Le genre romanesque de Marivaux à Echenoz: Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre


Exposé Écrit pour un Séminaire / Cours, 2003

16 Pages, Note: 1,3


Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. Résumé de l’histoire

3. Le paratexte
3.1 Les fonctions du titre
3.2 Les fonctions de la préface

4. Le texte
4.1 Les fonctions de l’incipit
4.2 Le narrateur
4.2.1 La situation narrative
4.2.2 La présentation narrative
4.3 Les portraits des personnages
4.4 Les fonctions de la description

5. Conclusion

Bibliographie

1. Introduction

Le genre romanesque n’est pas un genre à proprement dit « pur », parce qu’il y a beaucoup de différentes sortes de romans. Ç’est une des raisons pour laquelle il a été soumis à un développement intensif jusqu’à nos jours concernant sa forme, ses caractéristiques et la technique qu’il utilise : il n’existe pas de règles strictes et fixes comme il y en avait pour la tragédie ou la poésie et n’en a jamais existé depuis la première apparition du roman à la fin du 17e siècle. Depuis, les romanciers tendent à utiliser les techniques typiques de l’époque pendant laquelle ils ont vécu et écrits. Pour cette raison, pour étudier le roman dans son genre au fil des siècles il est inévitable de comparer ces éléments que tous les romans ont en commun.

Un roman peut être divisé en texte et paratexte. Les éléments du paratexte sont, par exemple, titre, préface ou postface, texte du rabat etc. Ces éléments se trouvent autour du texte principal et, en conséquence, n’en font pas partie. Il est évident que ces éléments qui constituent le paratexte ne peuvent pas être négligés si le but d’un travail est une analyse complète d’un roman. Les autres critères de l’analyse dont fait l’objet, dans ce travail, le roman Paul et Virginie renvoient directement au texte principal : l’incipit, la description, les personnages et le statut du narrateur. Cette approche d’analyse d’un roman s’intéresse moins à l’intrigue en elle-même qu’aux éléments techniques.

Ce travail constitue l’essai d’une analyse des éléments mentionnés plus haut du roman Paul et Virginie, de Bernardin de Saint-Pierre : Ce roman, qui, comme on le verra en conclusion, peut être vu comme représentant de son époque, la fin du 18e siècle a été publié en 1788 comme 4e volume de l’œuvre « Études de la Nature ».

Pour rendre présente à l’esprit l’intrigue, ce travail présente au deuxième chapitre un bref résumé de l’intrigue. L’analyse du paratexte sera le sujet du troisième chapitre. Le paratexte prend une place importante en ce qui concerne la réception initiale d’un roman et pour cette raison suit directement le résumé. Il donne des premières indications sur la nature du texte et influence beaucoup le lecteur dans sa décision d’acheter un livre. Il joue un rôle majeur dans la formation d’un horizon d’attente chez le lecteur envers le roman. Le titre, ses fonctions et ce qu’il symbolise, sera d’abord au centre de l’attention. Puis les fonctions de la préface seront décrites. Les éléments de l’analyse sont ordonnés, dans le troisième chapitre, suivant l’ordre de la perception du paratexte par le lecteur : il lit le titre avant de lire la préface. Pour les mêmes raisons, le quatrième chapitre, qui s’occupe de l’analyse des éléments du texte principal, commencera avec une exploration des fonctions de l’incipit. L’importance des éléments, qui demeurent à être traités dans ce travail, détermine l’ordre de leur analyse. Le statut du narrateur et la présentation narrative sont des éléments essentiels d’un roman. Les différents types de narration sont caractéristiques de l’époque dans laquelle le roman a été écrit. Les portraits des personnages principaux et les fonctions de la description ne jouent qu’un rôle secondaire en ce qui concerne la description des traits caractéristiques d’une œuvre.

