À l’époque de la Renaissance, ensemble avec les deux Italiennes Vittoria Colonna et Gaspara Stampa, Louise Labé, une poétesse française souvent appelée avec l’épithète Lyonnaise, fait partie d’un vrai triummulierat de femmes
de poésie d’amour. Même s’il est très petit en volume – elle écrivit à peu près seulement
un petit conte mythologique, trois élégies et 24 sonnets – on compte son oeuvre parmi les
importants du monde.
En 1845, Sainte-Beuve fit l’éloge d’elle en disant : « C’est dans ses sonnets surtout que
la passion de Louise éclate et se couronne par instants d’une flamme qui rappelle Sapho et l’amant de Lesbie ». Elle était connue en Italie, en Espagne, en Allemagne et,
bien sûr, partout en France avant tout pour ses vers et moins pour son petit essai en prose. On verra ce qui était cette femme et comment était sur elle et son oeuvre
littéraire l’influence du Pétrarque, poète italien. On essayera d’élucider un peu sa façon
d’écrire. Ses vers d’amour, avant tout ses sonnets, sont-ils d’une autre qualité que ceux écrits d’un
homme ? Le fait d’être féminin, a-t-il une influence et rend-il quelque chose de nouveau
ainsi que de particulier dans la poésie d’amour, domaine prédominé par des auteurs en
majorité masculins jusqu’à ce moment-là?
Table des matières
Introduction : Louise Labé Lyonnaise, une Sappho française ?
1. Louise Labé et l’École lyonnaise
1.1 Lyon, conditio sine qua non
1.2 La vie de la poétesse, son œuvre et sa répercussion
1.3 L’École lyonnaise
2. imitatio et aemulatio – François Pétrarque et le Pétrarquisme
3. Une femme, écrit-elle d’une autre façon qu’un homme ?
4. Trois exemples de la touche de Louise Labé
4.1 Sonnet No VIII : Ie vis, ie meurs
4.2 Sonnet No XIII : Oh si i’estois
4.3 Sonnet No XVIII : Baise m’encor
Conclusion
Objectifs et thématiques de l'ouvrage
Cette étude examine l'œuvre poétique de Louise Labé au sein du courant pétrarquiste du XVIe siècle, en interrogeant la spécificité de son écriture féminine face à une tradition littéraire majoritairement masculine. L'objectif principal est de démontrer comment la poétesse, tout en s'inscrivant dans la filiation de Pétrarque, détourne et renouvelle les codes établis pour affirmer une voix active, sensuelle et émancipée.
- Le contexte intellectuel et culturel de Lyon à la Renaissance.
- L'analyse de l'influence de François Pétrarque et du pétrarquisme européen.
- La distinction entre l'écriture amoureuse masculine et féminine.
- L'étude stylistique et thématique de trois sonnets emblématiques de Louise Labé.
- La remise en question des rôles traditionnels de genre dans la poésie amoureuse.
Auszug aus dem Buch
4.1.Sonnet No VIII : Ie vis, ie meurs
Ce poème, comme tous ceux de la poétesse, ne porte – en réalité – aucun titre, mais l’amour est bien le sujet. Le moi lyrique dans ce sonnet, sans doute féminin, est tourmentée et bouleversée par des sentiments d’amour très alternants. Une fois, elle est folle de joie et d’espoir, et tout de suite après dans le deuxième hémistiche, elle souffre des douleurs amoureuses. Beaucoup de sentiments y décrits sont corporels : brule, noye, douleur, etc. Elle décrit l’état de son âme maltraité par des divers sentiments clairement devinables. La locutrice est enfermée dans un incontrôlable chaos mental et éternel (v. 7 : à iamais il dure). L’atmosphère aussi est quelquefois alternante, mais en général, elle semble être assez sombre et opaque.
Le poème tente à décrire aux lecteurs la torture d’amour semblable à un délire, un tourment ou même une folie dans laquelle la locutrice s’arrête (volontairement). Ce poème-ci décrivant un chagrin profond semble voire être arraché d’un journal intime. Plus proche de son modèle italien que Scève concernant la structure, Labé choisit la forme du poème classique : c’est un sonnet. Inventée probablement par la Scuola siciliana, le terme vient du latin sonare (sonner) et indique qu’un tel poème a l’intention de donner impression des sons d’une gamme (sonore). Il sonne comme l’amour le fait aussi dans la tête de la locutrice. Ce sentiment est comme une maladie ou même une ivresse: pareil à un venin, il cause des douleurs et des fantasmes (aussi comme p.ex. l’alcool dans la tête). Les douleurs sonnent comme un acouphène.
Résumé des chapitres
Introduction : Louise Labé Lyonnaise, une Sappho française ? : Présentation de l'importance de Louise Labé dans la poésie de la Renaissance et énonciation de la problématique sur l'influence du genre dans son écriture.
1. Louise Labé et l’École lyonnaise : Analyse du milieu intellectuel lyonnais et du parcours biographique de la poétesse qui ont conditionné son œuvre.
2. imitatio et aemulatio – François Pétrarque et le Pétrarquisme : Étude de la figure de Pétrarque, de son Chansonnier et de la diffusion du pétrarquisme comme modèle littéraire dominant.
3. Une femme, écrit-elle d’une autre façon qu’un homme ? : Exploration théorique des différences entre l'expression amoureuse masculine et féminine et du concept de "pétrarquisme au féminin".
4. Trois exemples de la touche de Louise Labé : Analyse approfondie des sonnets VIII, XIII et XVIII illustrant la spécificité de la voix poétique de Labé.
Conclusion : Synthèse sur la rupture opérée par Louise Labé avec les conventions pétrarquistes traditionnelles et son plaidoyer pour la jouissance amoureuse.
Mots-clés
Louise Labé, Renaissance, Pétrarquisme, École lyonnaise, poésie amoureuse, genre, lyrisme, sonnet, amour physique, émancipation, tradition pétrarquiste, subjectivité féminine, Lyon, littérature française, humanisme.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cet ouvrage ?
L'ouvrage se concentre sur l'analyse de l'œuvre de Louise Labé et sa place singulière au sein du pétrarquisme de la Renaissance, en étudiant comment elle transcende les modèles masculins de son époque.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes incluent l'influence de Pétrarque, le contexte intellectuel lyonnais, la condition féminine dans la poésie amoureuse et l'expression de la passion charnelle.
Quel est l'objectif de recherche de cette étude ?
Le but est d'élucider si l'identité féminine influence l'écriture amoureuse et de prouver, par l'analyse textuelle, que Labé développe une touche originale qui la distingue des autres poètes pétrarquistes.
Quelle méthode scientifique est employée ?
L'auteur utilise une approche comparative, analysant les textes à la lumière du contexte historique, des modèles classiques et des outils de la rhétorique et de la stylistique.
Que contient le corps principal du travail ?
Le cœur de l'ouvrage analyse la vie de Labé, la théorie du pétrarquisme, puis examine trois sonnets spécifiques pour démontrer comment elle réapproprie le discours érotique.
Quels mots-clés définissent le mieux cette recherche ?
Les termes essentiels sont Louise Labé, Pétrarquisme, genre, poésie amoureuse, Renaissance et lyrisme féminin.
Pourquoi Louise Labé est-elle comparée à Orphée ?
Le travail souligne que Labé renverse les rôles traditionnels : elle abandonne la position d'objet chanté (Eurydice) pour devenir le sujet actif de la création poétique, incarnant ainsi une forme d'Orphée au féminin.
Quelle importance joue le contexte urbain de Lyon ?
Lyon est décrite comme un centre culturel et intellectuel cosmopolite, libre des autorités scolastiques, offrant ainsi un milieu fécond et une liberté de ton nécessaires à l'émergence de la poésie de Louise Labé.
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- Hendrik Keilhauer (Author), 2009, Louise Labé et le Pétrarquisme au féminin, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/124964