Straparola, Basile, Perrault - Similitudes et différences entre trois des plus grands conteurs de contes de fée européens


Dossier / Travail de Séminaire, 2013
30 Pages, Note: 1,0

Extrait

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

1. IDENTIFICATION DU THEME
1.1. Les auteurs, leurs œuvres les plus importantes
1.1.1. Giovanni Francesco Straparola
1.1.2. Giambattista Basile
1.1.3. Charles Perrault
1.2.. .. et leurs époques
1.2.1. Renaissance
1.2.2. Baroque

2. TROIS AUTEURS - TROIS CONTES DIFFERENTS
2.1. Contenu
2.1.1. Straparola
2.1.2. Basile
2.1.3. Perrault
2.2. Les moralités
2.2.1. Straparola
2.2.2. Basile
2.2.3. Perrault
2.3. Forme et structure
2.2.1. Straparola
2.2.2. Basile
2.2.3. Perrault

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

Introduction

Si l’on faisait une enquête dans les rues de n’importe quelle ville allemande et que l’on demandait au gens qui, selon eux, sont les auteurs de contes les plus importants, on re­cevrait probablement toujours la même réponse : les frères Grimm. En Allemagne, mais aussi à l’étranger (à l’exception de la France peut-être), ils sont tellement connus que parfois, on oublie qu’avant les frères Grimm, il y a eu d’autres auteurs avec une portée similaire et que ce sont surtout eux les « pères fondateurs du conte de fées moderne » - et moins les frères Grimm.

Le travail présent se penchera sur ces auteurs en en choisissant trois : Giovanni Frances­co Straparola, Giambattista Basile et Charles Perrault. On pourrait croire qu’au moins dans leurs pays d’origine, ils sont assez connus. Tant s’en faut ! En ce qui concerne les deux italiens un sondage parmi mes amis italiens a mis au jour qu’ils n’ont jamais en­tendu parler de Giovanni Francesco Straparola et que même son successeur, Giambattis­ta Basile, était quasi également inconnu. En demandant à mes amis français, j’ai remar­qué par contre que presque tous connaissaient Charles Perrault - à l’exception de quelques-uns.

Qui sont ces auteurs ? Quel rôle jouent-ils pour le développement du conte de fées mo­derne ? Et comment peut-on les comparer ? Les chapitres suivants essayeront de donner une réponse à ces questions en analysant leurs vies, mais surtout leurs contes. Pour pou­voir les comparer dans les faits, un conte qui se trouve chez tous les trois a été choisi : « Le Maître chat ou le Chat botté », qui s’appelle « Costantino Fortunato » chez Strapa­rola et « Cagliuso » chez Basile.

Le travail présent commence avec un classement du thème dans lequel les trois auteurs, mais aussi leurs œuvres les plus importantes et les époques dans lesquelles ils vivaient sont présentés. Le deuxième chapitre, quant à lui, est dédié à l’analyse de leurs contes. Partant de l’exemple décrit plus haut, les similitudes et différences entre Straparola, Basile et Perrault sont élaborées - de la perspective du contenu, des moralités, mais aus­si de celle de la structure. Une conclusion à la fin de ce travail résumera les connais­sances auxquelles ce mémoire est arrivé. Le travail se conclut sur un caractère prémoni­toire sur d’autres aspects.

1. Identification du thème

Pour mieux comprendre le contexte historique des histoires, mais aussi pour avoir une idée des auteurs, de leurs vies et ce qui les a influencés, le chapitre présent va d’abord analyser les bibliographies des trois auteurs, leurs styles, mais aussi les contraintes aux­quels ils étaient exposés pour ensuite se pencher sur les époques dans lesquelles les trois version différentes du conte analysé dans ce travail se sont développés.

