Les quattre modes énonciatifs et leur valeur pour la textualité


Dossier / Travail de Séminaire, 2014
14 Pages, Note: 2,0

Extrait

Table of Contens

I. Introduction – Les temps verbaux et leur valeur pour la textualité.

II. L´oppositon de l´énonciation à l´énoncé

III. Les quatres modes énonciatifs et leur valeur pour la textualité

IV. Le bilan

Bibliographie

I. Introduction – Les temps verbaux et leur valeur pour la textualité.

Selon Weinrich, les formes temporelles viennent à nous à travers des textes.Ils dessinent, parmi d´autres signes et temps, un complexe de déterminations,un réseau de valeurs textuelles.[1]

Même si on connaît les paradigmes temporels dénomés ,,présent, ,,imparfait” ou ,,passé simple”,on ne peut pas déduire de leur simple structure (grammaticale) les règles pour leur implémentation au sein du système verbal qui nous ouvre au même temps des nouvelles dimensions sémantiques et spatio-temporelles qui vont au-delà de l´approche linguistique des années soixante qui se contentait de définir le terminus ,,texte” comme expression de relations de signes sur le niveau phrastique ou transphrastique.[2]

C´est la raison pour laquelle la réflexion théorique de Weinrich sur le rôle textuel des temps verbaux ne se contentait pas des réalisations lexicales (morphème temporel plus lexème) et phrastiques des formes verbo-temporelles.Pour lui, chaque forme verbale représente un mode énonciatif déterminé qui implique la position du sujet par rapport à la situation actuelle d´énonciation et qui permet en saisir une certaine perspective spatio-temporelle.

La ,,textualité” chez Weinrich s´oppose partiellement aux plusieurs approches linguistiques qui

n´étaient pas vraiment capables d´intégrer tous les paramètres linguistiques implicites et explicites pour comprendre le texte comme ,,signe complexe”.

Il ne s´agit pas d´une simple unité transphrastique qui est considerée plus complexe que la phrase ou

des pronominalisations explicites ou implicites, dans lesquelles la reprise d´une certaine expression linguistique, selon leur identité referentielle où co-référence partielle, constitue la textualité.[3]

L´approche de Weinrich, qui ouvre plusieurs champs sémantiques,rappelle l´approche de Polenz, qui nous indique que chaque énoncé doit se référer à un objet déterminé, même si cet objet est seulement saisissable pour des lecteurs qui disposent d´un savoir linguistique plus profond, qui englobe par exemple des conventions où connotations. (p.e le valeur émotif des mots).[4]

Ce savoir (extra)linguistique du sujet constitue l´élément décisif pour comprendre la textualité,car ce sujet,où utilisateur de signes,peut identifier les fonctions textuels du temps verbal en dehors de la perspective phrastique.Il s´agit d´un modèle pragmatique et communicatif qui met au premier plan la relation entre les signes et l´utilisateur de signes.Au delà,au moins dans la plupart des cas énonciatifs,il peut remplir plusieurs critères de texte qui ont été introduits par Dressler et Beaugrande, par exemple la cohérence, l´intentionalité, l´acceptabilité, la situativité du texte, etc.[5]

II. L´oppositon de l´énonciation à l´énoncé

La ,,phrase” était longtemps l´objet privilegié des études linguistuiques se basant sur l´architecture interne de la langue. Elle a été analysée comme construction théorique, abstraite et autonome, destinée à la description syntaxique et représentant ainsi le courant linguistique des années soixante d´un approche structurel et grammatical pour définir le phénomène ,,texte” comme expression d´une relation des signes.

L´énoncé, en revanche, est consideré chez Garric come réalisation effective, concrète et dépendante de l´acte énonciative du sujet qui énonce quelque chose. Il l´entend comme produit d´un acte communicatif humain qui porte les traces de sa fabrication et implique différents éléments langagiers et énonciatifs constamment renouvelés a chaque acte d´énonciation.[6]

Le simple énoncé ,,J´ai mal à la tête” trouve une interprétation différente selon son cadre d´insertion, il peut ouvrir des dimensions sémantiques plus vastes qui se basent sur le savoir extralinguistique de l´utilisateur du signe.

Le présent du verbe avoir ,,ai” comme temps verbal (matériel linguistique ou signe) représente le mode énonciatif de ,,l´énonciation de discours” qui rapproche le sujet à la situation actuelle d´énonciateur et le pronom personel ,,je” n´est associable qu´au contenu stable de celui qui parle et souligne sa position dominante. Au-delà, ce pronom, comme déixis primaire de l´énonciation de discours, ouvre une propre dimension spatio-temporelle.

