Les danses des sociétés créoles


Seminararbeit, 2012

19 Seiten, Note: 1,7

Anonym


Leseprobe

I. TABLE DES MATIÈRES

1. Introduction

2. Le contexte historique et géographique
a. Les Antilles françaises
b. La Réunion

3. Les différentes influences sur les danses créoles

4. Les danses en Martinique
a. Le bèlè
b. Le lalinklè
c. Le calenda ticano

5. Les danses en Guadeloupe
a. Le léwoz et le gwoka
b. Le quadrille
c. La biguine

6. Le zouk

7. Les danses à La Réunion
a. Le séga
b. Le maloya

8. Conclusion

9. Bibliographie

II. Annexe

1. Introduction

Parlant des sociétés créoles françaises, il ne faut jamais oublier la culture, plus précisément la musique et les danses. Toutes les deux font partie de l´histoire des îles créoles et retrouvent aujourd´hui une place centrale auprès de toutes les générations.

Autrefois, les danses étaient réservées à une certaine élite de la société créole ce qui montre leur signification sociale et leur importance socioculturelle.[1]

« We dance the maziouk without the pitché/ We dance the biguine, but do not swing/ When we hear the Creole waltz we remain seated/ But all these dances are our own/ You should not borrow from others what will never be yours/ You want kadans, bolero, and tang/ But, my friend, you are lying to yourself/ You must dance a fine biguine, a sweet maziouk, a slow Creole waltz/ Take Loulou as an example, but do not imitate him.»

-Eugène Mona-[2]

Cette citation traduite en anglais est tirée de la chanson «What is yours, is yours» (Sa ki taw sé taw) d´Eugène Mona. Mona, un chanteur et flûtiste martiniquais, a enregistré cette chanson en créole au début des années 70.[3] Cet extrait dissuade les créoles d´imiter et de trop emprunter la musique de danse aux autres îles; une coutume qui s´est développée dans les Caraïbes françaises.

Mais est-il vrai que presque la moitié des danses est empruntée? D´où viennent-elles vraiment et comment ont-elles été importées en Martinique, Guadeloupe où Réunion?

Le présent mémoire s´occupera de cette question et étudiera les différentes danses dans les trois îles citées. De surcroît, ce rapport traitera du contexte historique et géographique des Antilles françaises et de la Réunion.

Il faut ajouter que, bien qu´on ne puisse pas séparer la musique et la danse vu qu´elles sont indissociables, ce travail se limite en majorité aux danses.

2. Le contexte historique et géographique

2a. Les Antilles françaises

La Guadeloupe et la Martinique sont des îles françaises des Petites Antilles situées dans la mer des Caraïbes. La Guadeloupe se compose de plusieurs îlots dont les plus importants sont la Grande-Terre et la Basse-Terre (ou Guadeloupe-proprement-dite).[4]

Martinique se trouve entre Sainte-Lucie et Dominique, environ 50 kilomètres au sud de la Guadeloupe. Christophe Colomb a découvert Guadeloupe et Marie-Galante, sa terre voisine, en 1493 et Martinique en 1502. Les îles ont été peuplées par les Caraïbes, un peuple amérindien, mais plusieurs années de guerre et de massacre entre les colons et les Caraïbes ont diminué ces derniers. Ce génocide de la population autochtone n´a été terminé qu´au début du XVIIIe siècle.[5]

En 1635, la France a pris possession des îles et dès lors la colonisation a commencé et l´esclavage s´est développé. L´économie se basait sur l´agriculture de la canne à sucre ce qui a encouragé les officiers supérieurs à importer plus d´esclaves en Martinique et en Guadeloupe. Ce développement a mené à une augmentation rapide du nombre d´esclaves africains qui, à la fin du XVIIe siècle, ont constitué plus de 80 pour cent de la population totale.[6]

Les esclaves (surtout masculins!) ont été très maltraités et mal nourris ce qui avait pour corollaire une espérance de vie très basse. Même après l´abolition de l´esclavage en 1848 sur les deux îles, beaucoup d´Africains y ont été importés illégalement.[7]

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle la plupart des Africains qui travaillaient sur les plantations des îles antillaises étaient des intérimaires du bassin du Congo. Ces arrivées tardives ont eu une grande influence sur la culture de la danse de la Martinique et de la Guadeloupe.[8]

2 b. La Réunion

La Réunion est située au sud-ouest de l´océan indien dans l´archipel des Mascareignes à l´est de Madagascar et au sud-ouest de l´île Maurice. Elle présente des plages sur les bords mais aussi des montagnes abruptes au centre.[9]

Vraisemblablement, La Réunion a été découverte par les Arabes au Moyen Age. Elle a été désertée jusqu´au XVIIe siècle, mais déjà connue des navigateurs arabes, portugais, anglais ou néerlandais comme escale sur la route des Indes. L´île a été mise en valeur par quelques Français accompagnés de leurs serviteurs malgaches.[10] Après avoir été nommée Ile Bourbon, La Réunion a pris son nom actuel en 1794. Devenue une société de café et de plantation (canne à sucre), La Réunion passe sous le contrôle du roi de France dans les années 1760. Comme sur les îles antillaises une société esclavagiste s´est mise en place avec des esclaves en provenant de l´Afrique.

La musique et les danses étaient portées «par la nostalgie et la douleur des esclaves déracinés et déportés de leur terre natale»[11]. Les textes rappellent souvent la France de son passé esclavagiste et mettent en évidence les délits de cette époque coloniale sur l'homme.

L´esclavage a été aboli en 1848. Sous prétexte que les maîtres et les esclaves avaient des difficultés de travailler ensemble, l'île a recherché de la main d'œuvre à l'extérieur. Beaucoup des «engagés», travailleurs massivement recrutés en Inde, restèrent à La Réunion.[12]

3. Les différentes influences sur les danses créoles

Pour que les esclaves soient capables de communiquer l´un avec l´autre et qu´ils travaillent mieux , les planteurs français veillaient à ce que les esclaves du même pays travaillent ensemble. Cette situation a contribué à la conservation des traits culturels africains. Même aujourd´hui, on trouve ces traits dans les genres musicaux et dans les danses créoles.[13]

En général, beaucoup de danses ont soit disparu complètement soit se sont modifiées pour qu´elles conviennent aux exigences de l´Église catholique. Comme la musique et les danses faisaient pour les Africains toujours partie d´un rite religieux (le tambour par exemple sert à communiquer avec les divinités), l´Église les a interdites. Alors, les esclaves devaient les transformer et les danses apparaurent sous une nouvelle forme.[14]

Mais l´ Afrique n´est pas la seule source d´inspiration pour les danses des Caraïbes français et de La Réunion. A cause du contact entre les insulaires et les Européens, les genres européens jouaient également un rôle prépondérant.[15]

Le quadrille issu de la contredanse[16] a beaucoup influencé les danses en Martinique et en Guadeloupe. Le nom de quadrille vient de l´italien squadra et il désigne un groupe de quatre danseurs.[17] La danse est apparue sur les îles au XVIIIe et au XIXe siècle, importée par les planteurs. Ce qui est intéressant est que le quadrille était autrefois réservé à l´élite des planteurs et bien qu´il soit aujourd´hui dansé par toutes les couches sociales, le quadrille est toujours un symbole de l´éducation et d´un statut social plus élevé.[18] Mais comme le quadrille a été également dansé par les esclaves, cette danse est devenue un symbole du pouvoir et de la liberté.[19]

Il n´y a pas longtemps qu´on a dansé le quadrille aux bals appelés balakadri (Guadeloupe) et bal boutché (Martinique), mais aujourd´hui, on trouve cette danse plutôt dans les fêtes de villages.[20]

En ce qui concerne les esclaves, il faut distinguer les esclaves qui travaillaient sur les champs des esclaves domestiques qui vivaient en contact étroit avec leurs maîtres. Ces derniers ont intégré la musique et les danses européennes (surtout la contredanse française et les quadrilles) dans leur répertoire, souvent sous supervision des missionnaires catholiques qui voulaient réprimer les figures de danses africaines «scandaleuses». Au fil des ans, les esclaves domestiques pouvaient adapter plusieurs aspects des danses européennes en les modifiant un peu par l´utilisation des tambours etc.[21] On constate très bien que la culture africaine n´a jamais été rejetée.[22]

[...]


[1] http://www.martinique.franceantillep.fr/actualite/culture/les-danses-creoles-valsent-a-argenteuil-31-10-2011-131341.php (consulté le12 janvier 2012)

[2] Sloat (2002), p.221.

[3] Ibid.

[4] Cf. Sloat (2002), p.222.

[5] Ibid.

[6] Cf. Sloat (2002), p.223.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] http://www.reunion.fr/navigation-principale/decouvrir/geographie.html (17.1.2012).

[10] Ibid.

[11] http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Réunion (17.1.2012).

[12] http://www.reunion.fr/navigation-principale/decouvrir/histoire.html (17.1.2012).

[13] Cf. Sloat (2002), p.224.

[14] Cf. Sloat (2002), p.224.

[15] Ibid.

[16] Note: L´étymologie de ce terme n´est pas clair. Soit la contredanse, à l´origine, est une danse villageoise comme d´indique son nom de country-dance, soit ce nom lui vient de ce qu´il s´agit d´une danse qu´on exécute l´un contre l´autre, c´est-à.dire en vis-à-vis [Cf. Louis (1963), p.321].

[17] Cf. Louis (1963), p.321.

[18] Cf. Sloat (2002), p.224.

[19] Cf. Sloat (2002), p.225.

[20] Cf. Sloat (2002), p.224.

[21] Cf. Sloat (2002), p.225.

[22] Cf. Sloat (2002), p.226.

Ende der Leseprobe aus 19 Seiten

Details

Titel
Les danses des sociétés créoles
Hochschule
Johannes Gutenberg-Universität Mainz
Note
1,7
Jahr
2012
Seiten
19
Katalognummer
V195009
ISBN (eBook)
9783656206293
ISBN (Buch)
9783656207269
Dateigröße
576 KB
Sprache
Deutsch
Schlagworte
Tänze, danses, creoles, Martinique, Guadeloupe, musique
Arbeit zitieren
Anonym, 2012, Les danses des sociétés créoles, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/195009

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