2. Résumé de l’histoire

L’histoire se situe à l’époque de Bernardin de Saint-Pierre. Il s’agit de l’histoire de deux femmes françaises, Mme de la Tour et Marguerite qui habitent l’île de France – l’actuelle île Maurice. Mme de la Tour vient d’une famille riche et ancienne. Elle a épousé un homme qui appartenait une classe sociale qui ne convenait pas à la famille de la Tour. Mme de la Tour étant repoussée à son tour, et elle et son mari partaient pour vivre ensemble dans l’océan Indien. Alors qu’elle est enceinte, son mari meurt. Marguerite, d’une famille moins renommée, fuit la France par honte : Elle s’est retrouvée enceinte d’un gentilhomme qui lui avait promis le mariage et qui l’a refusée après. Ces deux femmes se rencontrent sur cette île et décident de vivre ensemble, chacune dans sa maison, mais l’une à côté de l’autre.

Mme de la Tour met au monde une fille, Virginie, et Marguerite, un fils qui prend le nom Paul. Ces deux enfants grandissent ensemble et leurs mères ont convenu de leur mariage lorsqu’ils seront en âge de se marier. Mais les mères estiment nécessaire que Paul et Virginie aient une fortune ou un revenu leur assurant leur existence. Un jour, une tante de Mme de la Tour invite Virginie à venir chez elle en France pour lui donner une éducation mondaine et lui léguer sa fortune. Paul et Virginie sont accablés de douleur en face de cette séparation, mais Virginie obéit et part en France. Pendant les années de séparation, Paul est désespéré de la voir revenir, et Virginie rêve de retrouver la vie simple et heureuse de l’île de France. Le temps de son retour est venu. En arrivant devant la côte de l’île, le bateau qui ramène Virginie coule et Virginie meurt noyée. Peu de temps après, le chagrin tue aussi Paul et les deux femmes.

3. Le paratexte

3.1 Les fonctions du titre

Le titre joue un rôle majeur dans la réception initiale du roman. Gérard Genette souligne que le lecteur n’en est pas le seul destinataire, mais avec lui aussi toute la partie du public qui entre en contact avec le roman et qui fait circuler le titre[1]. C’est pourquoi le titre doit évoquer une certaine attitude et provoquer un certain horizon d’attente chez le lecteur potentiel en face du roman en question.

Le titre a plusieurs fonctions différentes en ce qui concerne les effets qu’il est sensé provoquer chez son destinataire. Les fonctions essentielles du titre Paul et Virginie sont celles d’identification, de description et de séduction.

Le titre Paul et Virginie a une fonction d’identification et de désignation. « Le titre […] est le nom du livre, et comme tel il sert à le nommer, c’est-à-dire à le désigner aussi précisément que possible et sans trop de risque de confusion »[2]. De fait, le titre Paul et Virginie n’a jusqu’à nos jours jamais désigné d’autre œuvre que celle de Bernardin de Saint-Pierre. Celle-ci peut être donc exactement identifiée par son titre.

En outre, « il y a des titres littéraux, qui désignent sans détour et sans figure le thème ou l’objet central de l’œuvre »[3]. Conséquemment, ils prennent des fonctions descriptives. C’est justement le cas avec le titre Paul et Virginie: L’histoire de la vie de Paul et Virginie est racontée et ces deux personnages jouent un rôle central dans l’intrigue du roman. Ce titre contient non seulement les noms des personnages principaux du roman. De plus, par la forme syntactique du titre, où deux prénoms sont liés par « et », le lecteur est à même de deviner la relation de ces personnages : Paul et Virginie peuvent être identifiés comme couple et il s’agit très vraisemblablement d’une histoire d’amour.

