Étude et comparaisons des approches antiterroristes de l’UE et l’Israël


Seminararbeit, 2017
11 Seiten, Note: 1,7

Leseprobe

Sommaire

1. Introduction

2. Qu’est-ce que le terrorisme ?

3. Les approches antiterroristes de l’Union européenne et l’Israël
a. L’Union européenne
b. L’Israël
c. Comparaison

4. Conclusion

5. Bibliographie

1. Introduction

À l’heure où les attaques terroristes se multiplient sur les sols européens et africains, les gouvernements eux sont à la recherche permanente de nouvelles politiques et stratégies susceptibles de freiner et d’éradiquer le phénomène. Malheureusement, la lutte antiterroriste n’est pas chose facile et il semble qu’elle ne fasse que commencer. Dans le cadre d’une étude sur l’UE et l’Israël, nous allons ainsi dans ce devoir analyser et comparer les approches antiterroristes européennes et israéliennes. Ce sujet d’actualité mettra en lumière les différentes méthodes utilisées par les deux gouvernements pour faire face au terrorisme et permettra au lecteur de comprendre pourquoi elles sont différentes.

2. Qu’est-ce que le terrorisme ?

Le mot « terrorisme » fut employé pour la première fois durant la révolution française et tient ses origines dans les années de la terreur (1793-1794), permettant ainsi à Robespierre de mettre en œuvre sa politique publique.1 Du à son ancienneté et à sa dimension internationale, le terme est soumis à un développement continu, de sorte que des variantes apparaissent et disparaissent au cours des siècles.2 Aussi, les différences éthiques et les divergences politiques des chercheurs font obstacle à l’élaboration d’une définition universelle du mot.3 En débit de ce problème, la littérature est très riche d’enseignement concernant le phénomène du terrorisme et on peut y trouver de nombreuses approches quant à ses diverses caractéristiques et à son histoire. Selon Louise Richardson, une fameuse politologue irlandaise, le terrorisme peut être définit comme une action politique violente et organisée qui nuit à une population ou à un groupe d’individus.4 En se basant sur d’autres aspects de la notion, on peut également le retrouver dans toutes sortes d’actions illicites, généralement prenant par surprise, menées par une ou plusieurs personnes qui utilisent la force. Leurs objectifs premiers sont l’intimidation de la population et la soumission à des idées politiques, sociales ou militaires. Malgré tout, les descriptions et explications restent toujours vagues et très ouvertes ce qui laisse place à des interprétations multiples.5 On peut considérer ce fait comme négatif puisque il compromet la clarté et la précision des explications données du terme, impactant par conséquent l’efficacité des mesures visant à lutter contre le terrorisme et à en punir les acteurs. Cependant, la pluralité de ses sens est un atout essentiel qui offre une vision d’ensemble et permet d’englober des évènements qui ne se ressemble pas forcement mais qui sont toutefois en lien avec la mouvance terroriste.

La dimension juridique est de même extrêmement importante puisqu’une cour de justice ne peut formuler une peine que s’il existe au moins un consensus autour de l’acte en question.

Pour pallier à ce vide juridique, l’union européenne a défini dans deux actes, ce qu’est une infraction terroriste, une organisation terroriste ou des activités terroristes. Cette base permet de développer une réglementation européenne antiterroriste qui s’applique à chaque État membre. Les documents principaux sont la position commune du conseil européen du 27 décembre 2001 « relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme » et deuxièmement la décision du cadre conseil du 13 juin 2002 « relative à la lutte contre le terrorisme ». Les définitions qu’ils comportent sont suffisamment précises pour assurer l’application correcte des lois pénales européennes antiterroristes.

Si on se penche sur la juridiction Israélienne, on constate que la loi antiterroriste la plus récente date du 15 juin 2016 et s’intitule « Counter Terrorism law 5775-2015 ». Elle est plus détaillée que les précédentes et fournie des légitimations plus efficaces et modernes aux autorités impliquées dans la lutte contre le terrorisme. Par exemple, elle prévoit des peines plus sévères et strictes à l’encontre de tout ce qui se rapporte au terrorisme.

3. Les approches antiterroristes de l’Union européenne et l’Israël

a. L’Union européenne

Depuis la récente intensification des actes terroristes sur le territoire européen, l’UE a mis en place une stratégie antiterroriste. Cette dernière a pour but de lutter contre le terrorisme à l’échelle mondiale, tout en respectant les droits de l’homme et en préservant la paix sur le continent. Bien que la lutte contre le terrorisme relève en majorité de la compétence des États membres, on peut constater que les forces nationales sont en coopération constante avec les associations européennes telles qu’Europol ou Eurojust. Tout d’abord, l’UE améliore la politique anti-terroriste en tentant de rapprocher les législations nationales en droit pénal pour plus d’homogénéité et de cohésion entre ses membres. Elle soutient également ses États membres dans leur lutte en mobilisant les ressources financières nécessaires et en créant des mécanismes de coopération. Elle met également à la disposition des populations vulnérables et en situation précaire des centres humanitaires (localisés essentiellement dans les pays pauvres, en développement ou en guerre), afin d’empêcher la création de groupes terroristes.6

