La France et les Juifs - de la Révolution française à l'affaire Dreyfus


Mémoire d'Examen Intermédiaire, 2006

23 Pages, Note: 1,3


Extrait

Plan

1 Introduction

2 Histoire du judaïsme en France
2.1 Bref aperçu historique du XIVe au XVIIe siècle
2.2 Répartition des Juifs en groupes ethniques
2.2.1 Les Juifs de l’Est (Ashkenazim)
2.2.2 Les Juifs méridionaux (Sefardim)
2.2.3 Les Juifs du Pape (Sefardim)
2.2.4 Paris comme nouveau Jérusalem
2.3 L’émancipation: À la veille de la Révolution
2.4 La Révolution française et les Juifs : Période de la terreur
2.5 Napoléon et les Juifs
2.5.1 L’Assemblée des notables
2.5.2 Le Grand Sanhédrin
2.6 L’intégration : Siècle tranquille
2.6.1 Le patriotisme : Les Juifs dans l’armée
2.6.2 Les Juifs dans l’administration
2.7 La montée de l’antisémitisme
2.8 L’affaire Dreyfus

3 Conclusion

4 Bibliographie

5 Annexe:

Carte de géographie sur l’extension du judaïsme en France

1 Introduction

L’histoire des Juifs en France soulève des problèmes de périodicité dès le départ. Dois-je me plier au schéma de l’histoire française ou bien y a-t-il une chronologie générale de l’histoire des Juifs ? Il faut souligner que c’est une histoire qui s’est déroulée d’une manière très différente d’un pays à l’autre et qu’il y a même des différences énormes à l’intérieur d’un pays et que c’est un peuple qui était sans aucune structure d’État depuis longtemps. C’est pourquoi il existe un parallèle entre l’histoire du Land et celle des Juifs eux-mêmes dans ce travail. En plus, il faudra prendre en considération les développements régionaux.

Mes connaissances se fondent pour la plupart sur les travaux de Benbessa, Becker & Wieviorka et Blumenkranz. (Bibliographie, 4)

2 Histoire du judaïsme en France

Pour avoir une idée de l’origine du judaïsme en France, nous aborderons brièvement l’époque qui s’étend du XIVe au XVIIe siècle. (2.1)

Puis, nous examinerons les différents groupes ethniques avec leur diverse implantation géographique et leur développement particulier pendant les siècles suivants. Par ailleurs, Paris comme nouveau Jérusalem pour tous ces groupes juifs retiendra notre attention. (2.2)

Ensuite, nous nous pencherons sur l’histoire de tous les Juifs en France par ordre chronologique. Comment chaque groupe a été traité auparavant, nous montrerons dans ces chapitres leur développement d’ensemble entre l’intégration et l’antisémitisme. (2.3 - 2.8)

2.1 Bref aperçu historique du XIV e au XVII e siècle

La présence des Juifs sur le territoire français est très ancienne. Ce groupe marginal a déjà été attesté dans la Gaule romaine[1] et il a pratiquement disparu à la suite de leur proscription par l’édit de Philippe le Bel en 1306. Environ cent mille Juifs ont alors dû quitter le royaume de France pour aller s’installer dans les régions voisines : par exemple en Lorraine, en Alsace, dans la vallée du Rhin, dans le Comtat Venaissin, en Espagne, et quelquefois plus loin en Hongrie ou en Pologne. Néanmoins, tout au long du XIVe siècle, ils n’ont pas cessé de tenter de revenir en France seulement pour en être à nouveau expulsés. Ainsi, la population juive de France a progressivement été effacée et sa disparition a été définitive en 1394 sous Charles VI après que leur autorisation de séjour n’a plus été renouvelée. Ainsi, il n’y avait plus de Juifs dans le royaume de France, et cela a duré pendant un siècle environ.

