L’immigration et le multiculturalisme qui en résulte. Une menace pour l’identité nationale française?


Dossier / Travail, 2014

15 Pages, Note: 2,5


Extrait

Table de matière

1. Introduction

2. L’immigration en France
2.1 La France, vieux pays d’immigration
2.2 Le besoin de main-d’œuvre moteur de l’immigration
2.3 Les motifs de l’immigration

3. Le multiculturalisme

4. L’identité nationale
4.1 La nation française
4.2 La notion d’identité nationale
4.2.1 Le concept d’identité nationale
4.2.2 Les éléments d’identité nationale

5. Conclusion

Bibliographie

1. Introduction

L’État, par l’intermédiaire de ses gouvernants, s’est emparé de plus en plus de la mission de façonner les valeurs, les sentiments, les comportements et les attitudes de ses citoyens à l’égard de l’espace national. L’ensemble des sentiments, des attitudes, des comportements et des identifications face à l’espace national - ce qu’on désigne par la suite par le syntagme identité nationale - est devenu une cible singulière, recevant une attention à part dans le cadre du système de gouvernement. Les sentiments et les attitudes des citoyens à l’égard de leur État national sont orientés dans une direction précise, ils sont manipulés par le régime de gouvernement qui cherche à se faire accepter par les membres de la nation, à obtenir un statut légitime dans leurs perceptions et représentations, à établir « une orientation mutuellement ajustée (ou coordonnée) de leurs comportements, voire une modification des orientations antérieures » (J. Lagroye, 1997 : 33). Pour réaliser ce but, l’État fait appel à ses institutions comme l’école qui occupe une place privilégiée, pour construire, approfondir et renforcer le « sentiment du "nous" exclusivement axé sur la tradition nationale » (N. Elias, 1991: 273). Pour aller plus loin avec la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de l’Identité nationale. Ce ministère annoncée par Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle de 2007 et assumée dès sa prise de fonctions, a engendré des réactions très vives parce qu’elle suggérait une stigmatisation de «/’immigration comme ‘problème ’ pour la France et les Français dans leur ‘être ’ même » et parce que ce rapprochement ne pouvait « que renforcer les préjugés négatifs à l ’égard des immigrés » Aujourd’hui, la controverse semble assourdie ou même éclipsée par d’autres priorités. Mais la revendication d’une défense de l’identité nationale française reste actuelle. L’amalgame établi entre immigration et identité nationale soulève dès le départ des problèmes immenses, qui sont loin de s’être atténués avec le temps. L’immigration représenterait-elle une menace réelle pour l’identité française? La revendication d’une identité nationale française est-elle juste un prétexte pour opprimer le l’émergence du multiculturalisme en France ?

Pour pouvoir répondre à notre question de départ, nous allons commencer par classifier l’immigration en France en tenant compte de sa première apparition soutenue par quelques chiffres. Ensuite il sera nécessaire de donner une définition du multiculturalisme pour enfin passer à la notion d’identité nationale française. Ici nous verrons les déterminants de la notion de l’identité nationale.

2. L’immigration en France

2.1 La France, vieux pays d’immigration

Le Haut Conseil à l’Intégration en France définit l’immigré comme suit: « Il s’agit d’une personne née étrangère à l’étranger et entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le territoire français de façon durable. Un immigré peut donc être français s’il a acquis la nationalité française après son entrée en France par naturalisation, par mariage ou par filiation. A l’inverse un étranger né en France ne sera pas considéré comme immigré[1].מ Le débat sur l’immigration en France est entre autres lié à l’intégration des immigrés dans la société. La France poursuit une politique ď « immigration maîtrisée ». Cela veut dire qu’on ne peut pas continuer d’accueillir des étrangers si on ne peut pas intégrer du point de vue culturel, économique et social ceux qui sont déjà là. Ce modèle français est souvent perçus comme un échec mais comparé à d’autre pays elle a de meilleurs résultats, du point de vue de l’intégration culturelle, mais son bilan en matière d’intégration économique et sociale est moins brillant.

