"Das siebte Kreuz": Une lecture de film


Essai, 2012
14 Pages, Note: 16

Extrait

Table des matières

Introduction

1. Synopsis
a) Description du scénario
b) Recontextualisation

2. Analyse plastique
a) De l'importance de la narration et de la musique
b) De la subtilité des cadres, plans et montages

3. Interprétation
a) Problème posé par le film
b) Impressions personnelles

Conclusion

Bibliographie

Webographie

Introduction

Si la littérature de l'exil tire ses idées de l'actualité brûlante pour dénoncer des abus de pouvoir, revendiquer des droits ou mobiliser une population, en tout cas composer malgré tout dans le pays d'accueil, le cinéma puise son inspiration dans cette même littérature et porte à l'écran des succès littéraires pour soutenir la démarche d'un auteur exilé, parfois simplement pour donner une autre dimension à un chef-d'œuvre.

Le film The Seventh Cross est l'adaptation cinématographique du roman du même nom de l'écrivaine allemande Anna Seghers. C'est un drame américain réalisé par Fred Zinnemann et sorti en juillet 1944. Spencer Tracy tient le premier rôle, celui de Georges Heisler. Parmi les acteurs les plus connus membres du casting, on compte : Hume Cronyn, qui a d'ailleurs reçu l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle ; sa femme Jessica Tandy (c'est le premier film qu'ils tournent ensemble) ; Signe Hasso, etc. La version originale du film est en anglais.

Cette étude est une lecture de film. Il ne s'agit en rien d'une comparaison avec le roman, c'est une analyse approfondie qui vise à mettre en évidence l'intérêt du film. Avant d'aborder l'analyse plastique formelle, il convient de présenter le scénario et de situer le contexte historique, politique et social pour enfin exprimer les intentions du réalisateur, ce qu'il a voulu montrer.

1. Synopsis

a) Description du scénario

Il s’agit tout d’abord de donner la trame de l’histoire et de présenter brièvement les personnages principaux, de manière purement objective. On s’attachera ensuite à esquisser le tableau d’une époque, celle du règne du national-socialisme, pour en fait resituer le film dans son contexte historique.

Automne 1936. Sept prisonniers s’échappent du camp de concentration de Westhofen (près de Worms, en Rhénanie-Palatinat). Le groupe est composé de : Fuellgrabe (écrivain), Bellani (artiste de cirque), Pelzer (maître d'école), Aldinger (fermier), Beutler (épicier juif), Georges et Wallau (activistes politiques). Wallau est le leader du groupe, mentor de Georges.

Terriblement furieux de cet acte de résistance, le commandant du camp, Overkamp, jure de retrouver ces sept prisonniers en sept jours tout au plus, et il fait ériger sept croix destinées à les accueillir. Lors de la fuite et avant de se séparer, Wallau et Georges conviennent de se retrouver à Mayence dans la maison de l’ami de Wallau, Rudolf Schenk, au 46 Morgenstraβe. Seulement voilà, Wallau se fait prendre en premier. Il est interrogé par le commandant du camp, mais même sous la torture, il ne dévoile rien de l’intention de ses camarades. Il est finalement attaché à un crucifix improvisé, en attendant la mort. C’est à ce moment là qu’Overkamp déclare que les six autres évadés connaitront le même sort que Wallau. Lorsque celui-ci meurt, son esprit s'échappe hors de son corps et voit Georges en qui il a une totale confiance.

En route pour Mayence, Georges entre dans un village fermier. Il se blesse à la main en escaladant un mur sur lequel avaient été posés des débris de verre. Il vole un manteau trouvé dans un abri pour dissimuler son habit de prisonnier et passer « inaperçu ». Surpris par l’agitation soudaine de la police, il trouve à se cacher derrière un tas de bois. À la place, la police met la main sur Pelzer, qui deviendra la deuxième victime d’Overkamp.

Georges arrive à Mayence le jour suivant, exténué et affamé, incapable de continuer son chemin jusqu'à la maison de Schenk, qui se trouve à l'autre bout de la ville. Il se repose alors un moment dans une église. Quelque part ailleurs, Franz Marnet, un vieil ami de Georges, qui vivait à Berlin jusqu'à récemment, se retrouve avec Leo Hermann, leader du mouvement de résistance local. Conscient de la détresse de Georges, Marnet sollicite Leo à lui obtenir de l'argent et un passeport, mais aucun des deux hommes ne sait comment contacter le fugitif. Georges, de son côté, est persuadé que tous ses amis et associés sont surveillés. Alors il décide d'aller voir Leni, la femme avec laquelle il entretenait une relation amoureuse encore avant son arrestation. Certes, la jeune femme lui avait autrefois promis de l'attendre le temps qu'il faudrait, mais elle s'est mariée entre- temps et refuse de l'aider en aucune façon. Elle menace même de le dénoncer s'il ne s'en va pas hors de chez elle. Découragé, Georges erre dans la rue quand soudain il aperçoit sur les toits des maisons Bellani qui tente d'échapper à la police. Comme Georges, la foule observe la scène d'en-bas. Bellani se fait tirer dessus, puis il est acculé et finit par se jeter dans le vide.

