

De manière synthétique, quatre évènements tectoniques majeurs ont affecté les terrains Précambriens du Kivu. Ces phases sont rattachées aux différents cycles de supercontinents qui ont évolué et formé la plaque africaine :

- Les évènements tectoniques de 1375 Ma coïncident avec l’orogenèse éburnéenne et la mise en place de structures orientées NW - SE présidées par la formation du Columbia.
- Les évènements tectoniques de 1200 Ma correspondent au greenvillien qui a été une réponse à l’amalgamation du Rodinia, mettant en place des structures NE-SW dans le supergroupe du Kivu.
- Les évènements tectoniques de 970 Ma ont développés des charriages suivant les structures issues du greenvillien suite à la dislocation du Rodinia.
- Les évènements tectoniques de 750 Ma sont liés à l’orogenèse panafricaine, c’est une réponse aux compressions issues de la formation du Gondwana, c’est une phase compressive E-W. Fernadez-Alonso (1987) et Villeneuve (1974)

Signalons qu’ils existent aussi des évidences de deux failles majeures (Annexe 3), l’une orientée ENE-WSW, traversant l’île d’Idjwi en son milieu, et la seconde est plus au nord (prolongement de la faille de Kalehe) et est orientée NE-SW (Villeneuve & Guyonnet-Benaize, 2006).

b. Bref aperçu sur le magmatisme de la région du Kivu :

Le magmatisme de la région du Kivu est lié aux différentes phases tectoniques qui l’ont affecté. Dans cette région il a été décrit 4 grands types magmatique entre autres : la mise en place de granite de type-S et de plutons mafiques (G1, G2, G3) datant de 1375 Ma; suivis des granites de type-A (G4) datant de 1205 Ma; le granite à étain se mettent en place en 986 Ma, et les intrusions granitiques alcalines surviennent en 750 Ma. Le tableau ci-après associe ces roches intrusives à leur âge et à leur évènement tectonique (Fernandez-Alonso et al., 2012).

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Tableau : chronostratigraphie synthèse de la géologie régionale de Grands lacs africains (Fernandez-Alonso, 2012).

X-axis corresponds to schematic geological W–E cross-section at about 3◦S (not at scale);. Y-axis is time scale in Ga. Top line refers to localities : Kalima (Maniema region); Miki (Kivu region); Upper Ruvubu (Burundi): 750 Ma alcaline complexes; Kasika (Kivu region); Ru/Kiv – Ruhembe and Kivuvu (Burundi): 968 Ma Sn-coltan pegmatites; But. – Butare (Rwanda): 1982 Ma orthogneiss of Eburnean-aged basement; Git. – Gitega (Burundi): 1205 Ma A-type granitoids.

L’on y remarque que les complexes plutoniques alcalins sont de 750 Ma et les granites de type-S sont de 1375Ma tandis que les granites à étain sont de 986 Ma.

Signalons que les roches intrusives affleurant sur l’île d’Idjwi étaient classées jusqu’alors comme des granites à étain et des granites à tourmaline par Nakito (2016).

[...]

Fin de l'extrait de 60 pages

Résumé des informations

Titre
Le complexe carbonatitique de Bugarula à Idjwi-Nord au Sud-Kivu, R. D. Congo. Pétrographie et cartographie
Université
Official University of Bukavu  (Département de Géologie)
Note
2
Auteur
Année
2017
Pages
60
N° de catalogue
V1159302
ISBN (Livre)
9783346576729
Langue
Français
mots-clé
carbonatite, syénogranite, pegmatite, diorite, sövite, paléoprotérozoique, idjwi, complexe carbonatitique, rhyolite, cartographie
Citation du texte
Toussaint Mushamalirwa (Auteur), 2017, Le complexe carbonatitique de Bugarula à Idjwi-Nord au Sud-Kivu, R. D. Congo. Pétrographie et cartographie, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1159302

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