La lutte contre le franglais. Les mesures franco-québécoise contre l’usage croissant de la langue anglaise


Dossier / Travail de Séminaire, 2017
8 Pages, Note: 1,3

Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. Le franglais

3. Les mesures contre la diffusion du « franglais »

4. Conclusion

5. Littérature utilisée

1. Introduction

Le « franglais » provoque depuis les années 60 des discussions vives dans les pays francophones. D’un côté, il y a des personnes qui louent le « franglais » comme un signe de diffusion du multiculturalisme enrichissant. De l’autre côté, beaucoup de francophones pensent que le statut de la langue française est menacé par l’usage croissant de la langue anglaise.1 En tout cas, l’Assemblée nationale française ainsi que l’Assemblée nationale du Québec ont décidé de prendre des mesures pour « protéger » la langue française. Ces dispositions ont provoqué de différentes réactions.

L’objectif de cet essai est donc d’examiner d’abord le phénomène du « franglais » en analysant les raisons de sa naissance et en donnant quelques exemples. Dans le troisième chapitre, l’essai explique les mesures « anti-franglais » les plus connues: La loi 101 de 1977 en Québec et la loi Toubon de 1994 en France. Finalement, la conclusion récapitule les aspects les plus pertinents pour juger la « lutte » contre le franglais et pour oser une prévision en ce qui concerne le statut futur du français envers « la langue du monde », l’anglais.

2. Le franglais

Le terme « franglais » a été utilisé pour la première fois dans l’article « Français ou franglais ? » du grammairien Maurice Rat, publié dans le journal « France-Soir » le 26 septembre 1959.2 Mais le mot-valise est devenu populaire grâce au livre « Parlez-vous franglais ? », écrit par René Étiemble en 1964. Dans ce livre, Étiemble critique nettement «l’invasion anglaise» qu’il dénonce une «épidémie » qui « ruine la langue universelle de l'homme blanc cultivé qui n’est plus qu’un sabir ».3 En raison de sa choix de mots et de sa gravité de ses opinions, le livre a été discuté intensivement dans la société française, mais aussi au Québec francophone. Depuis ce temps-là, le « franglais » est devenu un thème important et controversé dans le cadre des discussions privées et publiques, dans les médias et aussi dans les sciences comme par exemple dans la linguistique et l’histoire.

L’hégémonie de l’anglais américain est certes la raison principale pour la naissance du « franglais »: Surtout après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945 les États-Unis sont devenues la puissance dominante sur la planète - non seulement dans la politique et l’économie, mais aussi dans les domaines sociales et culturelles. La mondialisation croissante et la création de l’Internet dans les années 90 ont même accélérés ce processus, tandis que la régression du latin et du grec est de nos jours quasiment achevée.

Il est très aidable d’examiner le développement du « franglais » de deux côtés: D’une part, le « franglais » concerne la langue française qui est – comme la plupart des langues européennes modernes – fortement anglicisée. Mais d’autre part, ce terme signifie également que les mots anglais sont franchisés. Cela veut dire que les mots d’origine anglaise ont changé leur orthographe et prononciation après avoir été adaptés par la langue française. Un bon exemple pour ce changement est le mot « week-end »: D’un côté, il s’agit d’un mot avec une racine anglaise. Mais de l’autre côté, le mot a été franchisé, puisque l’orthographe française exige un trait d’union, tandis qu’en anglais on l’écrit « weekend ».

