L'éducation des filles et l'institution de Madame de Maintenon


Dossier / Travail de Séminaire, 1999

17 Pages, Note: 1,0


Extrait

Table des Matières

1 Introduction

2 L’Education des Filles
2.1 La Conception Traditionnelle
2.2 L’Education Conventuelle
2.3 Du Couvent à l’Education Privée

3 Biographie de Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon

4 La Maison Royale de Saint-Louis dit Etablisse-ment de Saint-Cyr
4.1 L’Elaboration de Saint-Cyr
4.2 L’Admission des Pensionnaires
4.3 L’Education et le Fonctionnement de Saint-Cyr
4.4 L’Evolution de Saint-Cyr

5 Conclusion

6 Bibliographie

1 Introduction

«Elle [Mme de Maintenon] est un modèle d’épouse, d’éducatrice, d’humble servante de Dieu et de son Eglise, et c’est dans une vie intérieure très profonde que nous trouvons le secret de vertus qui ont été reconnues de tous ceux qui l’ont vraiment approchée et connue, le roi, ses directeurs, ses filles de Saint-Cyr.»[1]

Voilà un exemple des éloges que tant d’auteurs qui ont travaillé sur le même sujet que moi ont fait de Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon.

En écrivant ce travail, j’essayerai de découvrir s’il est justifié de lui donner une telle signification. Est-ce qu’elle a vraiment joué un rôle tellement important en ce qui concerne l’éducation féminine? Est-ce que son enfance tourmentée a véritablement servi de base pour son projet d’enseignement? Et est-ce que l’Etablissement de Saint-Cyr était vraiment une telle nouveauté que M. Danielou le proclame dans son œuvre?

Afin de pouvoir répondre à toutes ces questions, j’expliquerai d’abord l’éducation des filles telle qu’elle était au XVII e siècle (cf. chapitre II). Puis, je présenterai l’histoire de la vie de Madame de Maintenon (cf. chapitre III) pour pouvoir enfin décrire non seulement le fonctionnement de Saint-Cyr, mais aussi l’éducation des filles telle qu’elle était à l’Institut de Madame de Maintenon (cf. chapitre IV). Avant de terminer mon travail, je donnerai encore un petit résumé des conclusions qu’on peut en tirer (cf. chapitre V).[2]

2 L’Education des Filles

2.1 La Conception Traditionnelle

Il faut se rappeler que le collège classique n’était fait que pour les garçons. Les filles en étaient exclues. C’est pourquoi il n’est pas du tout étonnant qu’une étude qui a été faite entre 1684 et 1690 montre que seulement 14% des filles étaient capables de signer leur propre nom.[3] Bien sûr que cela est une conséquence de l’état de sujétion dans lequel la femme se trouve au XVII e siècle.

En ce temps-là, on discute beaucoup la question de savoir s’il faut des femmes savantes ou non. Si on prend les mots de Clitandre qui a dit

«Les femmes docteurs ne sont pas de mon goût.»[4]

la réponse à cette question est tout à fait claire. Mais en réalité le débat sur l’éducation met en évidence que l’enjeu réel n’est pas la quantité, la qualité ou la diversité des connaissances, mais le rôle social de la femme. C’est-à-dire que chaque femme, fille ou épouse, a sa place à la maison. Elle doit remplir des fonctions domestiques et sociales.

«Nos pères sur ce point étaient gens bien sensées Qui disaient qu’une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hausse A connaître un pourpoint d’avec un haut-de-chausse.»[5]

Mais la suite de ce discours de Molière montre très bien que les femmes elles-mêmes n’étaient pas du tout d’accord avec ce «programme d’éducation».

Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs. Elles veulent écrire, et devenir auteur.»[6]

Cette citation met en évidence que la conception de l’éducation est en train de changer.

Néanmoins, il est vrai qu’un enseignement féminin existe déjà, au moins dans les villes. Les filles du peuple ont la possibilité de fréquenter les «petites écoles» (les écoles primaires de l’époque) bien qu’un mélange de filles et de garçons soit interdit par les évêques. Elles y reçoivent une instruction primaire, c’est-à-dire qu’elles doivent apprendre à compter, faire des exercices de lecture et entendre le catéchisme. Mais il faut se rappeler que la plupart des filles n’ iront jamais, puisqu’il n’y a pas d’obligation scolaire en ce temps-là.[7]

Les petites filles de la bourgeoisie et de la noblesse pauvre ne disposent guère que du couvent. Comme leur première tâche est de veiller à l’éducation des enfants et à la tenue de la maison, elles ont au moins besoin d’une instruction religieuse afin de pouvoir élever chrétiennement leurs enfants.

2.2 L’Education Conventuelle

Dès le XVII e siècle, il devient évident que l’éducation des filles n’est plus une chose qui se fait dans la cellule familiale, mais pour laquelle il faut des maîtres, religieux ou laïques, puisque des hommes comme Fénelon[8] exigent que les femmes doivent savoir lire et écrire, compter et rédiger correctement une lettre.

