Cette thèse a pour objectif d’identifier les facteurs qui sous-tendent la performance des PME familiales, en analysant les données récoltées sur toutes les unités de l’échantillon d’une part et celles issues uniquement des PME familiales adossées d’autre part. Nous avons pensé, non seulement, que la structure de gouvernance, le capital social, les caractères familiaux et les caractéristiques des PME expliquent leur performance, mais également que les avantages compétitifs (naturels) de ces entreprises peuvent disparaitre dans une situation de partage de la propriété. Le cadre d’analyse est centré sur la gouvernance d’entreprise, en adoptant une démarche plurielle. Il est donc question d’analyser empiriquement l’impact des mécanismes formels et informels de gouvernance sur la performance de ces entreprises tout en montrant les limites des uns et des autres lorsque certains changements s’opèrent, surtout dans l’entreprise.
Table des matières
Introduction générale
1. Contexte de l’étude
2. Problématique
3. Proposition et hypothèses de recherche
3.1. Proposition : Gestion et contrôle des PME à Goma
3.2. Hypothèses
3.2.1. Structure de gouvernance
3.2.2. Capital social
3.2.3. Caractères familiaux
3.2.4. Caractéristiques de la PME
4. Objectifs de la thèse
5. Intérêt du sujet
6. Délimitation de l’étude
7. Structure de la thèse
Chapitre 1 : Revue de la littérature théorique et empirique sur la gouvernance et performance des entreprises familiales
Introduction
1.1. Analyse théorique de l’entreprise familiale (PME familiale)
1.2. Confiance, conseil de famille (et charte familiale) et conseil d’administration
1.3. Analyse théorique de la performance
1.4. Origines de la performance des entreprises familiales (PME familiales)
1.5. Définition de la gouvernance adaptée aux entreprises familiales (PME familiales)
1.6. Cadre théorique et empirique d’analyse
Conclusion du chapitre 1
Chapitre 2 : Approche méthodologique de l’étude
Introduction
2.1. Posture épistémologique
2.2. Choix de la méthodologie de recherche
2.3. Choix du type d’investigation
2.4. Validité de la recherche
2.5. Mesure des variables et élaboration du questionnaire d’enquête
2.6. Champ d’investigation
2.7. Collecte de données et échantillonnage
2.8. Méthodes de collecte des données
2.9. Techniques de traitement des données
2.9.2.2. Epuration des items de la base de données
2.9.2.3. Spécification du modèle
Conclusion du chapitre 2
Chapitre 3 : Résultats de l’analyse exploratoire et descriptive des données
Introduction
3.1. Résultats qualitatifs (Entretiens)
3.2. Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire des données
3.3. Description de l’échantillon de l’étude
3.3.1. Statistiques des caractéristiques qualitatives et quantitatives des PME
3.3.2. Statistiques descriptives des variables mesurées par l’échelle
Conclusion du chapitre 3
Chapitre 4 : Analyse Empirique de l’Impact de la Gouvernance sur la performance des PME Familiales à Goma
Introduction
4.1. Présentation du modèle après l’ACP
4.2. Vérification empirique de la relation entre la gouvernance et la performance des PME familiale
4.3. Discussion des résultats
Conclusion du chapitre 4
Conclusion générale, implications, limites et pistes de recherches
1. Conclusion générale
2. Implication des résultats
3. Limites de la recherche
4. Pistes nouvelles de recherche
Objectifs et thématiques
Cette recherche doctorale a pour objectif fondamental d’identifier et d’analyser les déterminants de la performance des petites et moyennes entreprises (PME) familiales congolaises, en examinant tout particulièrement l'influence conjointe des mécanismes formels et informels de gouvernance. La question centrale vise à comprendre comment les structures de gouvernance, le capital social, les caractères familiaux et les caractéristiques organisationnelles façonnent la réussite de ces entreprises à Goma, tout en mettant en lumière les limites des avantages concurrentiels naturels lorsque la propriété du capital est partagée entre plusieurs associés.
- L'analyse plurielle de la gouvernance d'entreprise combinant théories disciplinaires, cognitives, de l'intendance et du capital social.