Georges quitte les lieux d'un pas chancelant, et tombe sur le magasin de costumes de théâtre de Mme Marelli. Ce nom lui dit quelque chose. Il entre. Se rappelant que Bellani avait prévu d'acheter des vêtements à Mme Marelli, Georges explique que l'acrobate ne viendra pas, c'est lui qui l'envoie récupérer le costume pour lui. Sentant le mensonge et imaginant la situation dans laquelle se trouve Georges, Mme Marelli ne lui donne pas seulement les habits, elle lui glisse en plus un peu d'argent dans la poche de son manteau. Elle lui conseille également de passer chez le docteur, son voisin, pour qu'il jette un œil à sa blessure. Comme Mme Marelli, le docteur Loewenstein, juif, déduit du comportement de Georges la situation critique dans laquelle il se trouve, mais lui, se contente de s'occuper de la main sérieusement infectée.

Georges s'aperçoit ensuite qu'Overkamp a fait imprimer sa photo dans le journal. Quand finalement il arrive à l'appartement de Schenk, il apprend d'un voisin que celui-ci a été arrêté par la Gestapo la veille.

Complètement désemparé, Georges retourne à la rue. Il est suivi dans une cour intérieure par un homme en costume qui se révèle être Fuellgrabe. Après lui avoir annoncé qu'ils étaient les deux seuls rescapés parmi les évadés, Fuellgrabe déclare à Georges qu'il est sur le point de se rendre et suggère que Georges fasse de même. Georges refuse de laisser tomber, alors que la police diffuse par un système de haut-parleurs une offre qui consiste à remettre une récompense de 5000 Marks à celui ou celle qui trouvera le fugitif. La police doit la description physique de Georges à la voisine de Schenk, qui l'a croisé sur le palier.

Il se rend alors chez Paul Roeder, le seul ami qu'il connaisse sans orientation antigouvernementale. Ne sachant pas que Georges est en fuite, Paul, un ouvrier d'usine, et sa femme Liessel, l'accueillent dans leur maison. Paul, si naïf soit-il, finit par se rendre compte que Georges a des problèmes et il insiste pour que son invité reste coucher.

Le lendemain matin, Paul se rend chez Bruno Sauer, un architecte qui avait promis autrefois de venir en aide à Georges s'il était jamais dans le besoin. Mais Bruno Sauer refuse d'écouter Paul, il ne sait même pas qui est cette personne qui demande à lui parler de si bonne heure, ni comment il s'appelle, et ne connait pas non plus le lieu exact où se trouve Georges en ce moment. C'est donc un Sauer contraint et forcé, traité de lâche par sa propre femme, qui rend visite à Marnet et Leo, et leur parle de la venue de Paul chez lui. À partir de la description que fait Sauer, Marnet déduit qu'il s'agit de Paul et part se renseigner sur son adresse dans un marché local. Avant que Marnet n'arrive chez les Roeders, Liessel dit à son mari et à Georges qu'un étranger s'est renseigné à leur sujet lorsqu'elle était au marché. Marnet a aussi assuré le passage de Georges en Hollande sur le bateau Wilhelmine pour la nuit prochaine.

Persuadé que la police est à ses trousses, Georges insiste pour quitter les Roeders. Paul le conduit dans une auberge où Fiedler, un collègue de Paul qui est aussi une personne de confiance, a pu réserver une chambre. Quand Fiedler dit qu'il a peut être aperçu Marnet avec leur ami commun Wilhelm Reinhardt, Paul se propose de descendre chez Reinhardt le lendemain matin et de se renseigner, mais de façon discrète, sur Marnet, qui, il l’espère, pourra aider Georges. Seulement, quand Paul quitte la maison le lendemain pour aller travailler, il se fait arrêter par la Gestapo. Alors que Marnet, témoin de l’arrestation de Paul, annonce à Leo qu’il va « craquer », Paul est libéré le soir même, en n’ayant rien révélé. Paul se rend ensuite chez Reinhardt et y trouve, non sans joie, Marnet. Plus tard, à l’auberge, Georges reçoit un passeport et des instructions du propriétaire de l'épicerie fine, Poldi Schlamm, un combattant volontaire de la résistance envoyé par Marnet.

