This book is a conceptual history of the concept of "history" during early modern Europe. It is based on Reinhart Koselleck's conceptual history theory.
Table des matières
Première polysémie : l’historia magistra vitae
Deuxième polysémie : la fable
Troisième polysémie : L’histoire comme genre littéraire
Quatrième polysémie : la philosophie de l’histoire
Cinquième polysémie : La science de l’histoire
Objectifs et thématiques
Cette étude vise à retracer l'histoire conceptuelle du terme « histoire » dans l'Europe moderne, en analysant la multiplicité de ses significations et pratiques discursives. L'objectif est de dépasser une vision homogène et anachronique du concept, en démontrant comment il s'est articulé autour de cinq polysémies distinctes au fil du temps.
- L'analyse de l'Historia Magistra Vitae comme guide pour l'action et la morale.
- Le rôle de la fable dans la structuration du discours historique ancien.
- La transformation de l'histoire en genre littéraire au sein des belles-lettres.
- L'émergence de la philosophie de l'histoire comme catégorie ontologique.
- La transition vers une scientificité rigoureuse de l'histoire au XIXe siècle.
Auszug aus dem Buch
La polysémie : les analyses onomastique et sémantique
Or, qu’est-ce qu’un Begriff (un concept) ? Du côté de la sémiologie (mais aussi de la linguistique moderne), tout signe - tel qu’il fut définit par Ferdinand de Saussure dans son Cours de Linguistique Générale (1916) - est constitué par une association entre une image acoustique (signifiant) et un concept (signification) : « Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique »15.
Le langage fonctionne, pour Saussure, sur la base d’une sorte de « dictionnaire » déposé dans le « cerveau humain » qui permet de lier un signifiant (une image acoustique, c'est-à-dire, le son de n’importe quel mot prononcé) avec une signification (un concept). Par exemple, le signifiant « histoire » est immédiatement associé à un concept qui a été déposé dans notre cerveau par une collectivité sociale et qui nous permet d’identifier mentalement sa représentation. Or, cette conception cartésienne et binaire du signe fut rejetée au début du XXe siècle par le sémiologue et philosophe pragmatique américain Charles Sanders Peirce qui proposa une conception triadique du signe.
Résumé des chapitres
Première polysémie : l’historia magistra vitae : Ce chapitre examine comment l'histoire a été conçue comme une « maîtresse de vie » destinée à fournir des exemples moraux et des guides pour l'action politique.
Deuxième polysémie : la fable : Analyse de la relation entre l'histoire et la fable, soulignant comment cette dernière a été utilisée pour envelopper des vérités morales avant d'être progressivement rejetée au profit de l'histoire scientifique.
Troisième polysémie : L’histoire comme genre littéraire : Explore le rapprochement entre l'histoire et les belles-lettres au XVIIe siècle, avant que le développement de la littérature moderne n'entraîne une mutation du statut du récit historique.
Quatrième polysémie : la philosophie de l’histoire : Étudie l'émergence de la philosophie de l'histoire comme tentative de donner un sens rationnel et téléologique aux événements passés, dépassant la simple narration.
Cinquième polysémie : La science de l’histoire : Détaille la transformation de l'histoire en discipline scientifique au XIXe siècle, cherchant à appliquer des méthodes rigoureuses, similaires aux sciences naturelles, pour accéder à une « vérité » objective.
Mots-clés
Histoire conceptuelle, Begriffsgeschichte, Polysémie, Historia Magistra Vitae, Fable, Littérature, Philosophie de l'histoire, Science de l'histoire, Méthodologie, Historiographie, Anachronisme, Langage, Société, Reinhart Koselleck, Épistémologie.
Questions fréquemment posées
Quel est l'objectif fondamental de cet ouvrage ?
L'ouvrage cherche à décomposer le concept d'« histoire » en cinq pratiques discursives ou polysémies distinctes afin de fournir une compréhension du passé moins anachronique et mieux située historiquement.
Quels sont les principaux domaines thématiques abordés ?
Les thèmes principaux incluent l'évolution de la fonction morale de l'histoire, le rôle des fables, le lien entre littérature et histoire, l'émergence d'une philosophie historique téléologique et la constitution de l'histoire en science.
Quelle approche scientifique est privilégiée ici ?
L'auteur adopte la méthodologie de l'histoire conceptuelle (Begriffsgeschichte) développée notamment par Reinhart Koselleck, tout en l'adaptant aux spécificités de son objet d'étude.
Qu'entend l'auteur par « polysémie » dans ce contexte ?
Il désigne par polysémie la multiplicité de mots et de significations qui se superposent et se juxtaposent au sein d'un même concept, rendant impossible une définition homogène et fixe.
Comment la notion de « vérité » a-t-elle évolué selon le texte ?
Le texte montre une transition d'une vérité morale et exemplaire (XVIIe siècle) vers une vérité philosophique et finalement une vérité objective, séculaire et scientifique (XIXe siècle).
Qu'est-ce que l'anachronisme dans cette recherche ?
L'auteur redéfinit l'anachronisme comme le risque d'appliquer des concepts du présent, eux-mêmes soumis à des significations changeantes, pour interpréter des discours du passé, soulignant la nécessité d'une critique des sources constante.
Pourquoi l'auteur s'attarde-t-il sur la fable au XVIIe siècle ?
La fable est cruciale car elle partageait avec l'histoire une finalité morale commune, illustrant la connivence entre le « beau » et le « vrai » avant que la distinction moderne entre fiction et réalité ne les sépare radicalement.
Quel est l'apport des auteurs comme Taine et Renan au chapitre sur la science ?
Ils représentent le basculement vers une histoire « scientifique » inspirée des sciences naturelles, cherchant à traiter l'histoire humaine comme un organisme avec ses propres lois, anatomie et physiologie.
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- Alejandro Cheirif Wolosky (Author), 2013, Le concept d'histoire dans l'Europe moderne, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/230898