Depuis 1999, il existe un dictionnaire franglais-français qui a dans sa version actuelle approximativement 8.000 entrées.4 Cependant, plus que la moitié de ces mots ne font pas partie du langage courant dans les pays francophones. Les exemples du « franglais » les plus connus et les plus utilisés dans la vie quotidienne sont probablement le week-end (weekend), le foot(ball) (football), le match (match), les fans (fans) et le parking (car park au Royaume Uni / parking lot aux États-Unis). Toutefois, plusieurs mots du « franglais » sont en fait des réemprunts, c’est-à-dire des mots avec des racines françaises, qui ont été anglicisés il y a plusieurs siècles et qui sont de nos jours réempruntée dans la langue française.5 Le mot anglais « challengement » est un bon exemple pour illustrer ce développement: Ce mot vient du mot « chalengement » qui signifiait en ancien français à peu près « lancer un défi à quelqu’un ». Ce mot était surtout employé dans le monde cheval au Moyen Âge. À cette époque, ce terme a été adapté par l’anglais, tandis qu’en français le mot n’était plus utilisé, car il avait été remplacé par le terme « défi ». Toutefois, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le terme « challenge » est de plus en plus utilisé dans les pays francophones à cause de l’influence croissante du « franglais ».

3. Les mesures contre la diffusion du « franglais »

Il y a plusieurs mesures contre la diffusion du « franglais » dans les pays francophones. Deux mesures connues sont présentées et examinées ici pour donner une idée des possibilités de « lutter » contre le « franglais » et pour le maintien du français « original ». La première loi présentée est la « loi 101 » de 1977 en Québec, la deuxième est la « loi Toubon » de 1994 en France.

Québec est une province canadienne qui est majoritairement francophone (en 2011, 78,1 % de la population parlaient français comme la langue maternelle et presque 88 % étaient francophones6 ). Comme Québec est la seule province francophone au Canada et comme elle a une longue frontière avec les États-Unis, le statut français était toujours en danger et fragile.7 C’est pourquoi l’usage du « franglais » a toujours été très courant en dépit de certains mots « anti-franglais » (par exemple « arrêt » dans les panneaux au lieu de stop, la « fin de semaine » au lieu de week-end). Pour donc protéger la position dominante du français, l’Assemblée nationale du Québec a adopté la loi 101 (nom officiel : « Charte de la langue française) en 1977. Cette loi a fait du français la seule langue officielle du Québec.8 Dans le préambule, il est écrit que le français forme « la langue de l‘État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l‘enseignement, des communications, du commerce et des affaires »9. En conséquence, la loi a changé plusieurs domaines de la société comme l’enseignement, les offices publics ou les évènements culturels. En général, la loi jouit d’une grande popularité parmi les Francophones québécois, tandis que surtout les Anglophones et les Allophones (les immigrés qui n’ont ni l’anglais ni le français comme langue maternelle) la critiquent.10 Selon eux, la loi défavorise les non-francophones et a des effets négatifs pour l’économie québécoise qui aurait perdu sa position à Ontario, la province voisine majoritairement anglophone.

En France par contre, le point de départ est très différent, puisque le français y est la seule langue officielle et de loin la langue la plus parlée. De plus, la langue française est depuis le Moyen Âge très influencée, contrôlée et propagée par l’État, parce que le français de l’Île de France était la langue du Roi qui a progressivement supplanté d’autres langues et de dialectes locales du Royaume français.11 De nos jours, on voit encore cette responsabilité de l’État envers l’usage correct et la diffusion de la langue française à cause des institutions comme surtout l’Académie française (créée déjà en 1635).

En conséquence, l’État français essaie de limiter la diffusion du « franglais » en promulgant certaines lois. La loi la plus pertinente dans ce contexte est sûrement la loi Toubon de 1994, qui est officiellement nommée « Loi 94-665 de 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ». Cette loi a été proposée par l’ancien Ministre de la Culture et de la Francophonie Jacques Toubon afin de promouvoir la situation de la langue française et de protéger des salariés et des consommateurs en France contre des textes incompréhensibles pour ceux qui ne parlent pas assez d’anglais.12 La loi donc ordonne l’usage du français dans le gouvernement, dans la publicité, dans les entreprises, dans la diffusion des médias comme dans les radios privées (40 % des chansons dans les radio privées doivent être francophones, dont 20 % des groupes talentueuses et de nouvelles productions)13 et dans les écoles qui sont financées par le gouvernement (y inclus le breton dans la Bretagne). En plus, Toubon a publié une liste des mots français, majoritairement constituée par des néologismes, qui ont pour tâche de remplacer certains mots du « franglais ».14 L’exemple le plus connu pour son échec est le néologisme « la vacancelle » pour l’anglicisme « le week-end ». Comme le mot « le week-end » est largement utilisé depuis des décennies en France (tandis qu’au Québec on dit « la fin de semaine »), il était impossible de le supplanter par un nouveau mot. D’autres échecs ont abouti au nom « Law AllGood » (traduction anglaise littérale de loi Toubon) qui a été créé par des critiques qui se moquaient de certaines idées de la loi. Néanmoins, les institutions de la langue française ont aussi vécu quelques succès. Surtout dans le domaine informatique, beaucoup de mots français se sont imposés: Par exemple, les Français disent « l’ordinateur » (pas computer), « le logiciel » (pas software) ou « télécharger » (pas to download).

[...]


1 Thody, Philip: Le Franglais. Forbidden English, Forbidden American. Law, Politics and Language in Contemporary France. A Study, Leeds 1995, p. 56.

2 Claudine Zevaco, Guide du français pour tous, Paris 1999, p. 66.

3 Étiemble, René: Parlez-vous franglais?, Paris 1964, p. 46.

4 Gilder, Alfred: En vrai français dans le texte: dictionnaire franglais-français, Paris 1999.

5 Voici une liste des réemprunts avec des explications: https://www.frog-leap.de/presseservice/ver%C3%B6ffentlichte-beitr%C3%A4ge/art-11-2013/ (vu le 15 juin 2017).

6 Ces chiffres viennent du page web: https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/etudes2016/brochure-2016.pdf (vu le 16 juin 2017)

7 Duval, Hélène / Piourde, Michel: Le français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie, Québec 2000, p. 312.

8 Bourhis, Richard / Landry, Rodrigue: La loi 101 et l’aménagement du paysage linguistique au Québec, Québec 2000, p. 107.

9 Vois le préambule dans le texte officiel de la loi 101: http://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/C-11 (vu le 13 juin 2017)

10 Bourhis / Landry: La loi 101 et l’aménagement du paysage linguistique au Québec, p. 107.

11 Perret, Michèle: Introduction à l’histoire de la langue francaise, p. 45-56.

12 Gaudin, Francois: Droit aux mots, droit au savoir. Approche glottopolitique de la loi Toubon, Paris 1996, pp. 43-61.

13 http://www.csa.fr/Radio/Le-suivi-des-programmes/La-diffusion-de-chansons-d-expression-francaise/Entree-en-vigueur-du-quota-de-40-de-chansons-francophones-a-la-radio (vu le 15 juin 2017).

14 Vois: http://www.slate.fr/story/69533/francais-anglais-angliscismes-franglais (vu le 15 juin 2017).

Fin de l'extrait de 8 pages

Résumé des informations

Titre
La lutte contre le franglais. Les mesures franco-québécoise contre l’usage croissant de la langue anglaise
Université
University of Tubingen  (Romanistisches Seminar)
Cours
Französisch III: « La société française »
Note
1,3
Auteur
Année
2017
Pages
8
N° de catalogue
V520018
ISBN (ebook)
9783346136435
ISBN (Livre)
9783346136442
Langue
Français
mots-clé
Franglais, Québec, Frankreich, Englisch, Loi 101, Loi Toubon, Anglizisierung, Globalisierung, Partikularismus
Citation du texte
Tim R. Kerkmann (Auteur), 2017, La lutte contre le franglais. Les mesures franco-québécoise contre l’usage croissant de la langue anglaise, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/520018

Commentaires

  • Pas encore de commentaires.
Lire l'ebook
Titre: La lutte contre le franglais. Les mesures franco-québécoise contre l’usage croissant de la langue anglaise


Télécharger textes

Votre devoir / mémoire:

- Publication en tant qu'eBook et livre
- Honoraires élevés sur les ventes
- Pour vous complètement gratuit - avec ISBN
- Cela dure que 5 minutes
- Chaque œuvre trouve des lecteurs

Devenir un auteur