Depuis le début du siècle, des congrégations religieuses se sont spécialisées dans l’éducation et l’enseignement des filles. Ici, il faut surtout nommer les Ursulines, les Augustines et les Visitandines. Dans leurs écoles, on distingue deux niveaux d’enseignement différents. Au niveau primaire, ce sont la lecture, l’écriture, la religion, le calcul, l’apprentissage ménager et les travaux d’aiguille qu’on trouve au plan de travail. Au niveau secondaire toutes sortes de travaux pratiques s’y ajoutent, comme par exemple des exercices de rédaction de lettres d’affaires, de factures, de quittances ou des leçons d’économie familiale.

En général, on accueille à la fois des externes et des internes âgées de six à dix-huit ans. Elles sont divisées en groupes d’environ trente élèves. On leur apprend avant tout la pratique religieuse. Mais le niveau de cette éducation est généralement bas puisque les «enseignantes» – peut-être que ce serait mieux de les appeler «religieuses» tout simplement – n’ont aucune formation pédagogique et ne sont pas très instruites elles-mêmes.

Un problème fondamental de l’éducation conventuelle qui met l’accent sur la religion est que de plus en plus de filles ne vont pas au couvent pour devenir des sœurs après, mais – au contraire – pour retourner dans le monde, pour se marier, avoir des enfants et devenir de bonnes mères. Il faut donc les préparer à leur retour dans le monde et leur enseigner, comme le souhaite par exemple Fénelon, non seulement les disciplines nécessaires à la bonne maîtresse de maison, mais aussi le dessin, la musique, la danse, le chant, la géographie, l’histoire et les bonnes manières. En éduquant les filles d’une telle manière, on peut les préparer à leur rôle social et mondaine.

Seules les filles des «meilleures» familles, c’est-à-dire des familles riches et nobles, ont la possibilité d’échapper au couvent. Normalement, leurs parents les confient à des gouvernantes. Mais ces gouvernantes, elles aussi, s’occupent avant tout de surveiller les filles et non de les éduquer.

Tandis que les garçons reçoivent une véritable éducation, les filles n’obtiennent qu’un enseignement moral, religieux – en un mot: insuffisant.

«Les résultats étaient bien médiocres. Les filles de qualité dont les frères et les maris passaient par les collèges latins, ne savaient pas toujours mieux lire, quand elles le savaient, que les filles du peuple.»[9]

En général, les matières de culture n’apparaissent pas dans l’emploi du temps d’une fille. Ce n’est que très exceptionnellement qu’une fille apprend par exemple le latin, la géographie, le chant ou la danse. On se préoccupe plutôt de les protéger contre les tentations et les entraînements.[10]

[...]


[1] Danielou; M. Madame de Maintenon. Educatrice.: Bloud & Gay, 1946; 32.

[2] Vous trouverez quelques tableaux montrant aussi bien des images de Madame de Maintenon qu’un plan et une photo de l’Etablissement de Saint-Cyr, etc. dans Lavallée, T. Madame de Maintenon et la Maison Royale de Saint-Cyr. Paris: Plon, 1862 ainsi que dans Guelfi, J. Madame de Maintenon. 1635-1719. Lyon: L’Hermès, 1986.

[3] Prévot, J. La Première Institutrice de France. Madame de Maintenon. Paris: Belin, 1981; 26.

[4] Parias, L. Histoire Générale de l’Enseignement et de l’Education en France. De Gutenberg aux Lumières. (Tome II). Paris: Nouvelle Librairie de France, 1981; 478.

[5] Parias, L. Histoire Générale de l’Enseignement et de l’Education en France. De Gutenberg aux Lumières. (Tome II). Paris: Nouvelle Librairie de France, 1981; 480.

[6] Parias, L. Histoire Générale de l’Enseignement et de l’Education en France. De Gutenberg aux Lumières. (Tome II). Paris: Nouvelle Librairie de France, 1981; 480.

[7] Parias, L. Histoire Générale de l’Enseignement et de l’Education en France. De Gutenberg aux Lumières. (Tome II). Paris: Nouvelle Librairie de France, 1981; 477.

[8] Fénelon, théologue, pédagogue, Archévêque de Combrai, quiétiste.

[9] François, Michel (éd.). «Problèmes de l’Education». Dans: La France et les Français. (Encyclopédie de la Pléiade). Ed. Michel François. Paris: Gallimard, 1972; 913.

[10] Prévot, J. La Première Institutrice de France. Madame de Maintenon. Paris: Belin, 1981; 24.

Fin de l'extrait de 17 pages

Résumé des informations

Titre
L'éducation des filles et l'institution de Madame de Maintenon
Université
University of Osnabrück  (Fachbereich Sprach- und Literaturwissenschaften)
Cours
Romans éducatifs pour enfants au 19e siècle et jusqu'en 1914
Note
1,0
Auteur
Année
1999
Pages
17
N° de catalogue
V117626
ISBN (ebook)
9783640200320
ISBN (Livre)
9783640205998
Taille d'un fichier
439 KB
Langue
Français
mots-clé
Madame, Maintenon, éducation, fille, Saint-Cyr, Françoise, d'Aubigné
Citation du texte
Dr. phil. Birgit Lonnemann (Auteur), 1999, L'éducation des filles et l'institution de Madame de Maintenon, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/117626

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