Dans cette thèse, la problématique est concentrée sur le concept d’individu entant qu’il est saisi et transformé dans le rapport politique, économie et société civile au XVII et début du XVIII siècle. Je pense ce rapport entre la politique, l’économie et la société civile chez Hobbes et Mandeville sur un triple plan : l’anthropologique, le politique et l’économique. L’étude anthropologique traite la situation de l’homme à l’état de nature chez chacun des deux auteurs, et les mécanismes qui l’en font sortir : le pacte social dans un cas (pour Hobbes), le jeu des affects dans l’autre (pour Mandeville). Il s’agit, de dépasser l’isolement de l’individu, soit par l’engagement juridique, soit par la division du travail. Le point commun des deux démarches est qu’elles vont à l’encontre de l’éthique traditionnelle, la première en supposant un état de guerre naturel entre les hommes, la seconde en montrant que ce que l’on qualifie usuellement de vices constitue en fait autant de vertus pour la construction et la préservation de la société civile.
Sur le plan politique, j'étudie la construction de cette société civile et son fonctionnement, à partir du niveau anthropologique. Chez Hobbes l’harmonie des intérêts, impossible à l’état de nature, est imposée de façon volontariste par le Souverain après le pacte ; chez Mandeville au contraire, cette harmonie est spontanée, produite par le simple entrecroisement des activités de chacun dans la poursuite de ses buts égoïstes.
L’étude économique est une recherche sur la façon dont la production, les besoins et les échanges, animent la société constituée et les règles que le gouvernement doit appliquer pour en assurer la prospérité. Cette étude montre, en outre, à quel point les présupposés anthropologiques, de chacun des deux penseurs, déterminent ses choix en matière d’économie. Elle détermine aussi la substructure métaphysique commune à Hobbes et à Mandeville, sous condition de la naissance de l’individualisme possessif dans le passage d’une société où le travail et le bonheur, sont commandés par la providence à une société déterminé par l’intérêt. Dans deux ordres économiques différents, une théorie, que j’appelle « économico-individualiste », est ainsi nécessaire pour expliquer, comprendre et déterminer d’une part l’artificialisme de Hobbes, d’autre part, le hasard et la spontanéité de Mandeville.
Table des matières
1 - Thomas Hobbes et Bernard Mandeville
1-1 Vie et œuvres
1-2 Pourquoi Hobbes et Mandeville ?
1-3 Références animales dans la constitution du savoir économico-politique
2 - Individualisme et collectivité chez Hobbes et Mandeville
1-1 Hobbes : individu, autorisation et artificialisme
2-2 Mandeville : individu intégration et automatisme
3 - Economie et société civile à l’âge moderne
3-1 Politique et économie
3-2 Economie et philosophie des sciences
4 - Méthode et problématique de la recherche
Chapitre I : Individualisme naturel
1- État de nature
1-1 Nature.
1-2 Homo Naturalis
1-3 Égalité apolitique et différences individuelles
1-4 Egoïsme
2 - Nature humaine
2-1 Théorie de l’être
2-2 Théorie des passions
Chapitre II : Nominalisme
1- Hobbes : individu naturel, signe et raison
2- Mandeville : parole, signe et passion
Chapitre III: Moralité et individualité
1- Hobbes : moralité de l’individualité
2-Mandeville : immoralité sociale et économie
Chapitre I: Individualisme social chez Hobbes
1-Individu social et société civile
2- individu économe et Etat
Chapitre II: Individualisme économico-social chez Mandeville
1-Individualisme social
2- Individualisme économico-social
Objectifs et thèmes de recherche
L'ouvrage a pour objectif d'analyser le rapport entre la politique, l'économie et la société civile chez Thomas Hobbes et Bernard Mandeville. Il cherche à déterminer comment Mandeville critique et corrige la philosophie hobbesienne pour proposer une théorie où l'individualisme n'est plus fondé sur la coercition, mais sur l'utilité et le jeu spontané des intérêts.
- La transition de l'état de nature à la société civile chez les deux auteurs.
- Le rôle de l'artificialisme chez Hobbes versus le spontanéisme chez Mandeville.
- L'analyse des passions comme moteur de l'organisation sociale et économique.
- La redéfinition du statut de l'individu, de l'individu naturel à l'homo oeconomicus.
- La critique de la moralité classique au profit d'une approche utilitariste des vices privés.
Auszug aus dem Buch
1- Thomas Hobbes et Bernard Mandeville
L’économie contemporaine revient à Thomas Hobbes, pourtant l’économie politique classique dès la fin du XVIIIe siècle, a tenté d’ignorer certains aspects de la philosophie Hobbesienne. Cependant, cet auteur était présent dans La Fable des abeilles de Bernard Mandeville. L’auteur de La Fable, héritant les principes directeurs de l’anthropologie Hobbesienne, pose à peu près dans des termes proches que Hobbes, les mêmes problèmes de l’état de nature et de la société civile. Dans Le Léviathan et La Fable, les deux auteurs marquent le moment du passage d’une société où le travail, le bonheur et le bien-être se justifiaient par la providence à une société où tout doit se justifier par l’intérêt. Notre tâche est de déterminer comment se fait ce passage, de montrer que dans sa Fable, Mandeville, repense, critique, et même corrige quelques aspects de la philosophie naturelle, politique et économique de Thomas Hobbes ; et présente, de la même façon que celui-ci, un individualisme spécifique : si l’individualisme hobbesien met l’accent sur la coercition, celui de Mandeville défend l’utilité de l’égoïsme.