1.1. Les auteurs, leurs œuvres les plus importantes...

1.1.1. Giovanni Francesco Straparola

On sait très peu de choses sur la vie de Giovanni Francesco Straparola. L’une des raisons de notre manque d’informations, c’est le fait que « Straparola » (ce qui veut dire « babillard ») est un surnom. Né à Caravage (province de Bergame) vers 1480, il se rend à Venise pour chercher du travail. Vers 1558, il meurt dans la ville des lagunes.[1] Alors que sa vie reste plutôt inconnue, ses récits sont la base de beaucoup de contes européens que l’on connaît aujourd’hui. En effet, Straparola est un des premiers qui mettent par écrit les contes modernes. On lisant ses histoires, on reconnaît que Straparola était très marqué par la littérature de l’époque (par exemple le Décaméron de Boccace et le Canzoniere de Pétrarque). Outre ces deux auteurs italiens, il a été influencé par de nombreuses autres sources comme la Bible, mais aussi par des contes orientaux. Dans ses œuvres, Straparola combine les histoires urbaines, c’est-à-dire des histoires avec des protagonistes plutôt simples et des sujets assez banals, avec les histoires de la cour où c’est la magie quijoue un rôle principal. La cour étant l’endroit le plus important à son époque, ses histoires servent à satisfaire les désirs des auditeurs et lecteurs courtois sans pourtant remettre en cause les normes et la morale de la société. Straparola aime la polarisation. D’un côté, il parle des vertus et de personnes qui consacrent leurs vies à Dieu. De l’autre, il décrit une sexualité libre et presque débridée. Ses histoires contiennent beaucoup de parallèles avec les contes modernes : Les personnages sont assez simples, le bonheur de l’un fait le malheur de l’autre, le mal est puni alors que le bien est récompensé et même le plus pauvre peut devenir riche.[2] Son œuvre la plus importante, les nuits facétieuses, date de 1551. Comme Boccace dans le Décaméron, il s’y sert d’un récit-cadre dans lequel 75 histoires sont enchâssées (dont 21 contes). Ces 75 histoires sont racontées par des dames et messieurs d’une société noble qui se trouve dans une villa à Murano (près de Venise) pour fêter le Carnaval. Chaque nuit, les noms des personnages présents à la fête sont tirés au sort dans un vase et les personnes ainsi choisies doivent divertir les autres avec une histoire. Pendant douze jours, ils racontent donc chaque nuit cinq histoires (et treize histoire la treizième nuit) avant de proposer une devinette qui doit être résolue.

1.1.2. Giambattista Basile

Alors que la vie de Giovanni Francesco Straparola reste plutôt inconnue, nous avons plus d’informations sur celle de son compatriote Giambattista Basile. Né en 1575 à Naples (peut-être aussi près de Naples, à Posipillo), il quitte sa patrie à l’âge de 25 ans pour rechercher le bonheur. En 1603, il s’engage dans l’armée vénitienne qui le met en place en Crète. C’est sur cette île grecque qu’il écrit ses premiers poèmes. En 1608, il rentre à Naples. Pendant qu’il occupe différents postes à des cours excentrées, il commence à se faire une bonne réputation en tant que poète et publie différentes œuvres, y compris des poèmes, des drames et des madrigaux (de petits poèmes chantés). En 1612, il quitte Naples de nouveau pour aller rejoindre sa sœur Adriana à la cour de Gonzaga à Mantoue, où il publie ses Œuvres Poétiques en 1613. Le même an, il rentre à Naples et adhère à l’Académie des Oziosi. En tant que membre de cette académie, il publie la poésie de Pietro Bembo, Giovanni della Casa et Galeazzo di Tarsia, mais aussi des œuvres plus légères et divertissantes. Sous le pseudonyme « Giovanni Alessio Abbattutis », il écrit Le conte des contes, une collection de contes, en napolitain. En 1632, il décède àNaples.[3]

Comme son compatriote, Basile était également marqué par Boccace, mais aussi par Esope et le recueil de contes Les Milles et Une Nuits qui ont inspiré beaucoup de ses histoires. En plus, Straparola lui-même a laissé son empreinte chez lui. Comme chez ce dernier, Basile polarise ses contes en opposant la vertu ou bien la religion et la sexualité. Issu de la même époque, il s’adresse aussi au même public que con compatriote : la cour et la noblesse en général. Comme Straparola, il évite de se prononcer de manière trop critique sur la société dont il ne remet pas en question les normes et la morale. Il préfère se moquer des souverains de manière plutôt subtile, souvent en se servant de jeux de mots, d’un comique de situation et d’ironie. Aujourd’hui, Giambattista Basile est connu comme le « grand-père du conte européen ». Il a influencé son développement de manière décisive. Déjà chez Basile, le conte a toujours la même structure : il se pose un problème qui doit être résolu, les personnages ne sont pas seulement des rois et paysans, mais aussi des sorciers et ainsi, la magie joue un rôle principal. Il y a pourtant aussi des différences : la grossièreté sexuelle, la logique insuffisante du développement du récit et ainsi aussi le manque de vraisemblance sont des aspects qui ne figurent pas dans les contes du I8ième et I9ième siècle.[4]

Basile rédige son œuvre la plus importante entre 1634 et 1636. Inspiré par le Décaméron de Boccace, il écrit le Pentamerone (ou Le conte des contes). Comme chez Boccace, on y trouve un récit-cadre. Ce récit-cadre parle du roi de Vallée Velue dont la fille, Zoza, n’a jamais ri de toute sa vie. Pour la faire rire, le roi installe une fontaine d’huile près de sa porte. Il espère que sa fille, en voyant les gents glisser sur l’huile, rira enfin. Un jour, une vielle femme essaye de prendre de l’huile, mais un jeune garçon lance un caillou qui détruit la cruche de la vieille femme. Celle-ci se met en colère ce qui, en revanche, fait rire Zoza. Alors, la femme devient encore plus furieuse et jure contre la fille : Zoza ne pourra se marier qu’avec Tadeo, le prince de Ronde Prairie, qui dort dans une tombe à cause d’une malédiction d’une fée. Pour le réveiller, elle doit remplir une cruche de larmes en l’espace de seulement trois jours. En cherchant le prince, elle rencontre quatre fées. Ces fées lui donnent une noix, une châtaigne et une noisette. Après sept ans, elle trouve finalement la tombe du prince et à côté le vaisseau, et quand elle l’a presque rempli, elle s’endort. Cependant, pendant qu’elle dort, une esclave vole le vaisseau, finit de le remplir et ainsi se marie avec le prince. Quelque temps plus tard, Zoza retrouve le prince avec son épouse. A sa cour, Zoza ouvre finalement les fruits des fées. Ainsi, un nain chanteur sort de la noix, une poule et des poussins d’or de la châtaigne et une poupée de la noisette. La reine demande à Zoza ces objets et elle les lui donne. A cause de ces objets, la reine ressent une grande envie d’écouter des histoires. Son mari engage donc dix conteuses parmi lesquelles se trouve Zoza et chaque femme raconte cinq histoires (pas dix comme chez Boccace). Ainsi, le bluff de la reine est révélé, elle est condamnée à mort, et Zoza et le prince vivent heureux jusqu’à la fin de leursjours.

1.1.3. Charles Perrault

Charles Perrault est sûrement le plus connu des trois auteurs. Né en 1628 à Paris dans une famille bourgeoise, il commence à l’âge de 20 ans à se dédier à la littérature et écrit, avec son frère, une parodie burlesque de Virgile - un présage qui annonce déjà ce qui déterminera son opinion future. En même temps, il étudie le droit et en 1651, il obtient son diplôme dans cette matière. En 1654, il devient commis de son frère aîné Pierre, receveur général des Finances à Paris. De temps en temps, Perrault se dédie à la littéra­ture, cependant sans délivrer une œuvre complète. C’est à cette époque-là qu’il se lie avec le ministre Colbert et en 1662, il est nommé son conseiller et secrétaire personnel. Dans cette fonction, il est responsable des récompenses d’écrivains qui, en travaillant pour le roi, ont la tâche de faire rayonner le royaume français, mais aussi de la surveil­lance de la construction des palais royaux, du Louvre et du château de Versailles. En 1671, Perrault devient membre de l’Académie française, sa consécration officielle en tant qu’écrivain. Un an après, il se marie avec Marie Guidon, avec qui il aura trois fils et une fille. Cependant, en 1683, avec la mort de Colbert, il est licencié, probablement à l’instigation d’un ses ennemisjurés : Nicolas Boileau. C’est aussi à cause de cette hosti­lité que le 27 janvier 1687, Charles Perrault récite son poème Le siècle de Louis le Grand devant l’Académie française en déclenchant ce que l’on appelle la « Querelle des Anciens et Modernes ». Dans ce litige entre les « Anciens » (Boileau, La Fontaine, Ra­cine, Bossuet, La Bruyère), qui soulignent l’intangibilité des auteurs de l’Antiquité, et les « Modernes » (Père Bouhours, Fontenelle, Charpentier, Saint-Evremond, Quinault), qui se prononcent pour les auteurs de la modernité, Perrault prend parti pour les Mo­dernes, c’est-à-dire pour l’époque de Louis XIV. Avec son œuvre Parallèles des an­ciens et des modernes, il essaye de prouver la supériorité du siècle de Louis XIV par rapport à l’Antiquité dans toutes les sciences et arts à l’exception de la poésie et de la rhétorique. En 1691, Perrault écrit le conte La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis et le dédie à Elisabeth Charlotte d’Orléans, la nièce de Louis XIV. Les sou­haits ridicules et Peau d’Âne suivent en 1693 et 1694. En 1695 et en 1697, il publie ses deux œuvres les plus importantes : Les Contes en vers et les Contes en prose, qui mè­nent à un très grand succès. En 1703, il meurt à l’âge de 75 ans.[5]

[...]


[1] Cf. Magnanini, Suzanne: Fairy tale science: monstrous generation in the tales of Straparola and Basile, University of Toronto Press, 2008, p.17.

[2] Cf. Neuhaus, Stefan: Märchen, Tubingue, Narr Francke Attempto, 2005, pp. 53-55.

[3] Cf. Basile, Giambattista: Lo cunto de li cunti (Il pentamerone) di Giambattista Basile, Testo Conforme Alla Prima Stampa del MDCXXXIV-VI, Vol. 1, éd. par Benedetto Croce, Trani, Pei tipi de V. Vecchi, 1891, p.XI; Magnanini, Suzanne: Fairy tale science, op. cit., pp.17-18.

[4] Cf. Neuhaus, Stefan: Märchen, op. cit., pp. 56-63.

[5] Cf. Tourette, Eric: Contes. 20 illustrations de Gustav Doré, Rosny-sous-Bois, Bréal, 2006, pp. 24-26; Holmes, Sally: The Complete Fairy Tales of Charles Perrault. Eleven Classic Stories including Little Red Riding Hood, Cinderelle and the Sleeping Beauty, Clarion Books: New York, 1993, pp.125-126; Gisi, Lucas Marco: Einbildungskraft und Mythologie, Berlin: de Gruyter, 2007, p. 21; Méchoulan, Hen­ri/Cornette, Joël: L’Etat classique 1652-1715, Librairie Philosophique J. Vrin, 1996, p. 473.

Fin de l'extrait de 30 pages

Résumé des informations

Titre
Straparola, Basile, Perrault - Similitudes et différences entre trois des plus grands conteurs de contes de fée européens
Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Cours
Charles Perrault et les autres
Note
1,0
Auteur
Année
2013
Pages
30
N° de catalogue
V211402
ISBN (ebook)
9783656395430
ISBN (Livre)
9783656395867
Taille d'un fichier
550 KB
Langue
Français
mots-clé
Charles Perrault;, Giovanni Francesco Straparola, Giambattista Basile, conte de fée
Citation du texte
Simon Rietberg (Auteur), 2013, Straparola, Basile, Perrault - Similitudes et différences entre trois des plus grands conteurs de contes de fée européens, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/211402

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