Georges est ensuite mis en garde par Toni, une femme de chambre sympathique dont il est tombé amoureux : la Gestapo se trouve en ce moment dans l’auberge. Toni cache Georges dans sa chambre jusqu’à ce que la Gestapo quitte les lieux. Et alors qu’il attend de pouvoir partir, à l'étranger cette fois, elle lui avoue l’amour qu’elle éprouve pour lui. Bien qu’il insiste en lui disant qu’il reviendra la voir un jour, Toni sait qu’elle ne reverra jamais Georges. Quand elle lui demande ce qu’il prévoit de faire une fois arrivé en Hollande, Georges répond qu’il veut rendre la pareille à tous ceux qui lui sont venus en aide. En déclarant avoir enfin compris ce que Wallau, son mentor, essayait de lui enseigner sur la confiance « dans le cœur des Hommes », et en leur bonté, Georges donne à Toni un dernier baiser d’adieu et embarque sur le Wilhelmine pour la liberté.

b) Recontextualisation

Tâchons avant tout de resituer l'œuvre dans son contexte historique, par rapport à la date à laquelle l'histoire se passe (automne 1936), puis par rapport à l'époque du tournage du film (1943- 44). Nous nous appliquerons ensuite à faire le lien avec l'histoire du cinéma (sous le Troisième Reich) et parlerons, enfin, du livre Das siebte Kreuz, d'Anna Seghers, qui constitue la base de l'adaptation cinématographique The Seventh Cross.

L'histoire se déroule dans l'Allemagne nazie, en 1936. La parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) est au pouvoir depuis trois ans déjà. Le camp de Westhofen dont il est question dans le film (et dans le livre) désigne en réalité le camp de concentration de Osthofen en Rhénanie-Palatinat, qui n'a en fait fonctionné que de 1933 à 1934. Il faut aussi savoir qu'en 1936, les troupes allemandes occupent la zone démilitarisée de cette région de l'Allemagne alors qu'Hitler dénonce les Accords de Locarno.

Le film est entièrement tourné sur le « backlot » de Metro-Goldwyn-Mayer Inc. de novembre 1943 à mars 1944, alors qu'en Allemagne sévit encore la politique nazie en matière de propagande filmique pensée et supervisée par Josef Goebbels. Le Ministre du Reich à l'Education du peuple et à la Propagande jouit d'une influence grandissante, les apparitions et prises de parole de Hitler se faisant de plus en plus rares. Affolés par les premières défaites qui s'annoncent et conscients qu'il faut agir vite, ce sont quelques 14 000 membres du parti nazi qui boivent les paroles de Goebbels lors de son discours prononcé le 18 février 1943 au palais des sports de Berlin. C'est un appel à la guerre totale théorisée par Goebbels lui-même. On lui connait des talents d'orateur hors du commun et il sait s'en servir pour galvaniser le peuple allemand ; voici comment il termine son discours après avoir chauffé les foules avec une série de dix questions : « Et maintenant, Peuple, lève-toi ! Tempête, déchaîne-toi ! » („Nun, Volk, steh auf, und Sturm, brich los!“ ).

Nombreux sont les artistes qui se sont exilés, principalement aux Etats-Unis, avec l'espoir de pouvoir poursuivre une carrière décente à l'étranger. Fred Zinnemann, réalisateur juif d'origine autrichienne, part à Hollywood en octobre 1929 et travaille comme assistant réalisateur, puis comme réalisateur de courts-métrages. Autour de 1930, Anna Seghers s'exile elle aussi, elle se rend d'abord à Paris en passant par la Suisse, puis elle parvient à émigrer au Mexique, au départ de Marseille, en passant par la Martinique, New-York et Veracruz ; elle s'installe dans la ville de Mexico, où elle continue son combat dans la résistance contre le nazisme en fondant le club antifasciste Heinrich Heine (antifaschistischen Heinrich-Heine-Klub) et en le présidant. En collaboration avec Ludwig Renn, elle met en place un comité pour l'Allemagne libre (Bewegung Freies Deutschland) et édite le journal du même nom. Le roman La septi è me croix, probablement le plus connu avec Transit, paraît en 1942, en version anglaise aux États-Unis, en allemand à Mexico. L'adaptation du roman par Fred Zinnemann, qui a connu un franc succès autant que le livre, a contribué à faire connaître l'écrivaine allemande d'origine juive au niveau international. En République démocratique allemande, le roman représente l'exemple-type d'une œuvre du réalisme socialiste soviétique. Rappelons au passage qu'Anna Seghers, contrairement à Fred Zinnemann, était militante du parti communiste.

[...]

Fin de l'extrait de 14 pages

Résumé des informations

Titre
"Das siebte Kreuz": Une lecture de film
Université
Université Paul Cézanne Aix - Marseille III
Cours
Le cinéma allemand
Note
16
Auteur
Année
2012
Pages
14
N° de catalogue
V230592
ISBN (ebook)
9783656464938
ISBN (Livre)
9783656466901
Taille d'un fichier
431 KB
Langue
Français
mots-clé
kreuz
Citation du texte
Marie-Céline Lafage (Auteur), 2012, "Das siebte Kreuz": Une lecture de film, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/230592

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