De plus, ll faut savoir quelque chose sur l´occasion de cet énoncé pour pouvoir comprendre sa fabrication, c´est à dire l´énonciation. L´énoncé doit être inserté dans un contexte d´énonciation spécifique pour qualifier l´ être dont il est question[7]

À l´occasion d´une invitation il peut signifier ,,Je ne veux pas sortir” ou en consultation médicale il pourrait impliquer la demande d´un calmant au médecin. Flahaut, lui aussi, a souvent souligné que l´,,on ne saurait décrire le sens d´un énoncé en dehors des relations de celui-ci avec le cadre fourni par les repères pertinentes de son énonciation.”[8]

L´énoncé, comme signe isolé, n´est pas capable de constituer le monde textuel sans être integré dans un acte d´énonciation humain. Cet approche correspond aux modèles pragmatiques et communicatifs de textes qui établissent la relation entre le signe et son utilisateur et qui se penchent sur les fonctions communicatives d´un texte. En ce qui concerne l´exemple de demander un calmant au médecin, cet énoncé représente aussi une fonction d´obligation, c´est à dire un champ sémantique qui ne peut pas être détecté sur le seul niveau phrastique ou transphrastique au sein des hypothèses qui se basent sur l´association des phrases.[9]

Le simple énoncé ,,Pensez à ç a pour comprendre la réglementation en vigeur” ne peut pas fournir des informations pour comprendre ou identifier l´objet désigné par ,,ca”. Ce pronom démonstratif nous donne seulement des traces de l´activité d´énonciation mais pour leur interprétation il faut connaître des paramètres de la situation de communication verbale.[10]

Il s´agit d´un acte de référence qui se base sur le triangle sémiotique de Pierce.Le signe orthographique ou phonétique ,,ça”,comme materiel linguistique,ne constitue pas automatiquement la référence à l´objet implicite dont le sujet parle.L´élément décisif pour pouvoir détecter cet objet est l´interpretant, c´est à dire le signe interpreté par l´utilisateur du signe.La semantique du texte comme ,,signe complexe” est seulement compréhensible dans le cadre d´une interprétation par l´utilisateur du signe,d´une relation à un objet determiné et d´une convention linguistique au sein du groupement des locuteurs.[11]

Selon Benveniste,l´énonciation est la ,,mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d´utilisation.”[12]

L´objet de la linguistique devient l´énoncé comme résultat d´une activité humaine. C´est la raison pour laquelle la position du sujet au sein des tiroirs verbaux, c´est à dire sa relation à la situation énonciative, occupe une place centrale dans l´analyse linguistique de Weinrich et Benveniste qui suit.

III. Les quatres modes énonciatifs et leur valeur pour la textualité

Selon Weinrich, il y a quatre modes énonciatifs qui sont représentés par des temps verbaux. Au sein de cette conception de modes énonciatifs la position du sujet qui parle peut changer et au-delà, il peut y avoir une liaison entre l´énoncé du sujet et la situation actuelle de l´énonciation.

Le premier mode énonciatif doit être consideré comme le mode ,,classique des dialogues“, qui se base éssentiellement sur l´interaction directe entre le locuteur et l´interlocuteur.[13]

Ce mode s´appelle, selon Benveniste, ,,L´énonciation de discours“ (pôle 1). Il est réalisé par le passé composé (1)[14], le présent (énonciatif et performatif), l´impératif et le futur et met au premier plan la position du sujet qui est immédiatement impliqué dans la situation d´énonciation par son propre énoncé.

Il s´agit alors d´une représentation discursive conjointe aux paramètres de la situation d´énonciation est ce mode doit être consideré comme réprésentatif pour toute énonciation supposant un locuteur et un auditeur où le premier essaie d´influencer le dernier.

En général, elle est valable pour tous les genres où quelqu´un s´adresse à quelqu´un et se base sur une relation discursive au partennaire.[15]

Comme tout commentaire au sein de l´énonciation de discours implique une certaine forme d´action de la part du sujet qui modifie ainsi la situation discursive des deux partenaires et qui engage ainsi l´un et l´autre, Weinrich propose fort justement d´intégrer l´impératif et le performatif dans le pôle de l´énonciation de discours.[16]

Le présent performatif peut être consideré comme exemple excellent pour indiquer l´interdépendance et l´interaction inévitable des deux partenaires discursives dans le mode de l´énonciation de discours.On verbalise une action dans la situation de discours actuelle mais, au même temps, cette action est exercée par les deux partennaires du discours.Ils sont mutuellement impliqués dans ce monde actualisé de discours.

Exemple:

*Je te félicite pour ton anniversaire.

L´énonciation de discours s´accompagne très souvent,sur le niveau textuel,de l´ancrage déictique ou déixis primaire,c´est à dire on implemente des pronoms (Je, tu, vous, etc.) ou des adverbes (ici, actuellement, etc.) déictiques dans ce mode d´énonciation pour indiquer qu´il ya une liaison entre l´énoncé et la situation actuelle de l´énonciation.

