L' influence du superstrat francique sur la phonologie et la morphosyntaxe de la langue gallo-romane

Ein Überblick zur Vorbereitung auf mündliche und schriftliche Prüfungen


Préparation aux examens, 1998
11 Pages
Angelika Felser (Auteur)

Extrait

Table des matières

1 La phonologie
1.1 Le h aspiré
1.2 Le w bilabial
1.3 La diphtongaison des voyelles en syllabe tonique et ouverte
1.4 La spirantisation des occlusives intervocalique sonorisées

2 La morpho-syntaxe

Literaturverzeichnis

Toutes les langues germaniques exercèrent une influence sur le gallo-roman, ce qui se manifeste surtout au niveau du lexique. Pourtant, ce n` est que le francique qui a laissé ses traces dans le domaine de la phonologie aussi bien que dans celui de la morpho -syntaxe. Ce fait même renvoie à une longue relation intense entre les locuteurs du gallo-roman et ceux parlant le francique.

1 La phonologie

Le superstrat franc enrichit le système phonétique du gallo-roman du Nord de deux nouvelles consonnes: d´ un côté le h dit aspiré, de l' autre le w bilabiale.

1.1 Le h aspiré

En français moderne, on distingue le h dit muet du h dit aspiré. Le h muet latin s´ amuit déjà en latin classique. La graphie <h> témoigne encore aujourd` hui de ce son ancien. Des mots tels que homme, en font preuve.

Un nouveau h apparaît dans le Nord de la Gallo-Romania dû au contact intense des Gallo-Romains avec les Francs. C` est en empruntant du lexique franc tel que honte, hardi, hêtre, haine que ce son initial [x] représenté par <h> fut introduit à la langue gallo-romane parlée dans la partie septentrionale de la Gaule. Cependant, au cours du 16 e/17e siècle, ce h d´ origine germanique s´ amuit, lui aussi, tout en perdant son statut de phonème qu` il avait en ancien français. Néanmoins, l` on peut noter l` articulation de ce son encore aujourd` hui dans quelques zones frontières (en Lorraine, en Wallonie et en partie à l` Ouest de la France). Contrairement au h muet, le h aspiré empêche jusqu` à nos jours l´ élision (le hareng <-> l` homme) aussi bien que la liaison (les / harengs <-> les [z] hommes).

La plupart des linguistes (parmi eux von Wartburg et Gamillscheg) attribuent le h aspiré au superstrat franc. Selon von Wartburg le français et le rhéto-roman sont les seules langues à avoir introduit le h aspiré dans leur système phonétique, thèse soutenue par la coïncidence géographique, car la population franque fut beaucoup plus dense dans le Nord de a partie septentrionale de la Galloromania que dans celle du Sud. Aussi, ce ne sont pas seulement les autres pays romans, où les mots germaniques avec h- ont-ils perdu leur initiale, mais aussi le Midi de la France: germ. helm > it. elmo, esp. elmo, prov. elm (mais: fr. heaume).

Pourtant, cette explication traditionnelle ne suffit pas pour éclairer les mots qui ne sont définitivement pas d` origine franque, mais latine, et qui comprennent quand - même le h. C`est ainsi que les linguistes proposent les deux solutions suivantes:

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

ad a) Selon cette théorie les mots en question sont le résultat de la contamination des mots latins avec les termes francs sémantiquement correspondants:

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On suppose que, par la suite, le h fut ajouté aux mots de la même famille (Hautain, hauteur, hausser = anc. fr. halcer). Greive (et puis Meier qui s` appuie sur ce dernier) rejette cette théorie en reprochant aux linguistes de se fonder sur des formes germaniques non - attestées. De même, il se demande pourquoi les mots romans de la Gallo-romania du Nord se sont-ils unit si souvent avec des termes francs avec h initial et non pas avec d` autres commençant par des consonnes autres que le h (voir le w bilabial, cité ci-dessous).

ad b) Cette théorie considère le h non étymologique comme élément onomatopéique ayant une fonction expressive. Ainsi, selon Rheinfelder le h p.ex. dans les formes hérisson ou bien hérisser < lat. ericius exprime une sorte de résistance, comparable au mouvement typique d´un hérisson de hérisser ses poils.

Comme les deux thèses citées ci-dessus ne sont pas convaincantes (faute de preuve ou de cohérence), Greive propose une troisième théorie selon laquelle le h fut introduit par le besoin éprouvé de la part du locuteur de marquer phonétiquement certaines limites entre les mots. Une réduction des moyens linguistiques (sous forme des hiatus, des élisions, des homophonies aussi bien que sous celle des mots monosyllabiques) signifierait également des messages raccourcis. Meier en conclut qu’il faut examiner de nouveau les mots commençant par h aspiré classés peut-être trop vite comme résultat d’une contamination ou bien comme phénomène onomatopéique (des mots tels que hanter, hoche, hardi, heurter, hâter, harpe, hanche).

1.2 Le w bilabial

En latin vulgaire le [w] bilabial se transforma en [v] labiodental. Par contre, à l’intérieur d`un lexème, le [w] maintint sa prononciation. Dans cette position, il était précédé de [g] (p.ex. lingua). Par conséquent, le gallo-roman ne connaissait pas ce son en position initiale tandis que pour les Francs, le w bilabial en position initiale n’était rien de nouveau. C’est aux Francs que l`on attribue ce remplacement du v initial latin par leur w bilabial en position initial (voir ci-dessous). Par la suite, la fricative bilabiale germanique w fut renforcées presque partout dans la Gallo-Romania en [gw] pour être finalement réduit à un [g] occlusif au 12 e siècle:

(francique) * wardon > (anc. fr. ) guarder > (fr. moderne) garder Le picard, le wallon et le lorrain, pourtant, ont conservé la prononciation germanique de [w]: warder (au lieu de garder), wasse (au lieu de guêpe, wêre (au lieu de guère).

De nombreux lexèmes, commençant par [g] avant [a], [e], [i] en français moderne, dont beaucoup de verbes, remontent à un étymon germanique: gagner, garer, garnir, guérir, guider.

Les mots francs empruntés par les Gallo-Romains se caractérisent alors par le développement [w] > [gw] > [g]. En ce qui concerne les mots latins avec h-, eux aussi, subirent cette même évolution mais non pas sans avoir substitué leur initiale par [w], ce qui les linguistes expliquent par un croisement de mots:

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Meier n`exclut pas tout à fait cette théorie, mais sa critique se dirige de nouveau (voir h aspiré) contre les linguistes recourant aux formes germaniques non attestées. De même, selon ce linguiste, la théorie en question pose des problèmes de coïncidence géographique puisque le changement de v > g(w) se produisit également en Italie, en Espagne et au Portugal:

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Meier est d’avis que le changement en question avait eu lieu déjà à l’époque latine et que l`on peut, en conséquence, exclure l’influence germanique. Il se prononce en faveur d`une explication résultant directement du système phonologique du latin: comme le système ne connaissait pas la combinaison consonantique [nv] (à l` exception de formes telles que invenire...), il la transforma em -mb ou en ng(u). D’après lui, les Gallo-Romains étaient habitués à la prononciation de ng(u), ce qui explique pourquoi cette combinaison vainquit celle de mb.

1.3 La diphtongaison des voyelles en syllabe tonique et ouverte

En générale, il faut distinguer deux phases de diphtongaison :

La première phase eu lieu entre le 3e et le 4e siècle et concerne les voyelles e et o se transformant en diphtongues montantes:

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Ce changement peut être observé dans toutes les langues romanes dans des circonstances tout à fait différentes. Au manque de coïncidence géographique s´ ajoute celui de coïncidence chronologique, étant donné que cette diphtongaison eu lieu trop tôt pour être considérée comme suite du superstrat franc.

La deuxième phase date du 6e siècle (coïncidence chronologique) et touche les voyelles e, o, a se transformant en diphtongues descendantes:

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Cette phase ne concerne que le Nord et le Nord-Est de la Gallo-Romania, ce qui parle en faveur d’une coïncidence géographique. En fait, selon von Wartburg ces évolutions sont dues au superstrat franc: Ayant eux-mêmes un système vocalique où les longues s´ opposent nettement aux brèves, les Francs prononçaient les voyelles latines soit plus longues soit plus brèves que les Gallo-Romains, tout en conservant leur accent expiratoire. Cette tendance peut, par conséquent, en effet avoir renforcé la tendance du latin vulgaire d`allonger les voyelles en syllabe ouverte `a partir du 5 e siècle, tendance favorisant des diphtongaisons. Delattre, pourtant, réfute l`explication de l’influence franque en disant que d`une part le germanique occidentale a toujours été rebelle à la diphtongaison des [e] et des [o] fermés et que d’autre part la diphtongaison de ces voyelles était déjà terminée au 7e siècle, bien avant la fusion des Francs et des Gallo-Romains.

[...]

Fin de l'extrait de 11 pages

Résumé des informations

Titre
L' influence du superstrat francique sur la phonologie et la morphosyntaxe de la langue gallo-romane
Sous-titre
Ein Überblick zur Vorbereitung auf mündliche und schriftliche Prüfungen
Université
University of Münster
Auteur
Année
1998
Pages
11
N° de catalogue
V335868
ISBN (ebook)
9783668259218
ISBN (Livre)
9783668259225
Taille d'un fichier
531 KB
Langue
Français
mots-clé
Superstrat
Citation du texte
Angelika Felser (Auteur), 1998, L' influence du superstrat francique sur la phonologie et la morphosyntaxe de la langue gallo-romane, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/335868

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