Contrairement à l’idée de « population fermée»[2], concept né dans les années 1920 à partir d’une représentation démographique de la nation, et intégré par la suite dans le concept pseudo-scientifique de « Français de souche », l’immigration étrangère en France est un phénomène ancien. Celui-ci a pris de l’ampleur à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle avec la Révolution industrielle ainsi que les bouleversements politiques et économiques du XXe siècle. On voit alors à partir de cette phrase que la France est un pays qui accueille des étrangers sur son territoire depuis des siècles, comme l’établissent de nombreuses études historiques. L’immigration étrangère était déjà significative dans les plus grandes villes de l’Ancien Régime. En 1851, la France comptait plus d’un pour cent d’étrangers au sein de sa population totale; ce seuil n’ayant été atteint par l’Allemagne et les Pays-Bas qu’en 1950, puis en 1985 par l’Italie, et en 1990 par l’Espagne et le Portugal.

En 2005, par exemple, un an avant la promulgation de la loi Sarkozy de 2006, sur 185 000 titres de séjours délivrés, 94500 l’ont été au titre du regroupement familial et 13 0 relevant de l’immigration économique. En 2005, les entrées suivantes ont été recensées sur le territoire français:[3] Soit 102 500 pour des raisons familiales, 22800 pour des raisons économiques et 42 000 se réclamant de l’asile politique.

2.2 Le besoin de main-d’œuvre moteur de l’immigration

A partir des années 1860-1870, la France connaît une forte augmentation de l’immigration d’étrangers à la recherche d’emplois. Avec une natalité qui diminue de manière sensible et qui entraine un fort ralentissement du rythme d’accroissement de la population, les besoins de main-d’œuvre de la France augmentent fortement. Le pays fait venir des ouvriers étrangers, un phénomène qui sera assez important surtout lors des phases de croissance et d’industrialisation que constituent la Belle Époque (1895-1914) et les Trente glorieuses (1946-1975). Cela sera surtout le cas au lendemain des deux conflits mondiaux. Les impératifs de la reconstruction conjuguent leurs effets avec ceux d’un manque de main- d’œuvre sans précédent. Au contraire, les périodes de récession voient les flux d’immigration décroître. Les effectifs de la population étrangère stagnent ou diminuent de manière sensible, comme lors de la Grande Dépression des années 1930 et ensuite lors du premier choc pétrolier. Avec la désindustrialisation, les besoins de main-d’œuvre non qualifiée diminuent. L’accroissement de l’effectif des étrangers en France est constant: de 380 000 étrangers en 1851 - date du premier recensement dans lequel ceux-ci figurent - à 1 000 000 en 1881, 1 160 000 en 1911, puis 2 700 000 en 1931.5 Si le flux tend à diminuer pour des raisons bien évidentes entre 1940 et 1945 puis dans l’immédiat après-guerre, il reprend par la suite. En 1975, le recensement enregistre 3 442 000 étrangers.6 Jusqu’en 1914 les travailleurs étrangers sont essentiellement originaires des pays limitrophes: Belges, Italiens, Allemands, Espagnols, Suisses. Il y a aussi des Britanniques, des Russes, des Luxembourgeois, des Juifs de l’Est et des sujets de l’Empire austro-hongrois. Après la Première Guerre mondiale plus de 500 000 Polonais arrivent en France. Dans les années 1970, l’effectif des Algériens atteint 710 000 (20,6% du total), celui des Marocains est de 260 000 et celui des Tunisiens de 140 000. Le groupe le plus nombreux est représente par les Portugais qui passent de 50 000 personnes en 1962 à 759 000 en 1975, la situation économique et politique du Portugal de l’époque expliquant ce mouvement.[4]

