L'influence du francais dans la formation des phrases interrogatives en basque


Thèse de Bachelor, 2016
39 Pages, Note: 1,7

Extrait

Table des matieres

1.Introduction

2. Formation des phrases interrogatives when francais en tenant compte special des constructions wh-in situ

3.Formation des phrases interrogatives when euskara batua
3.1. Faits generaux sur la syntaxe de la langue basque
3.2. Structure wh

4.Etat de la recherche
4.1. Un changement linguistique eventuel en labourdin
4.1.1. Donnees trouvees
4.1.2. Similarites en langue frangaise
4.1.3. Autres caracteristiques
4.2. Des facteurs susceptibles de provoquer ce changement
4.2.1. Des facteurs sociolinguistiques
4.2.2. Des facteurs naturels
4.3. Discussion

5. Saisie de donnees empiriques
5.1. Methode
5.2. Participants
5.3. Donnees

6. Interpretation des resultats

7. Conclusion et perspectives

A. Annexe

1. Introduction

Le basque (euskara) est une langue isolee parlee dans le sud de la France au de­partement Pyrenees Atlantiques et au nord de l'Espagne. Le Pays Basque est divise en sept provinces, dont quatre en Espagne (Araba, Gipuzkoa, Bizkaia et Nafarroa Garaia (frangais : Navarre Haute)) et trois en France (Zuberoa (frangais : Soule), Lapurdi (frg. Labourd) et Nafarroa Beherea (frg. Navarre Basse)). Dans chaque province, on parle une certaine variete. Les varietes peuvent etres tres differentes (cf. eg. Hualde 2003). Dans les annees 1960, on a cree une variete standard avec sa propre grammaire que l'on appelle Euskara batua (basque uni) (Pusch & Kabatek, 2011).

Morphologiquement, le basque est une langue ergative-absolutive (Haase, 2011). De plus, c'est une langue de sujet elliptique a trois fois, ce que Duguine & Irurtzun (2014) appellent Three Times Pro Drop Language. Il est entoure de langues ro­manes, principalement l'espagnol et le frangais. Dans l'histoire, le gascon aaussi joue un grand role en ce qui concerne les influences a la langue basque (Haase, 1992). La situation au pays basque est diglossique : soit basque-espagnol, soit basque-frangais (eg. Duguine & Irurtzun 2014).

Le basque possede un nombre d'environ 700000 locuteurs (Hualde, 2003), mais au Pays Basque d'Espagne, le nombre de jeunes locuteurs, surtout des neobascophones, croit, quant aux locuteurs du Pays Basque frangais ou il decroit (eg. Dold (2013), Eusko Jaurlaritza (2013)). La langue basque est connue pour un ordre de mots relativement libre (eg. Eguzkitza (1987), Ortiz de Urbina (1989)). Toutefois, dans les phrases interrogatives wh 1, l'ordre est assez stricte (cf. Ortiz de Urbina 1989, 1995). Neanmoins, du point de vue regional, l'ordre des mots y peut aussi varier (Ortiz de Urbina, 1995). En 2014, Duguine & Irurtzun (2014) ont decouvert en basque labourdin et navarro-labourdin, deux des trois dialectes parles dans le Pays Basque frangais, une strategie pour former des phrases interrogatives wh tout-a-fait nouvelle ressemblant a la strategie wh-in situ frangaise. Une possible influence est donc supposee. Cette nouvelle strategie wh basque sera presentee dans le travail suivant apres avoir explique la formation des phrases interrogatives wh en langue frangaise en tenant compte special sur la strategie wh-in situ et celle en euskara batua. Ensuite, une enquete sur la frequence de cette strategie sera presentee et ses donnees seront evaluees et interpretees. Enfin, le travail sera conclu et des perspec­tives futures seront indiquees.

2. Formation des phrases interrogatives wh en francais en tenant compte special des constructions wh-in situ

En frangais, il est possible de former des phrases interrogatives wh de manieres diverses. D'entre elles, la litterature distingue quatre types pricipaux de construc­tions : le mouvement wh (1), des constructions mouvement wh renforces (2), la strategie wh-in situ (4) et des constructions clivees (3).(cf. eg. Duguine & Irutzun (2014), Mathieu (1999), Boskovic (1998), Boskovic (2000), Shlonsky (2012)).

(1) Qu'as-tu vu? (Duguine & Irurtzun 2014 :e7, exemple (21))
(2) Qu'est-ce que tu as vu? (Duguine & Irurtzun 2014 :e7, exemple (22))
(3) (C'est) quoi que tu as vu? (Duguine & Irurtzun 2014 :e7, exemple (24))
(4) Tu as vu quoi ? (Duguine & Irurtzun 2014 :e7, exemple (23))

La strategie wh-in situ frangaise est un phenomene qui apparait surtout dans en frangais familier (Kaiser, 1998) et elle presente un nombre de proprietes grace aux- quelles elle se distingue d'autres strategies : une propriete est l'effet de l'intervention qui ne permet pas de mettre une question en negative (5). Elles sont aussi agram- maticales dans wh-islands 2 (6) (cf. eg. Boskovic 1998, Mathieu 1999, Shlonsky 2012, Duguine & Irurtzun 2014).

(5) *Jean ne mange pas quoi ? (Duguine & Irurtzun 2014 :e7, exemple (25))
(6) *Tu te demandes [comment aider qui] ? (Shlonsky 2012 :2, exemple (4b.))

Neanmoins, les phrases interrogatives wh-in situ peuvent creer des effets de wh- islands ce qui n'est pas possible pour la strategie mouvement wh (Shlonsky, 2012).

(7) a. *Qu'est-il est tombe sur la solution en faisant? (Duguine & Irurtzun 2014 :e8, exemple (33))
b. Il est tombe sur la solution en faisant quoi ? (Duguine & Irurtzun 2014 :e8, exemple (34))

En outre, Shlonsky (2012) affirme qu'elles sont agrammaticales dans des questions indirectes.

(8) *Tu te demandes Jean a vu qui ? (Shlonsky 2012 :4, exemple (9b.))

Du point de vue pragmatique, les phrases interrogatives wh-in situ sont presuppo- sitionelles ((9) a. & b.) bien qu'elles ne le soient pas aussi fort que les constructions clivees ((9) c.), elles le sont par rapport aux constructions de mouvement wh ((9) d.) (cf. eg. Duguine & Irurtzun 2010, Duguine & Irurtzun 2014).

(9) a. Question : Qui a mange les cerises ? Reponse : Personne (Duguine & Irurtzun 2014 : e9, exemple (38))
b. Question : Tu as mange quoi ? Reponse : Rien. (Duguine & Irurtzun 2014 :e9, exemple (40))3
c. Question : C'est qui qui a mange les cerises ? Reponse : ft Personne. (Duguine & Irurtzun 2014 : e9, exemple (37))
d. Question : Qu'as-tu mange? Reponse : Rien. (Duguine & Irurtzun 2014 :e9, exemple (38))

Une autre propriete des questions wh-in situ (10) est le fait qu'elles ne sont pas tres exhaustives comparees en face des constructions clivees (11) etant agrammaticales accompagnees par un rajout comme d'autre (cf. Duguine & Irurtzun 2014).

(10) Paul a mange quoi d'autre? (Duguine & Irurtzun 2014 : e10, exemple (45))
(11) *C'est quoi d'autre que Paul a mange? Duguine & Irurtzun 2014 : e10, exemple (44)

Curieusement, il est possible de former des phrases interrogatives wh-in situ dans plusieurs langues. Celles-ci apparaissent surtout dans des questions echo ou dans des questions wh multiples (eg. Etxepare & Uribe-Etxebarria (2005), Kaiser & Qua- glia (2015)). Sur ce point, Kaiser & Quaglia (2015) ont compare la frequence des questions wh-in situ dans les traductions italiennes, espganoles et portugaises des romans Total Kheops, Solea et Chourmo de Jean-Claude Izzo a leurs originaux frangais.4 Ces romans sont tous ecris en langage tres familiere. Comme resultat Kaiser & Quaglia (2015) regurent que les originaux frangais contiennent de 29,4% - 34,9% de phrases interrogatives wh-in situ quant aux autres langues examinees, il n'y en avaient que de 0% - 2,2%, meme si la langue potugaise est consideree d'etre du meme type que la langue frangaise en ce qui concerne la strategie de questions. Concernant les questions wh-in situ trouvees dans les traductions, il ne s'y agissait que des questions echo.

Ce qu'il faut mettre en exergue, c'est qu'il est possible de former des phrases in- terrogatives wh-in situ frangais ne sont pas limitees a des questions echo ou dans des contexets de questions multiples (voir eg. Chang (1997), Lai-Shen Cheng & Rooryck (2000), Kaiser & Quaglia (2015), entre autres).

3. Formation des phrases interrogatives when euskara batua

3.1. Faits generaux sur la syntaxe de la langue basque

Le basque est une langue verbe final. L'ordre des mots general dans les phrases de­claratives est sujet-objet indirect-objet direct-verbe (S-IO-DO-V)(eg. Laka (1993)).

(12) Jonek Miren ikusi zuen. Jon.ERG Miren voir AUX Jon a vu Miren. > (Ortiz de Urbina 1995 :99, exemple (1))

Neanmoins, l'ordre des mots peut varier selon le contexte. Le galdegaia, l'informa- tion la plus importante dans la phrase est directement liee au complexe verbal (eg. Ortiz de Urbina 1989, 1995).

(13) a. Miren ikusi zuen Jonek Miren.FOC voir AUX Jon.ERG <C'est Miren que Jon a vu.> (Ortiz de Urbina 1995 :100, exemple (1a.))
b. Jonek ikusi zuen Miren. Jon.ERG.FOC voir AUX Miren <C'est Jon qui a vu Miren.> (Ortiz de Urbina 1995 :100, exemple (1b.))
c. Ikusi zuen Jonek Miren. voir AUX Jon.ERG Miren Jon a vu Miren.> (Ortiz de Urbina 1995 :100, exemple (1d.))

Les exemples illustrent lavariabilite de l'ordre des mots dans des differentes contextes, mais le seul exemple ou l'ordre des mots soit pragmatiquement neutre est (12)(cf. Reglero 2003 :150).

Cet ordre de constituentes relativement libre n'est possible que dans les phrases declaratives (cf. eg. Oritz de Urbina 1995).

3.2. Structure wh

D'un point de vue typologique, dans les langues SOV, on distingue deux types. Chez l'un, l'interrogatif ne se deplace pas, ce qui est par exemple le cas en chinois (Ormazabal et al., 1994). L' Euskara batua par contre, correspond a l'autre type ou le pronom interrogatif de se deplacer et apparait directement avant le verbe (cf. Ormazabal 1994 et al. et Ortiz de Urbina 1989).

(14) a. Nork jan ditu gereziak? qui manger AUX les-cerises <Qui a mange les cerises ?>
b. Zer jan ditu Peiok ? quoi.ABS manger AUX Peio.ERG <Qu'est-ce que Peio a mange ?>
c. Nori eman dio oparia Peiok ? qui.DAT donner AUX cadeau.ABS Peio.ERG <A qui Peio a-t-il donne le cadeau?>
d. