Lorsqu’il est question des harkis , ils sont souvent désignés comme les « oubliés de l’histoire » , mais « [e]n effet, « oubli » n’est pas le mot. C’est d’une véritable chape de silence que la France et l’Algérie ont recouvert les harkis. » Ces dernières années, la « chape de silence » qui couvrait cette partie de l’histoire commune de la France et de l’Algérie s’est peu à peu levée, grâce avant tout à la prise de parole des enfants de harkis.
L’analyse ci-présente se concentrera sur les événements d’après la guerre d’Algérie, c’est-à-dire l’histoire des harkis en France, en examinant les conditions de leur rapatriement après le cessez-le-feu en mars 1962 et leur accueil dans les centres dits «de transit », « de regroupement » ou encore « d’hébergement » en France : « La fin de la guerre d’Algérie constitue le prélude du passage dans des espaces de ségrégations- le plus souvent sous la forme des camps- d’une grande majorité de familles d’anciens supplétifs, selon un laps de temps plus ou moins long. »
Tout d’abord, il sera question de retracer les grandes lignes de la politique de la France vis-à-vis de ses anciens supplétifs et leurs familles suite à la guerre d’Algérie pour ensuite présenter le fonctionnement et l’organisation d’un de ces camps, celui de Rivesaltes qui représente un « élément identitaire » dans la mémoire collective des harkis: « Rivesaltes [...] Mille tentes de campagne où se retrouvaient à chaque crépuscule, serrées les unes contre les autres pour se préserver du froid, les plus anonymes, victimes d’une tragédie dont il ne faut plus parler, celle des harkis et de leurs familles, ces orphelins d’Évian. »
Dernièrement, des témoignages de harkis serviront à compléter le travail en l’enrichissant de détails concernant les conditions de vie des harkis dans le camp de Rivesaltes qui ne se trouvent pas dans les livres d’histoire.
Table des matières
1) Introduction
2) Le rapatriement des harkis
2.1) Politique d’abandon
2.2) L’accueil en France - politique d’enfermement
3) Le camp de Rivesaltes - un « immense champ d’indifférence et de mépris »
3.1) L’organisation du camp
3.2) La vie dans le camp – Témoignages
3.3) La fin du camp
4) Conclusion
5) Annexes: Carte géographique
Photographies du camp
Objectifs et thématiques
Cette étude analyse le sort des harkis après la guerre d'Algérie, en se concentrant sur les conditions de leur rapatriement et leur accueil dans les camps français, avec une attention particulière portée au camp de Rivesaltes. L'objectif est de mettre en lumière la politique d'abandon et d'enfermement mise en œuvre par les autorités françaises à travers une perspective historique et testimoniale.
- La politique française de rapatriement des anciens supplétifs.
- L'organisation structurelle et militaire du camp de Rivesaltes.
- Les conditions de vie précaires et l'isolement social des familles harkies.
- Le rôle de la parole des harkis et de leurs descendants dans la construction de la mémoire.
- La confrontation entre les discours officiels et la réalité vécue.
Auszug aus dem Buch
3.1) L’organisation du camp
Le camp de Rivesaltes, divisé en dix villages d’environ 1000 habitants chacun, était organisé et dépendait du militaire, ce qui se réflétait aussi dans le mode de vie s’imposant aux harkis :
« Les familles d’anciens supplétifs sont [...] astreintes à une vie militaire l’environnement s’y prêtant d’ailleurs déjà (encadrement par les compagnies de camp, barbelés, miradors)- tant pour éviter des incidents avec les militants du FLN que pour calmer les craintes des villageois des alentours devant cette masse de réfugiés dont la présence est souvent contestée. »
Plusieurs auteurs expliquent ce mode de vie militaire par rapport au passé colonial de l’Algérie, de sorte que les autorités responsables, comme il n’y avait aucun plan précis pour l’accueil des harkis, ont reproduit des structures connues pour réagir à la masse d’anciens supplétifs arrivant en métropole :
« Isolement, protection, contrôle : ces différents aspects rappellent directement la politique de regroupement des populations pendant la guerre d’Algérie. [...] l’organisation du temps, de l’espace et des hommes s’inscrit dans la continuité directe de pratiques et de représentations forgées au fil de l’histoire coloniale. »
Résumé des chapitres
1) Introduction: Présente le sujet des harkis, longtemps oubliés, et définit l'approche analytique axée sur leur histoire en France après 1962.
2) Le rapatriement des harkis: Examine la politique d'abandon française et les structures d'accueil initiales mises en place pour les rapatriés.
3) Le camp de Rivesaltes - un « immense champ d’indifférence et de mépris »: Analyse en profondeur l'histoire, l'organisation militaire et le quotidien des familles dans ce lieu symbolique.
4) Conclusion: Synthétise les échecs de la politique d'intégration et les blessures durables infligées aux harkis par leur enfermement.
5) Annexes: Carte géographique: Fournit des données visuelles sur les lieux de transit et les conditions matérielles du camp.
Mots-clés
Harkis, Rivesaltes, guerre d’Algérie, rapatriement, camp d'enfermement, mémoire collective, supplétifs, politique d'abandon, intégration, histoire coloniale, traumatisme, vie sociale, témoignages, exclusion, identité.
Questions fréquemment posées
Quel est le sujet principal de ce travail ?
L'ouvrage traite de l'histoire des harkis après la guerre d'Algérie, en se concentrant sur les conditions de leur arrivée en France et leur vie dans les camps d'accueil.
Quelles sont les thématiques centrales abordées ?
Les thèmes principaux incluent la politique française de "non-accueil", l'organisation militaire des camps, l'impact psychologique de l'enfermement et la place des harkis dans la mémoire collective.
Quel est le but de cette recherche ?
L'objectif est de démontrer comment, en l'absence de plan concret, la France a reproduit des structures coloniales d'enfermement qui ont marginalisé les harkis.
Quelle méthodologie est employée ?
L'auteur combine une analyse des sources documentaires officielles avec une exploitation qualitative de témoignages personnels pour reconstruire la réalité vécue dans les camps.
Qu'est-ce qui est traité dans le corps de texte ?
Le corps du texte détaille le fonctionnement administratif du camp de Rivesaltes, les difficultés climatiques et sociales rencontrées par les familles, et le processus de fin de vie du camp.
Quels mots-clés caractérisent le mieux ce travail ?
Les termes essentiels sont : Harkis, Rivesaltes, enfermement, politique d'abandon, mémoire et intégration.
Pourquoi le camp de Rivesaltes est-il considéré comme un « monde ambigu » ?
Il est ambigu car, tout en étant un lieu de refuge après les massacres, il a été géré comme un camp militaire sous haute surveillance, privant les harkis de leur liberté et de leurs droits fondamentaux.
Quel rôle ont joué les témoignages dans cette étude ?
Les témoignages servent à combler les lacunes des documents historiques officiels en apportant une perspective humaine, émotionnelle et factuelle sur les conditions de vie quotidiennes dans le camp.
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- Anonym (Author), 2010, Rivesaltes. Un camp de harkis, un monde ambigu, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/229838