« Nous avons perdu la signification propre du verbe « bauen » (bâtir) à savoir habiter »
Il paraît qu’aujourd’hui la signification du mot habiter n’est plus la même:
l’Architecture- n’est –ce pas grâce au premier besoin d’habitation que l’architecture s’est
développée ? Quel rapport existe-t-il aujourd’hui entre l’habitation et l’architecture?
Le texte suivant veut analyser ce rapport en se servant d’un exemple d’auto-construction, plus précisément, des favelas (bidonvilles) qui incorporent des constructions primitives de l’habitat ; une architecture sans architectes.
1.Qu’est-ce qu’ une habitation?
« Habiter » représente un des instincts primordiaux pour l’homme. Pour mieux décrire
cet « instinct » de créer une habitation, servons nous d’ une image familière, d’un jeu
auquel tout le monde a déjà joué :
L’image est quelconque et peut être déplacée á n’importe quel endroit, n’importe quel moment : Deux enfants jouent dans le jardin, dans la cour, dans la forêt ou dans la
maison, ils ne possèdent aucun outil particulier, ni de jouets, ni de règles pour ce jeu, seulement leur propre imagination et créativité. Après une première décision spontanée,
les deux enfants vont chercher des « matériaux » afin de réaliser leur jeu , le jeu de créer une petite habitation . Un parapluie sous une couverture peut être suffisant pour un
premier abri, les enfants vont se cacher, « s’abriter », se retirer dans cet endroit où, avec un peu d’imagination, ils vont inventer leur propre monde, un monde qui n’a plus rien à
voir avec le monde qui les entoure.
Dans un premier temps, les enfants n’ont peut-être pas l’intention de construire une habitation au sens premier car ils sont déjà logés, ils possèdent déjà le domicile parental.
Le jeu peut être considéré alors comme un jeu de « délimitation »:
En créant leur propre « monde », les enfants se bornent, se retirent dans leur nouvel espace et s’approprient ce dernier, l’espace qui n’est plus celui de leur parents mais le
leur. Cet espace personnel peut être considéré comme une délimitation entre l’extérieur et l’intérieur, il est essentiel.
Cet instinct de créer un propre espace, une habitation propre, peut également être décrit comme faisant partie de la« pensée sauvage » des premiers hommes primitifs. Une pensée qui a été formulée pour la première fois par Lévi-Strauss au milieu du 20ième siècle.
Table des matières
1.Qu’est-ce qu’ une habitation?
1.1 « Architecture »
1.2 « Bâtir »
1.3 « Bricoler »
2. Les bidonvilles
2.1. Définition
2.2 Les favelas (bidonvilles) à Rio de Janeiro, Brésil
2.3 « Inconvénient social » ou « nostalgie brésilienne »?
2.3.1 L’« inconvénient social »
2.3.2 L’« Esthétique » des favelas
2.3.2.1 Mouvements artistiques dans les favelas
2.3.2.2 Trois figures conceptuelles : le fragment, le labyrinthe, le rhizome
3. Changement architectural et urbain- les interventions dans les favelas-une critique
Objectifs et thèmes de recherche
Ce travail analyse la relation entre l'habitation et l'architecture en se concentrant sur le phénomène de l'auto-construction dans les favelas de Rio de Janeiro, afin de déterminer si ces structures peuvent être considérées comme une forme d'architecture ou une œuvre artistique.
- La redéfinition du concept d'habitation et d'auto-construction.
- L'ambivalence des favelas entre crise sociale et mythe culturel.
- L'analyse esthétique des favelas à travers les concepts de fragment, labyrinthe et rhizome.
- La critique des interventions urbaines et de l'intégration sociale des populations marginalisées.
Extrait du livre
1.Qu’est-ce qu’ une habitation?