Malgré une nouvelle non-autorisation de séjour en France en 1615, les Juifs y ont vécu en effet à partir de la fin du XVe siècle. Ils étaient originaires de différentes régions :

2.2 Répartition des Juifs en groupes ethniques

On ne peut comprendre l’histoire des Juifs en France qu’en traitant leur diversité car celle-ci est leur nature réelle. Dans l’Ancien Régime[2], les groupes juifs diffèrent l’un de l’autre suivant leur implantation régionale.

Tout d’abord, il y a une césure évidente entre le Nord qui fait partie de la sphère d’influence rhénane et qui se fait remarquer par l’exégèse biblique et le talmud et le Midi tout proche de l’Espagne et de la Méditerranée qui se tourne vers la philosophie et les connaissances mondaines.

Plus tard, on différencie entre le Sud-Ouest dans lequel des nouveaux chrétiens ont immigré de la péninsule ibérique, et le Nord-Est.

Par conséquent, on constate une ligne de séparation dans la communauté des Juifs français : Les Sefardim se démarquent distinctement des Ashkenazim. Dans le passage suivant nous présenterons brièvement l’évolution des groupes ethniques individuels dans les différentes régions géographiques.

Pour avoir un aperçu général et pour savoir dans quelle région on se trouve dans les différents chapitres, j’ai joint une carte de géographie sur l’extension du judaïsme en France avec les régions et les villes les plus importantes pour leur histoire. (annexe : 5)

2.2.1 Les Juifs de l’Est (Ashkenazim)

« Ashkeness » signifie littéralement « allemand » et désigne l’une des grandes traditions juives. Le mot prend toujours une connotation péjorative.

La région d’Alsace et de Lorraine est une région avec des frontières géographiques et historiques mouvantes. Il y a des échanges ininterrompus entre les Juifs d’Alsace et ceux de l’autre rive du Rhin. Jusqu’à la guerre franco-allemande[3], la plus grande part de la population juive de France vit en Alsace. En 1808, l’Alsace-Lorraine héberge environ 79% de la population juive de la France et en 1861 il n’y vit que 63% et 57% cinq ans plus tard. (cf. Benbassa 1997, p.131) À la veille de la Révolution, la moitié d’entre eux, près de 20.000, se trouvent en Alsace. En Lorraine, les Juifs sont environ 7.000. La plus nombreuse communauté lorraine est évidemment celle de Metz avec un peu moins de 2.000 Juifs. De plus, les Juifs se partagent entre Nancy et Lunéville. Les Juifs alsaciens-lorrains sont considérés comme le groupe placé le plus bas dans la hiérarchie sociale.

Les Juifs d’Alsace en particulier forment une communauté assez misérable : Ils sont astreints à payer des taxes spéciales, parfois dégradantes comme le « droit de pied fourchu » qui les assimile aux porcs. (cf. Blumenkranz 1989, p.49) Ils vivent fort chichement de triperie, de colportage dans les campagnes et du prêt à intérêt. Il n’est pas rare qu’on leur reproche de « s’engraisser de la substance des autres ». (v. Blumenkranz 1989, p.108) Mais le colportage cède de plus en plus à la petite entreprise. Dans la première moitié du XIXe siècle, ils acquièrent une position dominante, voire de monopole dans le commerce des bestiaux et en particulier dans celui des chevaux. « Le marchand de bestiaux, figure emblématique du judaïsme alsacien“ (v. Becker 1998, p.50). En plus, les professions libérales et les métiers manuels se développent grâce aux efforts des consistoires et de certaines associations qui encouragent l’apprentissage des professions « utiles ». Il faut pourtant attendre encore une génération, voire la fin du siècle pour que les enfants des colporteurs et marchands de bestiaux deviennent de petits boutiquiers ayant pignon sur rue et que le fils du ferrailleur devienne quincaillier, celui du marchand de bestiaux tanneur ou marchand de chaussures, celui du colporteur marchand de tissus.