Indépendamment de ces fonctions évidentes et simples (celle de l’identification et celle de la description) le titre peut avoir une fonction dont les effets font appel plutôt au subconscient, des « effets secondaires qui peuvent indifféremment s’ajouter au caractère thématique […] de la description primaire »[4]. Selon Genette, c’est la valeur connotative du titre. Dans Paul et Virginie les prénoms utilisés dans le titre, ont valeur de symboles. Paul, comme tous les personnages du roman, mène une vie pleine d’humilité et de sous-mission à la volonté de Dieu. « Paul » évoque l’apôtre Paul, une des figures prépondérantes de la première chrétienté. Paul et Virginie reçoivent, dans le roman, une éducation religieuse et sont très croyants comme leurs mères. Le nom « Virginie » symbolise la pureté, la virginité, la vertu et la morale. De fait, Virginie est très vertueuse. Elle meurt vierge. Sa conception d’une vertu absolue culmine au moment où elle se trouve au seuil de la mort : elle refuse de se déshabiller pour sauver sa vie.

Ce titre révèle encore une troisième fonction, celle de « […] la séduction, incitatrice à l’achat et/ou à la lecture […] »[5]. Elle est sans doute liée très fortement à la fonction symbolique et à la fonction descriptive. Les symboles religieux du titre promettent au lecteur un roman pieux dans goût de l’époque. À ce goût répondaient également les histoires d’amour qui, au 18e siècle, étaient à la mode. Leur but était de distraire le public.

3.2 La préface

La préface, qui, comme mentionné plus haut, ne fait pas partie du texte principal d’un roman mais joue néanmoins un rôle important comme composante de son seuil. Dans la préface, l’auteur dresse souvent un contrat de lecture avec le lecteur. Une préface remplit une ou plusieurs fonctions dans la préparation du lecteur à la lecture et « les fonctions préfacielles diffèrent selon les types de préface. »[6]

Dans le cas de Paul et Virginie, il s’agit d’une préface auctorielle originale, que l’auteur a rédigée pour la première édition de l’oeuvre. Par sa préface, Bernardin de Saint-Pierre explique au lecteur les motifs de son intention d’écrire ce roman. Il s’y efforce de décrire un pays loin de l’Europe. Il dit bien savoir qu’il existe déjà d’autres descriptions de la mer du Sud, mais son désir à lui est « de réunir à la beauté de la nature, entre les tropiques, la beauté morale d’une petite société. »[7] Il assure le lecteur de l’originalité du fond traité dans le roman, c’est-à-dire que le lecteur ne risquera pas de lire quelque chose qu’il connaît déjà.

Dans sa préface, l’auteur essaie par ailleurs de persuader le lecteur de l’utilité sociale de son œuvre en disant qu’il avait l’intention de montrer que « notre bonheur consiste à vivre suivant la nature et la vertu. »[8] Bernardin de Saint-Pierre, connu comme ami de Jean-Jacques Rousseau, aime la nature et ne cache pas sa méfiance envers la civilisation ; dans ce roman, il s’efforce de dessiner l’image d’une société idéale pour indiquer au lecteur un moyen d’accéder au bonheur.

Pour y réussir, il est nécessaire que l’auteur convainque le lecteur de la véridicité de l’œuvre. Dans sa préface, il assure le lecteur que les personnages ont véritablement vécu, que leur histoire est vraie et que plusieurs habitants de l’île de France l’ont confirmée.

[...]


[1] Genette 1987, 73.

[2] Genette 1987, 76.

[3] Genette 1987, 78.

[4] Genette 1987, 85.

[5] Genette 1987, 87.

[6] Genette 1987, 182.

[7] Bernardin de Saint-Pierre 1836, 520.

[8] Bernardin de Saint-Pierre 1836, 520.

Fin de l'extrait de 16 pages

Résumé des informations

Titre
Le genre romanesque de Marivaux à Echenoz: Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre
Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Note
1,3
Auteur
Année
2003
Pages
16
N° de catalogue
V30663
ISBN (ebook)
9783638318679
ISBN (Livre)
9783638772037
Taille d'un fichier
562 KB
Langue
Français
mots-clé
Marivaux, Echenoz, Paul, Virginie, Bernardin, Saint-Pierre
Citation du texte
Antje Adams (Auteur), 2003, Le genre romanesque de Marivaux à Echenoz: Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/30663

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