La stratégie antiterroriste commune européenne adoptée en 2005 et l’agenda de sécurité européen de 2015 sont à eux deux les fondements de toute action antiterroriste actuelle au sein de l’Europe. Par conséquent, tous les pays membres sont emmenés à combattre le terrorisme ensemble avec des méthodes communes basées sur quatre piliers, à savoir : la prévention, la protection, la poursuite et la réaction.7 La prévention est l’élément dominant consistant à cerner et à traiter les acteurs contribuant au processus de radicalisation. En 2014, les autorités se sont d’avantage concentrer sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, qui sont devenues ces dernières années de véritables sources d’endoctrinements. La stratégie de protection vise à amoindrir la vulnérabilité des citoyens et des infrastructures lors des attentats. Cela inclue la surveillance des frontières extérieures, le renforcement de la sécurité des transports, la protection des cibles « stratégiques » et l’utilisation des données des passagers. De plus, l’UE essaie de renforcer les capacités nationales en intensifiant la coopération pratique et l’échange d’informations entre la police et les autorités judicaires des différents pays européens. Le quatrième objectif aspire à améliorer la mobilité des ressources nécessaires à la suite d’une attaque, dans un esprit de solidarité. Par exemple, certains hôpitaux allemands sont prêts à accueillir des victimes françaises en cas d’attaque. Les forces de l’ordre peuvent également être déployées dans d’autres pays en tant que renfort. Des exercices intereuropéens des forces impliquées permettent d’intérioriser et d’optimiser ce processus de coopération.8 De surcroit, l’Union européenne allie ses forces avec le reste du monde tels que les Etats Unis, l’Afrique du Nord, l’Israël et bien d’autres. L’ONU témoigne bien de cette collaboration internationale des états face à une menace toujours plus grandissante.9

b. L’Israël

Depuis sa création en 1948, l’Etat Israélien a été la cible de multiples attaques terroristes, de sept guerres et de deux intifada.10 Ces évènements furent différents dans leur intensité, méthode et origine (Hezbollah, OLP, Hamas). Si on se concentre exclusivement sur le terrorisme qui frappe lourdement le pays, on peut penser que la source des attaques à répétitions réside dans l’existence de tensions régionales avec les pays frontaliers majoritairement musulmans tels que l’Egypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie.11 Ces derniers sont effectivement fermement opposés à l’État juif. La nation dénombre une population de 8.300.000 millions d’habitants pour une superficie de 20.517 km² ce qui équivaut environ à la moitié de la Suisse (41.285 km²).12,13 Le pays doit alors sécuriser 1068 km de frontières terrestres et 273 km de littoraux, ce qui représente beaucoup pour un pays de cette envergure. On peut donc affirmer que la situation géographique et géopolitique de l’Etat est défavorable. De plus, la forte concentration du nombre d’habitant au mètre carré rend les lieux publics très exposées à la menace terroriste. En effet, les grandes métropoles comme Jérusalem, Tel-Aviv ainsi que les 47 aéroports et 4 ports maritimes sont des cibles potentielles.

Pour contrer les attaques terroristes régulières, les responsables politiques se sont concentrés sur une stratégie antiterroriste défensive et offensive. En ce qui concerne la lutte défensive, la population a un rôle majeur, ce qui en fait une des raisons principale au succès de la lutte anti-terroriste dans cette région. Premièrement, tous les citoyens doivent effectuer un service militaire ; trois ans pour les hommes et deux ans pour les femmes. Ainsi, chaque jeune Israélien bénéficie d’une formation militaire durable qui l’aide à rester calme pendant des situations de stress et à acquérir des savoirs d’auto-défense telle que le krav-maga. Il est aussi bénéfique pour la cohésion sociale qui rapproche la population et l’unie contre l’ennemis. Secondement, l’autorisation du port d’armes à la population lui permet de réagir très rapidement aux attaques.

