La métaphore de la peste dans "Le Théâtre et son double" d’Antonin Artaud


Seminararbeit, 2008
9 Seiten, Note: 1

Leseprobe

Inhaltsverzeichnis

Introduction

I. La peste
I.1 Propriétés de la maladie
I.2 Liaison entre la peste et la conscience
I.3 Liaison entre la peste et des bouleversements de la société

II. Le théâtre et la peste
II.1 L’effet du théâtre au spectateur chez Artaud
II.2 Le théâtre comme épidémie
II.3 Force spirituelle au délà toutes conventions

III. La guérison possible par le théâtre
III.1 Guérison par le théâtre de la cruauté
III.2 Le premier pestiféré
III.2 Le deuxième pestiféré

Conclusion

Bibliographie

Introduction

Antonin Artaud (1896-1948) est l’un des personnages les plus fascinants et ambigus du théâtre du XXième siècle. Non seulement il fût essayiste mais il fût aussi poète, dramaturge, metteur en scène et acteur. Il appartient au mouvement avant-gardiste du début du siècle. Son chef-d’œuvre Le théâtre et son double paraît le 7 février 1938. D’après Mireille Larrouy, ce livre est[1]:

"pour les gens de théâtre une véritable bible, les obligeant à s'interroger inlassablement sur le théâtre, son sens, ses pouvoirs, sa nécessité et son existence même."

Le chapitre Le théâtre et la peste, que nous allons regarder de plus près, rassemble en une quinzaine de pages le contenu d’une conférence donnée par Artaud le 6 avril 1933 à la Sorbonne. Cette dissertation nous permettra de nous plonger dans l’univers du théoricien. De quelle façon et pourquoi compare-t-il la peste avec le théâtre ? En quoi y voit-il des parallèles?

Ici nous allons procéder de l’intérieur vers l’extérieur. Dans un premier temps, nous analyserons l’image de la peste comme point de départ pour ensuite dans un second temps, mieux comprendre les liaisons qu’Artaud fait entre la maladie et le théâtre. En troisième lieu, nous traiterons de la guérison des êtres humains jugée possible par le théâtre selon Artaud.

I. La peste

I.1 Propriétés de la maladie

En observant les conséquences sociales d’une épidémie de la peste, Artaud y voit les propriétés de la maladie elle-même et ses répercussions sur le corps humain. Le malade est défiguré extérieurement par des bubons pesteux. Ceux-ci ne se distribuent pas sur le corps entier. En effet, on les trouve seulement sur quelques endroits spécifiques: sous les aisselles, à l’aine et près des glandes. S’il est visible que le corps se défend et qu’il mobilise encore des forces, les bubons s’ouvrent et le malade a alors une chance de survie. Cependant si ce processus ne se déroule pas et qu’aucun dégorgement de pus n’a lieu, la mort devient certaine. Dans quelques cas, la douleur rend le malade fou alors que dans d’autres cas celui-ci ne sent rien jusqu’à ce que mort s’ensuive.

I.2 Liaison entre la peste et la conscience

Artaud nous souligne dans son livre un fait intéressant. Il raconte que la peste apparaît au vice-roi de Sardaigne dans un rêve. Dans ce songe, celui-ci constate que la maladie a pour effet un effondrement de l’ordre morale et public et que "les cadres de la société se liquéfient."[2] Grâce à ce rêve prémonitoire, il interdit le passage d’un navire infesté par la peste et ainsi, il sauve son peuple de la contagion de la maladie.[3] Certains se demanderont pourquoi c’est le vice-roi qui fait le rêve. Premièrement, selon Artaud, son autorité réduite le rend susceptible de faire cette faible liaison qui existe seulement dans le sommeil, avec la maladie. En outre, il a besoin d’utiliser tout son pouvoir pour imposer l’interdiction de passage au bateau. Son peuple le juge irrationnel et despotique mais il est pourtant sauvé. Le vice-roi s’est élevé contre toutes les convenances qui ne sont simplement plus valable quand la peste menace la vie des citoyens et par le fait même une société entière.

Antonin Artaud extrapole ensuite sur une connexion entre la conscience humaine et la peste. En effet, lors de l’autopsie du cadavre d’un pestiféré on constate une putréfaction du cerveau et des poumons mais l’absence de pourriture des autres organes intérieures. La conscience influence la pensée et la respiration et les êtres humains exercent une forme de contrôle sur ces fonctions qui sont attaquées par la maladie . Dans la théorie d’Artaud, l’hypothèse que la peste serait liée à la pensée est fondamentale.

I.3 Liaison entre la peste et des bouleversements de la société

L’histoire de la prévalence de la peste nous permet d’après Artaud de relever les autres caractéristiques de la maladie. Les éruptions de la peste, depuis celles décrites dans la bible, se passent toujours en rapport avec des changements profonds au sein de la société. Elle apparaît avant les révolutions et après les guerres. Artaud exprime donc l’hypothèse que ce fléau peut être considéré comme "l’instrument direct ou la matérialisation d’une force intelligente en étroit rapport avec ce que nous appelons la fatalité." [4]

[...]


[1] Larrouy, 1997, p. 78-79

[2] Artaud, 1964, p. 21

[3] cf. Artaud, 1964, p. 21, 22

[4] Artaud, 1964, p.25

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Details

Titel
La métaphore de la peste dans "Le Théâtre et son double" d’Antonin Artaud
Hochschule
Université du Québec à Montréal
Note
1
Autor
Jahr
2008
Seiten
9
Katalognummer
V153734
ISBN (eBook)
9783640661718
ISBN (Buch)
9783640661923
Dateigröße
551 KB
Sprache
Deutsch
Schlagworte
Artaud, Theater und Pest
Arbeit zitieren
Dipl. Jonathan Lecot (Autor), 2008, La métaphore de la peste dans "Le Théâtre et son double" d’Antonin Artaud, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/153734

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