Le contexte historique dans "Nedjma" de Kateb Yacine


Exposé Écrit pour un Séminaire / Cours, 2004

17 Pages, Note: 1,0


Extrait

I. Synopse

„Nedjma“ révèle la mission de Kateb Yacine d`explorer les origines, «les mémoires abîmées», de remonter le temps à partir des récits lacunaires des quatre personnages rivaux qui désirent Nedjma, l`incarnation de l`Algérie même. Cependant cette mission de reconstituer l`histoire des origines demeure difficile et les personnages flottent entre un présent de crise, un passé marqué par la faute originelle des parents, et un avenir incertain.

De-là l`errance qui parait ne jamais finir, la quête de racines ainsi que le refuge dans un temps mythique.[1]

Dans «Nedjma» on croit entendre les voix des personnages se mélanger, se compléter et s`intercaler sans cesse- il faut être fort attentif pour en apprendre les allusions qu`elles font à tout un ensemble des passages historiques, à la fois ambiguës et changeants selon la figure qui parle, imbibés des connotations, des émotions et des illusion quant au passé, présent et futur commun.

Je vais donc essayer de redonner le contexte historique dans lequel s´encadre «Nedjma» d`une façon diachronique jusqu´au moment ou l`action se déroule dans le roman, pour ensuite évoquer le passage-clé de ce roman, à savoir les manifestations de Sétif de 1945, tout en traitant et analysant les allusions intercalées aux époques archaïques de l`Algérie des passages rajoutés.

Séminaire de littérature Cadre historique dans Nedjma Petre Puskasu

II. Histoire de l´Algérie jusqu` à l`époque coloniale

2000- 1000 avant J.-C.:

Domination phénicienne de la Mer Méditerranée. Les Phéniciens fondent quelques comptoirs sur la côte de l`Afrique du Nord, notamment à Hippone et Utique.[2]

1000- 146 avant J.-C.:

Les chefs des tribus berbères collaborent avec les Carthaginois en ce qui concerne le domaine militaire. Cette période a été marquée par une influence importante de la culture algérienne par la langue punique. Les Carthaginois trouvent un appui remarquable autour des tribus berbères

dans leur lutte contre la domination romaine. Le territoire de l`Algérie actuelle se composait à cette époque d`un ensemble des tribus indépendantes parmi lesquelles le Royaume dirigé par le roi Massinassa qui fait de Cirta (Constantine) sa capitale, les Royaumes de Numidie de Syphax et Jugurtha. Les descendants de Massinassa vont lutter contre l`Empire Romain pendant sept ans (112-105 avant J.-C.) dans la Guerre jugurthine entre Jugurtha, le roi des Numides et les Romains.[3]

146 avant J.-C. – 429 après J.-C. :

Dans cette période la Numidie devient une province romaine. Sous l’autorité romaine, elle va être nommée, avec l’Égypte le «grenier de Rome», fournissant blé et huile d’olive. Pour protéger la région des raids des tribus nomades, un réseau de voies militaires a été construit, reliant entre elles des villes de garnison, environ cinq cents cités de 5000 à 10000habitants, qui ont été dotées de tous les attributs des villes romaines (Timgad, Lambèse). Au IVesiècle apr.J.-C., alors que les légions romaines appelées à défendre l’Empire en déclin se retirent de Numidie, la région a été, pour un temps, déclarée indépendante. En temps que la population berbère latinisée, tôt convertie à la foi

Séminaire de littérature Cadre historique dans Nedjma Petre Puskasu chrétienne, se rallie en effet massivement à cette secte chrétienne, les tribus berbères des montagnes, non latinisées, continuent à résister.[4]

429-647

Dans un contexte d’anarchie, ce sont les Vandales qui vont envahir l’Afrique du Nord et y établir un royaume en 429. Leur domination, limitée à la bande côtière, va rester cependant fragile, et des principautés berbères indépendantes peuvent se reconstituer durant cette période. En 533, les Vandales sont chassés par les armées de l’Empereur byzantin, JustinienIer, dont le rêve était de faire renaître la splendeur de l’Empire romain. La conquête byzantine, pourtant, va se limiter seulement à l’est du pays.[5]