2.3 Les motifs de !’immigration

Les motivations de la migration sont multiples et ne sont pas uniquement liées au marché du travail. En France les motifs principaux sont: motif familial (regroupement familial), politique (réfugié), professionnel, académique, économique et personnel (par goût pour le pays). Si l’on prend en compte les flux migratoires en provenance de l’Espace Economique Européen (ETE 15 plus Islande, Norvège et Lichtenstein) et de la Suisse, le nombre des demandes de permis de séjour, hors renouvellement, atteignait 216 589 en 2003 (176 207 en 1997) et les motifs se répartissaient comme suit: raisons professionnelles 15,7 % (30,5 % en 1997), regroupement familial 41,1 % (27,6 % en 1997) et étudiants et stagiaires 25,2 % (23,8 % en 1997).

Depuis 2003, à l’intérieur de l’UE15, les flux migratoires sont facilités par la liberté de circulation dont jouissent les ressortissants des Etats membres (articles 39 à 42 du traité instituant la Communauté Européenne). Ainsi, les ressortissants européens n’ont plus besoin d’effectuer une demande de permis de séjour.

Par conséquent, en 2005, le nombre de cartes de séjour délivrées en France métropolitaine était, hors renouvellements, de 164 234 (contre 118 750 en 1997). Les cartes de séjour délivrées pour regroupement familial représentaient la moitié de l’ensemble (31,7 % en 1967). Les autorisations de séjour délivrées aux "étudiants et stagiaires" correspondaient environ à 1/4 (20,7 % en 1997) et celles délivrées pour "raisons professionnelles" seulement 7 % (contre 28,2 %) en 1997). Les statuts de réfugiés ont représenté 7,2 % des autorisations de résidence en 2005 (3,3 % en 1997).

3. Le multiculturalisme

Avant d’entamer la discussion, rappelons que le terme « multiculturalisme » est polysémique: il peut être employé pour designer un aspect de la réalité sociologique contemporaine, la pluralité culturelle; il peut aussi représenter une conception philosophique du monde; enfin, il évoque un ensemble de politiques publiques mises en œuvre afin de gérer la diversité culturelle.[5] Ici nous tenterons d’appréhender les vertus et les limites du multiculturalisme sur le point de vue sociologique d’une pluralité culturelle.

Les auteurs s'accordent généralement sur deux définitions du terme: le multiculturalisme comme caractéristique de fait de la diversité culturelle dans les sociétés, et le multiculturalisme comme « régime socio-politique»[6] ou programme institutionnel. Autrement dit, le multiculturalisme contemporain est un questionnement

[...]


[1] Institué en 1989, le Haut Conseil à l’Intégration est composé de vingt membres au maximum choisis par décret du président de la République. Cet organisme est présidé depuis 2008 par M Patrick Gaubert et il a la charge d’élaborer un rapport annuel et d’émettre des avis consultatifs à la demande du gouvernement sur l’intégration des résidents estrangers ou d’origine étrangère. Depuis 2004 il est assisté de l’Observa- tőire des statistiques de l’immigration et de l’intégration, (http://www.hci.gouv.fr).

[2] vgl. Selvin/Boetsch 1988: 71-82.

[3] http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ipl098&reg_id=0#inter5. 5 Patrick Weil: La France et ses étrangers. Éditions Gallimard, 2004. 6 Idem.

[4] Idem. 8 http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1042.pdf

[5] Cf. Wieviorka2001: 82.

[6] Cf. Bénichou, Meidad 2006: 17.

Fin de l'extrait de 15 pages

Résumé des informations

Titre
L’immigration et le multiculturalisme qui en résulte. Une menace pour l’identité nationale française?
Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Note
2,5
Auteur
Année
2014
Pages
15
N° de catalogue
V428355
ISBN (ebook)
9783668723092
ISBN (Livre)
9783668723108
Taille d'un fichier
564 KB
Langue
Français
mots-clé
l’immigration
Citation du texte
M.o.A. Fatma Betül Akcora (Auteur), 2014, L’immigration et le multiculturalisme qui en résulte. Une menace pour l’identité nationale française?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/428355

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