En ce sens, les deux auteurs se séparent quant à la reconstruction qu’entreprend chacun d’eux de l’ordre social : Il est artificiel chez Hobbes, spontané chez Mandeville. Chez l’auteur du Léviathan, pour passer de l’individu à la société, il y a un intermédiaire : le contrat social. Chez l’auteur de La Fable, l’individu social se construit selon un mouvement d’autonomisation. Au sein de ces deux ordres différents, j’examine le statut que l’individu y occupe et je montre que les deux auteurs formulent leur « théorie économico-individualiste».
Résumé des chapitres
1 - Thomas Hobbes et Bernard Mandeville : Introduction aux auteurs et analyse du rôle des références animales dans la construction de leur pensée politique et économique.
2 - Individualisme et collectivité chez Hobbes et Mandeville : Étude de la transition de l'individualisme naturel vers des formes d'organisation sociale distinctes, juridiques pour Hobbes et automatiques pour Mandeville.
3 - Economie et société civile à l’âge moderne : Examen du rapport entre politique et économie depuis l'Antiquité, mettant en lumière le rôle des révolutions scientifiques dans la modernité.
Chapitre I : Individualisme naturel : Analyse de l'état de nature et de la nature humaine, en se concentrant sur la théorie de l'être et des passions.
Chapitre II : Nominalisme : Exploration de l'individu en tant qu'être de langage et de raison, selon Hobbes et Mandeville.
Chapitre III : Moralité et individualité : Comparaison entre la moralité hobbesienne de l'individualité et l'immoralité sociale prônée par Mandeville à travers l'utilité des vices.
Chapitre I : Individualisme social chez Hobbes : Étude de la société civile et de l'État sous le prisme de la représentation et du contrat social.
Chapitre II : Individualisme économico-social chez Mandeville : Analyse de l'ordre social comme résultat de l'éducation, de la dissimulation et de la division du travail.
Schlüsselwörter
Thomas Hobbes, Bernard Mandeville, Individualisme, Contrat social, État de nature, Passion, Bien public, Vices privés, Économie, Philosophie politique, Nominalisme, Souveraineté, Homo oeconomicus, Société civile, Utilitarisme.
Häufig gestellte Fragen
De quoi traite principalement cet ouvrage ?
Cette thèse examine le rapport entre la politique, l'économie et la société civile chez Thomas Hobbes et Bernard Mandeville, en mettant en contraste leurs conceptions de l'ordre social.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la transition de l'individualisme naturel au social, le passage de l'artifice hobbesien au spontanéisme mandevillien, et la transformation des passions individuelles en outils de prospérité économique.
Quel est l'objectif principal de la recherche ?
L'objectif est de montrer comment Mandeville a retravaillé l'anthropologie hobbesienne pour passer d'une vision centrée sur la coercition à une vision fondée sur l'utilité de l'égoïsme et l'harmonie des intérêts.
Quelle méthode scientifique est employée ?
L'auteure utilise une approche philosophique et historique, combinant l'analyse des textes fondateurs (Le Léviathan, La Fable des abeilles) avec une perspective d'histoire des idées économiques.
Que contient le corps principal de la thèse ?
Le corps traite de la nature humaine (passions, être), du nominalisme, de la moralité, et de la structure politique de l'État chez Hobbes, confrontés aux analyses de Mandeville sur l'ordre social et économique.
Quels sont les mots-clés définissant ce travail ?
Individualisme, souveraineté, contrat social, vices privés, bien public, homo oeconomicus, ordre spontané.
En quoi l'approche de Mandeville diffère-t-elle de celle de Hobbes sur l'origine de la société ?
Contrairement à Hobbes, qui voit dans la société une construction artificielle nécessitant un contrat rationnel, Mandeville perçoit la société comme un résultat spontané et automatique découlant des besoins et de la dissimulation des passions.
Quel rôle jouent les « vices privés » chez Mandeville ?
Mandeville soutient que les vices individuels, lorsqu'ils sont correctement orientés par le gouvernement, contribuent paradoxalement au bien public et à la richesse d'une nation, contredisant ainsi la morale classique.
Comment Hobbes conçoit-il la relation entre l'économie et l'État ?
Hobbes intègre l'économie dans la structure de l'État, où le souverain a pour rôle de réguler la propriété et la circulation des richesses pour garantir la sécurité et la prospérité publique.
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- Olfa Hafidhi (Autor), 2013, Du rapport entre politique, économie et société civile dans la philosophie classique anglaise de Hobbes à Mandeville, Múnich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/387761