- L'évaluation empirique des mécanismes formels (conseil d'administration, comités, planification) et informels (confiance, réunions familiales, réseaux).
- La modélisation bidimensionnelle de la performance distinguant les indicateurs économiques (chiffre d'affaires, bénéfice, part de marché, total bilan) de la croissance de l'emploi.
- L'impact du partage de la propriété et du nombre d'associés sur la dynamique de gouvernance et sur la préservation des avantages du familiness.
- Les recommandations managériales et institutionnelles pour le développement pérenne des PME en République Démocratique du Congo.
Extrait du livre
1.2.1. Confiance
Plusieurs définitions existent pour saisir le concept de confiance. D’après Rousseau et al. (1998) et Sitkin et Roth (1993), la confiance est d’une part un état psychologique dans lequel une personne accepte une situation de vulnérabilité parce que connaissant au départ que les intentions et comportements positifs viendront de l’autre ; et de l’autre, elle est le sentiment éprouvé par l’un sur l’autre que ce dernier agira conformément à ses intérêts (Godé-Sanchez, 2003).
Une autre définition adoptée et couramment utilisée dans la littérature (Eloi Laurent, 2009) est celle trouvée dans le livre classique de Gambetta « can We trust Trust ? » sur la confiance interpersonnelle. Selon cet auteur, la confiance est la probabilité subjective par laquelle un individu A a une attente sur l’amélioration de son bien-être à partir de l’action de B.
Plusieurs études soulignent l’importance de la confiance en tant que mécanisme de gouvernance (Uzzi, (1996). Selon Arrow (1974), la confiance : « possède une valeur économique essentielle car elle accroît l’efficience du système et permet de produire des biens et des valeurs et évite de générer certains coûts comme la recherche du caractère crédible ou non de la parole donnée par l’autre ». La confiance, par ses effets réducteurs sur les coûts de contrôle, permet une coordination et une collaboration plus efficace dans l’organisation (Davis et al, 2000).
Tout en facilitant l’échange des ressources et des informations utiles pour une performance supérieure de l’entreprise, la confiance permet aussi l’amoindrissement du risque (Uzzi, 1996). La confiance serait ainsi le canal par lequel l’entreprise familiale construit sa performance du fait de la création des conditions d'une régulation complémentaire au marché, permettant la diminution des coûts de transaction (Allouche et Amann 1998).
Résumé des chapitres
Introduction générale : Ce chapitre introductif pose le contexte macroéconomique des PME en Afrique subsaharienne et en RDC, expose la problématique des systèmes de gouvernance appliquée aux firmes familiales, explicite les hypothèses de travail et définit les objectifs scientifiques et pratiques de la recherche.
Chapitre 1 : Revue de la littérature théorique et empirique sur la gouvernance et performance des entreprises familiales : L'auteur y explore les contours conceptuels de l'entreprise familiale et de la performance multidimensionnelle, tout en synthétisant les approches disciplinaires, cognitives, de l'intendance, des droits de propriété et du capital social afin d'élaborer un cadre conceptuel intégrateur adapté aux contextes émergents.
Chapitre 2 : Approche méthodologique de l’étude : Ce chapitre explicite l'ancrage épistémologique positiviste et le devis méthodologique mixte de l'étude, décrivant la phase qualitative exploratoire auprès de 34 dirigeants, l'élaboration du questionnaire d'enquête administré en face-à-face auprès de 334 PME à Goma, ainsi que les protocoles d'épuration factorielle (ACP) et d'analyse de régression multiple.
Chapitre 3 : Résultats de l’analyse exploratoire et descriptive des données : L'auteur présente les enseignements des entretiens semi-directifs et les étapes d'épuration des échelles de mesure qui dégagent une structure bidimensionnelle de la performance, cinq facteurs de gouvernance, deux facteurs de capital social et six facteurs de caractères familiaux, complétés par le profil sociodémographique de l'échantillon.
Chapitre 4 : Analyse Empirique de l’Impact de la Gouvernance sur la performance des PME Familiales à Goma : Ce chapitre teste les relations économétriques par régression linéaire ordinaire en évaluant séparément l'ensemble de l'échantillon et les PME adossées, révélant que le formalisme organisationnel prend le pas sur les mécanismes informels dès lors que le capital est ouvert à plusieurs associés.