« Habiter » représente un des instincts primordiaux pour l’homme. Pour mieux décrire cet « instinct » de créer une habitation, servons nous d’ une image familière, d’un jeu auquel tout le monde a déjà joué :
L’image est quelconque et peut être déplacée á n’importe quel endroit, n’importe quel moment : Deux enfants jouent dans le jardin, dans la cour, dans la forêt ou dans la maison, ils ne possèdent aucun outil particulier, ni de jouets, ni de règles pour ce jeu, seulement leur propre imagination et créativité. Après une première décision spontanée, les deux enfants vont chercher des « matériaux » afin de réaliser leur jeu , le jeu de créer une petite habitation . Un parapluie sous une couverture peut être suffisant pour un premier abri, les enfants vont se cacher, « s’abriter », se retirer dans cet endroit où, avec un peu d’imagination, ils vont inventer leur propre monde, un monde qui n’a plus rien à voir avec le monde qui les entoure.
Dans un premier temps, les enfants n’ont peut-être pas l’intention de construire une habitation au sens premier car ils sont déjà logés, ils possèdent déjà le domicile parental. Le jeu peut être considéré alors comme un jeu de « délimitation »:
En créant leur propre « monde », les enfants se bornent, se retirent dans leur nouvel espace et s’approprient ce dernier, l’espace qui n’est plus celui de leur parents mais le leur. Cet espace personnel peut être considéré comme une délimitation entre l’extérieur et l’intérieur, il est essentiel.
Résumé des chapitres
1.Qu’est-ce qu’ une habitation?: Ce chapitre explore les instincts primordiaux liés à la création d'un espace personnel, en comparant l'auto-construction enfantine aux pratiques primitives d'habitat.
2. Les bidonvilles: L'auteur définit le bidonville comme un phénomène mondial et se penche spécifiquement sur le cas des favelas de Rio de Janeiro, en analysant leurs aspects sociaux, esthétiques et artistiques.
3. Changement architectural et urbain- les interventions dans les favelas-une critique: Ce chapitre examine les tentatives d'intégration urbaine et l'évolution de la condition sociale des habitants des favelas à travers les recherches sociologiques de Janice Perlman.
Mots-clés
Favelas, Rio de Janeiro, auto-construction, architecture vernaculaire, bricolage, bidonvilles, esthétique, fragment, labyrinthe, rhizome, intégration urbaine, habitat, marginalité, sociologie, urbanisme.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cette étude ?
L'étude analyse le phénomène des favelas de Rio de Janeiro sous l'angle architectural et social, en interrogeant la frontière entre l'architecture formelle et l'auto-construction.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la définition de l'acte de bâtir, l'esthétique des structures précaires, la marginalité sociale et l'évolution des politiques d'urbanisation au Brésil.
Quelle est la problématique centrale ?
Le travail cherche à comprendre comment l'auto-construction dans les favelas peut être qualifiée d'architecture ou d'œuvre artistique et quels rapports elle entretient avec la nécessité d'habiter.
Quelle approche scientifique est utilisée ?
L'auteure utilise une approche pluridisciplinaire mêlant philosophie de l'habitat (Heidegger, Lévi-Strauss), esthétique (Berenstein-Jaques) et sociologie urbaine (Perlman).
Que contient le corps principal du texte ?
Le corps traite des définitions de l'habitation, de l'émergence historique des favelas à Rio, de leur dimension esthétique et des critiques des plans d'aménagement urbain.
Quels mots-clés caractérisent le mieux le travail ?
Les termes tels que favela, bricolage, architecture vernaculaire, rhizome et marginalité sont centraux pour comprendre l'argumentation de l'auteure.
Comment l'auteure définit-elle le « bricolage » dans le contexte des favelas ?
Elle le définit comme un travail improvisé, sans plan fixe, où les habitants détournent des matériaux de récupération pour créer un espace habitable, distinguant ainsi le bricolage de l'architecture traditionnelle.
Quel rôle jouent les « figures conceptuelles » ?
Le fragment, le labyrinthe et le rhizome permettent de conceptualiser l'organisation spatiale des favelas comme une œuvre d'art et un processus en mouvement permanent plutôt que comme un simple désordre urbain.
- Citar trabajo
- Dorit Schneider (Autor), 2006, Les "Favelas" de Rio de Janeiro - "inconvénient social" ou "nostalgie brésilienne"? , Múnich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/144562