647-1516

En 647 ce sont les Arabes, porteurs d’une nouvelle religion, l’islam, qui se lancent à la conquête de l’Afrique du Nord. À l’est, dans les Aurès, ils ont du s’opposer à la résistance de deux chefs berbères, Kusayla et la Kahina. Mais, à partir du VIIIesiècle, les Berbères se soumettent et se convertissent massivement à l’islam. Après 740, tandis que se multiplient les querelles de succession pour le califat, les Berbères se dressent contre l’autorité califale. Dès le XIesiècle, l’arabe devient la langue majoritaire dans les plaines et les steppes. Seuls les Berbères des montagnes résistent durablement. Deux dynasties berbères doivent cependant régner sur toute la région entre le XIe et le XIIIesiècle: les Almoravides et les Almohades. Les ports maritimes (Béjaïa, Annaba et Alger, en pleine expansion) développent un commerce actif, apportant en Europe les fameux chevaux barbes, de la cire, un cuir de qualité et des tissus.[6]

1519-1830

Période de domination turque. L’anéantissement des Almohades, en 1269, déclenche une rude bataille commerciale entre chrétiens et musulmans pour le contrôle des ports de la Méditerranée. Dès

Séminaire de littérature Cadre historique dans Nedjma Petre Puskasu la fin du XVesiècle, après la reconquête chrétienne de la totalité de l’Andalousie, l’Espagne occupe plusieurs ports de la côte algérienne (Mers el-Kébir, Oran, Béjaïa). Les Abdelwadides acceptent le protectorat espagnol, mais les autorités religieuses des villes portuaires, soutenues par la population, engagent des corsaires, qui captent les navires marchands et retiennent l’équipage et la cargaison en échange d’une rançon. En 1518, Alger et plusieurs autres ports sont assiégés par les Espagnols; les Turcs ottomans sont alors appelés à la rescousse. Les Barberousse, deux frères corsaires, obtiennent du sultan Soliman le Magnifique d’être envoyés en Afrique du Nord avec une flotte. Ils chassent les Espagnols de la plupart de leurs nouvelles possessions et le plus jeune des Barberousse se voit nommé représentant du sultan en Algérie. Mais l’arrière-pays, le Sud, le Constantinois, la Kabylie, échappe au pouvoir de la régence d’Alger, qui est essentiellement une «colonie d’exploitation»[7].

[...]


[1] Voir Bousaha, H., La technique romanesque chez K.Yacine, Paris 1980

[2] Bertaux, P.: Afrika bis zum Kommen der Europäer, dans Propyläen-Weltgeschichte, Berlin 1999, p. 41

[3] Hoffmann, W.: Roms Aufstieg zur Weltherrschaft, dans Propyläen-Weltgeschichte, Berlin 1999, p. 80ff

[4] ibidem

[5] Voir Pflaum, H.-G.: Das römische Kaiserreich, dans Propyläen-Weltgeschichte, Berlin 1999, p. 272ff

[6] von Grunebaum, G.: Der Islam, dans Propyläen-Weltgeschichte, Berlin 1999, p. 115ff

[7] ibidem

Fin de l'extrait de 17 pages

Résumé des informations

Titre
Le contexte historique dans "Nedjma" de Kateb Yacine
Université
University of Vienna  (Institut für Romanistik)
Note
1,0
Auteur
Année
2004
Pages
17
N° de catalogue
V70300
ISBN (ebook)
9783638623155
ISBN (Livre)
9783638769068
Taille d'un fichier
624 KB
Langue
Français
mots-clé
Nedjma, Kateb, Yacine
Citation du texte
Mag. Petre Puskasu (Auteur), 2004, Le contexte historique dans "Nedjma" de Kateb Yacine, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/70300

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