Conclusion générale, implications, limites et pistes de recherches : La conclusion générale récapitule les apports théoriques et empiriques, démontre l'importance prépondérante des objectifs non économiques dans la création d'emplois, émet des recommandations pour l'État congolais et les chefs d'entreprises, et identifie les perspectives de recherches futures.
Mots-clés
PME familiales, gouvernance d’entreprise, mécanismes formels, mécanismes informels, capital social, performance économique, croissance de l’emploi, République Démocratique du Congo, Goma, théorie de l’intendance, théorie d’agence, propriété partagée.
Foire aux questions
Quel est le sujet fondamental abordé dans cette étude ?
L'étude examine l'influence respective et les limites des mécanismes formels et informels de gouvernance sur la performance des petites et moyennes entreprises familiales évoluant dans la ville de Goma, en République Démocratique du Congo.
Quels sont les domaines thématiques centraux développés par l'auteur ?
Les thématiques centrales englobent les théories de la gouvernance d'entreprise (théorie de l'agence, des parties prenantes, de l'intendance, cognitive et du capital social), la spécificité des caractères familiaux (culture, altruisme, succession), la structure de propriété et la mesure multidimensionnelle de la performance organisationnelle.
Quel est l'objectif principal et la question de recherche guidant la thèse ?
L'objectif principal est d'expliquer comment les leviers de gouvernance impactent la performance des PME familiales congolaises, en répondant à la question centrale : quelle est l'influence des mécanismes de gouvernance formels et informels sur la réussite de ces entreprises selon qu'elles appartiennent à un propriétaire unique ou à plusieurs associés ?
Quelle démarche méthodologique a été adoptée pour mener cette recherche ?
La recherche adopte une démarche hypothético-déductive d'inspiration positiviste combinant une phase qualitative exploratoire (34 entretiens semi-directifs) et une phase quantitative principale reposant sur un questionnaire administré en face-à-face à 334 dirigeants de PME familiales, traité par analyse en composantes principales (ACP) et régressions linéaires multiples.
Quelles analyses sont menées dans le corps principal du travail ?
Le corps principal traite d'une analyse théorique approfondie des systèmes de gouvernance élargie, valide la qualité des instruments de mesure par analyses factorielles, et déploie des modèles économétriques distincts pour évaluer l'impact des variables sur la performance financière d'une part, et sur la création d'emplois d'autre part.
Quels termes clés caractérisent le cadre d'analyse de cette recherche ?
Les concepts majeurs qui structurent le modèle sont les mécanismes formels et informels, le capital social, la cohésion interne, la gouvernance élargie, les relations d'agence, les objectifs non économiques et la performance bidimensionnelle.
Pourquoi la performance des PME familiales a-t-elle été scindée en deux axes distincts ?
L'analyse en composantes principales a montré que la croissance de l'effectif employé s'isole complètement des indicateurs de performance purement économique (chiffre d'affaires, bénéfice, marge, actif total), traduisant le fait que l'embauche dans les PME familiales répond souvent à des objectifs sociaux et familiaux non financiers plutôt qu'à une stricte logique de rentabilité.
Quel est l'impact de l'ouverture du capital ou de la présence de multiples associés sur la gouvernance ?
Les résultats empiriques révèlent que le partage de la propriété neutralise l'impact de la plupart des mécanismes informels (comme les valeurs familiales et la cohésion sociale) et rend impératif le recours à un formalisme accru de gouvernance (tels que le conseil d'administration et les règles contractuelles) pour préserver la performance économique.
Quelles recommandations clés sont formulées à l'attention des pouvoirs publics congolais ?
L'auteur préconise notamment l'élaboration d'un code de gouvernance d'entreprise adapté aux réalités culturelles et familiales congolaises, la mise en place de cadres légaux protégeant les actionnaires minoritaires au sein des PME familiales, et le soutien à des structures financières brisant l'aversion excessive à l'endettement des dirigeants.
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- Michael Muhindo Uhuru (Author), 2019, Gouvernance et Performance des PME Familiales Congolaises, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1750763