Selon Adam ce mode d´énonciation n´est pas seulement valable pour une situation actuelle de discours au présent,car l´énonciateur a la possibilité de faire un pas dans le passé ou vers le futur en utilisant des formes periphrastiques,par exemple le passé recent ou le futur proche.

Le passé recent, construit avec le présent du verbe ,,venir de“ en ajoutant l´infinitif, sert à l´énonciateur de faire une visée retrospective, qui indique au même temps,comme le passé composé 1, qu´il ya une liaison entre l´événement passé et la situation présente du discours,c´est à dire le passé a encore des effets sur le présent.

Exemple:

Elle vient de passer.

Traduction: Sie ist gerade vorbeigekommen.

Le futur proche, construit avec l´infinitif ,,aller“ ou ,,devoir” au présent et l´infinitif du verbe permet à l´énonciateur de faire une visée prospective qui se dirige vers le futur.

Exemples:

*Nous l´ allons montrer tout à l´heure.

Traduction:Wir werden es gleich demonstrieren.

*Nous devons faire les devoirs.

Traduction: Wir müssen die Hausaufgaben machen.

La possibilité de changer la perspective temporelle à l´aide des formes periphrastiques au sein de

,,l´énonciation de discours” explique la constitution d´un sous-système énonciatif représenté par le schèma suivant[17]:

Sous-système <1> : Monde actualisé (réel ou fictif)

Selon Benveniste,il faut faire la différence entre cette ,,énonciation de discours”,représentée par le passé composé 1 comme forme accomplie du présent qui construit un monde passé ou fictif, rattaché à l´actualité d´un narrateur et ,,l´énonciation historique”,qui constitue un mode non-actualisé, détaché de la situation d´énonciation et qui est représenté par le passé simple:

,,il fit objectivise l´événement en le détachant du présent : il a fait, au contraire, met l´événement passé en liaison avec notre présent”[18]

L´énonciation historique constitue le deuxième mode énonciatif ,,classique” de l´histoire et du récit (pôle 4).Il est réalisé par l´imparfait,le passé simple,le présent historique,le plusqueparfait et autres temps verbaux (p.e. le conditionnel) et présente un mode non-actualisé de l´énonciation.

Il n´y a pas de liaison entre les événements dont on parle et la situation actuelle de l´énonciation, c´est à dire,il s´agit d´une représentation discursive disjointe de la situation d´énonciation dans laquelle la position du sujet est un peu distanciée par rapport au monde raconté.[19]

La référence temporelle au sein de ce mode énonciatif est à chercher dans une déixis qu´on peut nommer ,,secondaire”,élément analogue à la déixis primaire de l´énonciation de discours, p.e.:

-En ce temps-là
-Il était une fois
-Jadis
-à l´époque
-à cette époque-lá

Cela explique l´implementation d´un adverbe déictique comme ,,maintenant” en contexte énonciatif historique qui se trouve déjà chez Racine[20]:

[...]


[1] Vgl. Weinrich 1985:13

[2] Vgl. Hartmann 1971:45

[3] Vgl. Harweg 1983:179 ff.

[4] Vgl. Adam 1990:198

[5] Vgl. Dressler 1981:181 ff.

[6] Vgl. Garric 2007:15

[7] Vgl. Ebd. : 16

[8] Flahault 1978 :31

[9] Vgl.Brinker 1992:37 ff.

[10] Vgl. Garric 2007:18

[11] Vgl. Gansel 2007:20

[12] Benveniste 1974:31

[13] Vgl. Weinrich 1985:31

[14] Le passé composé 1 est consideré ici comme forme accomplie du présent, c´est à dire il fait une liaison entre le passé et le présent et touche la situation actuelle de l´énonciation.

[15] Vgl. Benveniste 1974:33

[16] Vgl. Weinrich 1985:33

[17] Vgl. Adam 1990:197

[18] Benveniste 1974:249

[19] Vgl.Adam 1990:199

[20] Vgl.Ebd. : S.200

Fin de l'extrait de 14 pages

Résumé des informations

Titre
Les quattre modes énonciatifs et leur valeur pour la textualité
Université
University of Cologne
Cours
Hauptseminar
Note
2,0
Auteur
Année
2014
Pages
14
N° de catalogue
V436756
ISBN (ebook)
9783668778849
ISBN (Livre)
9783668778856
Langue
Français
mots-clé
Quattre modes énonciatifs selon Weinrich, Textualité
Citation du texte
Christoph Ervens (Auteur), 2014, Les quattre modes énonciatifs et leur valeur pour la textualité, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/436756

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