La surveillance est une autre technique défensive dans la lutte antiterroriste et se divise en plusieurs sous-parties. Tout d’abord, nous constatons un important dispositif de surveillance physique mis en place sur tout le territoire. Il peut être militaire, assuré par la police ainsi que par des agents de sécurité patrouillant dans les rues, les checkpoints ou aux zones frontalières. S’ajoute à cela une densité énorme de caméras de surveillance dans les grandes villes. Ceci favorise la récolte rapide et efficace d’informations qui permet aux équipes de déjouer des attentats. On peut par exemple souligner le fait que lors d’un passage en parking ou centre commercial toutes les personnes et véhicules sont contrôler attentivement pour assurer la protection des lieux très fréquentés.14 D’une autre manière, l’Israël dispose d’excellent services secrets, tels que le Mossad ou le Schin Bet, qui sont mondialement reconnus pour leur remarquable travail de protection et de renseignement au sein du pays et au-delà des frontières. Dans ce cadre, il est important de mentionner que les services israéliens sont également présents sur le front virtuel par l’intermédiaire des réseaux sociaux puisque ces derniers sont devenus l’outil de prédilection de Daesh dans sa conquête de radicalisation. Ainsi donc, grâce à la réactivité des agents, les images qui incitent à la violence contre des Israéliens sont immédiatement supprimées, les auteurs aussitôt arrêtés et les attentas planifiés par des attaquants solitaires actifs sur les réseaux minimiser.15

Apres avoir étudié les méthodes défensives adoptées par l’Israël pour faire face au terrorisme, nous allons maintenant nous intéresser à ses approches offensives qui sont malgré leur efficacité, très discutées à l’échelle internationale. Les oppositions renvoient par exemple à la détention préventive qui permet aux autorités exécutives d’emprisonner un individu, sous réserve de preuves allant dans ce sens. Les infiltrations policières souvent très violentes sont aussi la cible de critique : à savoir qu’elles sont effectuées lorsque les forces d’intervention soupçonnent des potentiels agresseurs ou des centres de radicalisation. C’est souvent lors de ces interventions que la plupart des détentions préventives sont prononcées.16 Pour clôturer cette partie sur les stratégies offensives, il est fondamental de mentionner l’existence d’assassinats ciblés en Israël. Selon le droit israélien, ces actes organisés par l’armée désignent l’assassinat d’individus qui ont l’intention de commettre un acte de violence dans un futur proche et qui causerai la mort certaine d’innocents. Après son arrêt en 2005, due au non-respect du droit international et du droit de la guerre, la Cour suprême israélienne a de nouveau autorisé les assassinats ciblés accompagnées de certaines conditions très strictes. La Cour a notamment souligné la nécessité d'éviter, dans la mesure du possible, de mettre en danger la population civile environnante. Elle a aussi statué sur la possibilité d’aider financièrement et matériellement les familles des victimes.17

[...]


1 Hoffman, Bruce u. Kochmann, Klaus, Terrorismus - der unerklärte Krieg. Neue Gefahren politischer Gewalt (= Fischer-Taschenbücher, Bd. 15614), Frankfurt am Main, 2003, p. 23.

2 v.h. p. 23.

3 Christopher Daase (Hg.), Internationale Schutzverantwortung - normative Erwartungen und politische Praxis (= Die Friedens-Warte, Bd. 88, H. 1/2), Berlin, 2013, p. 55.

4 Richardson, Louise, What terrorists want. Understanding the enemy, containing the threat, New York, 2007, p. 28.

5 Christopher Daase (Hg.), Internationale Schutzverantwortung - normative Erwartungen und politische Praxis (= Die Friedens-Warte, Bd. 88, H. 1/2), Berlin, 2013, p. 24-27.

6 Außenministerium der Republik Österreich, Maßnahmen der EU im Kampf gegen den Terrorismus, 2016, p. 1.

7 http://www.consilium.europa.eu/fr/policies/fight-against-terrorism/ (07.07.2017).

8 Deutscher Bundestag, Maßnahmen der EU zur Terrorismusbekämpfung, 2009, p. 13.

9 http://www.bmi.bund.de/DE/Themen/Sicherheit/Terrorismusbekaempfung/EU-Zusammenarbeit/eu-zusammenarbeit_node.html (07.07.2017).

10 http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/intifada/ (07.07.2017).

11 https://www.populationdata.net/pays/israel/ (07.07.2017).

12 http://www.worldometers.info/world-population/israel-population/ (07.07.2017).

13 https://www.populationdata.net/pays/suisse/ (07.07.2017).

14 http://www.realclearworld.com/articles/2016/08/22/how_israel_became_a_role_model_in_fighting_terrorism _112005.html (07.07.2017).

15 https://www.contrepoints.org/2016/07/18/260691-lutte-contre-terrorisme-vers-modele-israelien (07.07.2017).

16 Aubert, Laura, La détention préventive. Comment sans sortir?, Bruxelles, 2017, p. 13-14.

17 http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/6178641.stm (07.07.2017).

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Details

Titel
Étude et comparaisons des approches antiterroristes de l’UE et l’Israël
Hochschule
Universität der Bundeswehr München, Neubiberg
Note
1,7
Autor
Jahr
2017
Seiten
11
Katalognummer
V492366
ISBN (eBook)
9783668996939
Sprache
Deutsch
Schlagworte
étude
Arbeit zitieren
Georg Rosenkranz (Autor), 2017, Étude et comparaisons des approches antiterroristes de l’UE et l’Israël, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/492366

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