Très attachés à leurs communautés et à leurs coutumes particulières, ils ne sont ni intégrés à la France ni à la paysannerie locale dont ils ne partagent pas le mode de vie et avec laquelle ils entretiennent souvent des rapports difficiles, en particulier parce que beaucoup de paysans s’endettent envers eux.

Les Juifs de Lorraine, sans être beaucoup plus aisés, se situent à un degré un peu plus élevé que ceux d’Alsace. Le commerce des grains, des fourrages, des bestiaux et de l’argent prend une ampleur plus grande, élevant certains à la condition de banquiers et d’entrepreneurs. (cf. Becker 1998, p.17)

Les Juifs de l’Est s’indignent contre la négligence religieuse de leurs coreligionnaires du Sud-Ouest. L’évolution se déroule effectivement d’une manière plus lente dans l’Est et leurs structures et coutumes demeurent. C’est pour cela que peu nombreux sont ceux qui prêtent spontanément le serment civique. En Alsace, même après l’émancipation, ils sont encore exposés à la persécution par leurs concitoyens chrétiens. Le fait qu’ils parlent yiddish pour la plupart les pousse à proximité de l’ennemie juré, l’Allemagne, surtout après 1871.

L’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871 renforce l’émigration en France, parce que les personnes concernées refusent de rester en territoire allemand. L’accroissement de la population juive n’est pas seulement lié à l’immigration, mais à la fécondité de leurs familles : La plupart d’entre eux ont au moins trois à cinq enfants.

Au milieu du siècle les groupes juifs de l’Est sont encore d’origine rurale bien qu’on puisse constater un mouvement net en direction des villes comme Mulhouse, Colmar, Belfort et Strasbourg, en particulier chez les Alsaciens auxquels l’installation dans les villes a été interdite sous l’Ancien Régime. Strasbourg particulièrement leur a hermétiquement été fermée. Maintenant ils peuvent s’installer où ils le souhaitent. C’est une urbanisation relativement lente et elle se déroule en deux étapes: Tout d’abord, il y a une migration vers des villes les plus grandes situées à l’intérieur de la région et ensuite à Paris ou dans d’autres métropoles. Mais très souvent, ils restent rassemblées dans de grandes communautés rurales.

2.2.2 Les Juifs méridionaux (Sefardim)

Les Sefardim sont plus évolués et plus assimilés à la population française que les Ashkenazim. Les plus anciennement installés viennent d’Espagne et du Portugal. À Bordeaux et à Bayonne, ils arrivent du Portugal au XVIe siècle et se présentent comme catholiques. En fait, ils ne sont catholiques qu’extérieurement et pratiquent la religion juive en secret. Ils sont comme des « marrans ». C’est la raison pour laquelle ils doivent quitter l’Espagne d’abord et le Portugal ensuite, où ils sont persécutés. Leur présence en France est autorisée par les lettres patentes d’Henri II, renouvelées plus tard par Henri III, Louis XIV et Louis XV. Ils doivent « être traités et regardés ainsi que nos autres sujets nés en notre royaume, et réputés tels tant en jugement que dehors. » (v. Girard 1989, p.39)

[...]


[1] Ie - IIIe siècle

[2] désigne la période qui va du Moyen Âge à la Révolution française (XVIe – XVIIIe siècle)

[3] 19 juillet 1870 – 10 mai 1871

Fin de l'extrait de 23 pages

Résumé des informations

Titre
La France et les Juifs - de la Révolution française à l'affaire Dreyfus
Université
University of Osnabrück
Cours
Le 19e siècle: les grandes crises de la société française
Note
1,3
Auteur
Année
2006
Pages
23
N° de catalogue
V53424
ISBN (ebook)
9783638488822
Taille d'un fichier
1007 KB
Langue
Français
mots-clé
France, Juifs, Révolution, Dreyfus
Citation du texte
Jasmin Liebig (Auteur), 2006, La France et les Juifs - de la Révolution française à l'affaire Dreyfus, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/53424

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