"Le bon, la brute et le truand" et le western spaghetti


Dossier / Travail, 2012

18 Pages, Note: 17/20


Extrait

Table des matières

Introduction

I. La naissance du western spaghetti

II. Le lieu et l’époque

III. Le décor et les accessoires

IV. Les acteurs et les caractères principaux

V. La démystification d’un mythe ?

VI. La musique

Conclusion

Bibliographie

Filmographie

Introduction

Dans ce travail, je vais avant tout analyser Le bon, la brute et le truand (sorti en 1966) à travers son genre. Ce film, qui a consolidé Sergio Leone comme maître du western spaghetti, constitue le troisième volet de la trilogie du Dollar.[1] Le but est de repérer les éléments typiques du genre western en général, et du western spaghetti en particulier. Cette approche implique donc également une présentation des différences et similitudes face au western traditionnel.

Toutefois, il me paraît important de retracer dans le premier chapitre les origines du western spaghetti et d’identifier les raisons pour lesquelles ce genre est apparu dans les années 60. Dans la partie suivante, je vais discerner les codes du western spaghetti dans Le bon, la brute et le truand à différents niveaux : le lieu, l’époque, le décor, les accessoires, les personnages et la musique. Dans le chapitre intitulé « La démystification d’un mythe ? », je vais aborder les thèmes et sujets qu’on peut retrouver dans le film. Il s’agit d’un aspect important, puisque, à part des personnages, c’est la manière dont l’histoire est racontée qui caractérise largement les westerns spaghettis.

Un grand nombre de livres traitent le western hollywoodien. Toutefois, la littérature sur le western spaghetti est moins abondante et Le bon, la brute et le truand n’a pas encore été analysé de manière extensive à travers son genre.

Pour ce travail, j’ai dû utiliser principalement des œuvres plus générales, comme Genres et mouvements au cinéma de Vincent Pinel, et y extraire les informations nécessaires. Quelques livres sont plus spécifiques, comme celui de Christopher Frayling sur Sergio Leone ou l’ouvrage de Howard Hughes sur les westerns spaghettis. Certaines informations sont tirées de documentaires sur les films de Leone, d’autres sont issues d’une analyse personnelle du film Le bon, la brute et le truand, et ne se trouvent donc pas nécessairement dans la littérature consultée. Cependant, ces informations peuvent être facilement vérifiées par les indications générales (p.ex. un certain aspect typique du western spaghetti que l’on peut retrouver dans une scène).

Finalement, il y a aussi des aspects que je ne vais pas prendre en considération, ce qui est surtout le cas pour le langage cinématographique dans les films de Leone. Malheureusement, un grand nombre d’auteurs, quand ils mentionnent Leone dans le contexte du western spaghetti, ne font pas de distinction entre son style, spécifique à lui, et les codes qu’il a créés. Le langage cinématographique peut différer d’un réalisateur à l’autre et ne fait donc, à mes yeux, pas partie des codes du genre. Quand des réalisateurs s’inspirent d’autres cinéastes, le même langage cinématographique peut être observé dans différents genres. Il est vrai que Sergio Leone a joué un rôle très important, mais il n’était de loin pas le seul réalisateur de westerns spaghettis.

I. La naissance du western spaghetti

Le western possède deux particularités. D’abord, il s’agit d’un genre très codifié, même si pour certains il ne constitue qu’un sous-genre des films d’aventure.[2] Mais le western est aussi un genre ‘ancien’, remontant au temps du cinéma ‘muet’. Selon Vincent Pinel, le premier film narratif, The Great Train Robbery (1903) d’Edwin S. Porter, était un western.[3] Toutefois, il faut remarquer que Pinel épouse ici le point de vue de l’histoire conventionnelle du cinéma. En rétrospectif, le film de Porter présente des caractéristiques du western, mais ceci ne signifie pas que les contemporains l’aient considéré comme tel.[4]

Vers 1910, le western, qui repose en partie sur la réalité historique, était bien établi.[5] Edward Buscombe remarque qu’entre 1910 et 1960 il était le genre le plus important du monde et consolidait l’hégémonie de Hollywood.[6] Cependant, vers la fin des années 1950, la télévision devenait un concurrent fort du cinéma en général, et du western en particulier.[7] Elle permettait la production de séries à coût bas comme Bonanza ou Gunsmoke.[8] De moins en moins de westerns américains ont été tournés.[9] Dans les années 60, ce sont les Européens, et surtout les Italiens, qui ont repris le genre,[10] puisque chez eux ces films n’ont rien perdu de leur popularité.

Selon Ian Haydn Smith, le premier western spaghetti, intitulé La Chevauchée des outlaws (The Savage Guns), réalisé par Michael Carreras, date de 1961.[11] Mais cette affirmation doit aussi être relativisée. Il semble douteux que les contemporains l’aient vraiment considéré comme western spaghetti, pourvu que ce terme ait déjà existé en 1961.[12] Toutefois, à part qu’on puisse discuter sur l’étiquette « premier western spaghetti », attribuée au film en rétrospectif, La Chevauchée des outlaws a été tourné aux Etats-Unis et en Espagne. Pourtant, ce sera l’Italie qui va dominer la production du western européen, même si l’Espagne servira de lieu de tournage à cause de l’environnement aride.

[...]


[1] Pour une poignée de dollars (1964), ainsi que Et pour quelques dollars de plus (1965) sont les deux autres films appartenant à la trilogie du Dollar.

[2] Comme Patrick Brion l’a affirmé lors de la conférence « Heroic Journeys. Le cinéma des péripéties exotiques », qui a eu lieu le 26 mars 2012 à la Cinémathèque de la ville de Luxembourg.

[3] Cf. Pinel, Vincent, Genres et mouvements au cinéma. Paris 2009, p. 226.

[4] Cf. Buscombe, Edward, Der Western. Dans : Nowell-Smith, Geoffrey, Geschichte des internationalen Films. Stuttgart / Weimar 2008, p. 261.

[5] Cf. Bordwell, David / Thompson, Kristin, Film Art. An Introduction. New York 20088, p. 328.

[6] Cf. Buscombe, Western (ci-dessus n. 4), p. 260.

[7] Cf. Hughes, Howard, Spaghetti Westerns. Harpenden 2011, p. 11.

[8] Cf. Smith, Ian Haydn, Le western spaghetti. Dans : Kemp, Philip (dir.), Tout sur le cinéma. Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques. Paris 2011, p. 310.

[9] Cf. Hughes, Spaghetti Westerns (ci-dessus n. 7), p. 12.

[10] Cf. Moine, Raphaëlle, Les genres du cinéma. Paris 2008, p. 165.

[11] Cf. Smith, Le western spaghetti (ci-dessus n. 8), p. 310.

[12] Dans la littérature consultée, je n’ai trouvé aucune indication quand le terme « western spaghetti » était né, voire quand (et où) il avait été mentionné pour la première fois. Mais puisqu’il s’agissait au début d’un terme péjoratif, utilisé par les critiques (anglophones), je suppose qu’il est apparu au moment où les westerns spaghettis sont devenus plus connus.

Fin de l'extrait de 18 pages

Résumé des informations

Titre
"Le bon, la brute et le truand" et le western spaghetti
Université
University of Luxembourg
Note
17/20
Auteur
Année
2012
Pages
18
N° de catalogue
V205268
ISBN (ebook)
9783656323068
ISBN (Livre)
9783656325178
Taille d'un fichier
542 KB
Langue
Français
Citation du texte
Fabio Spirinelli (Auteur), 2012, "Le bon, la brute et le truand" et le western spaghetti, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/205268

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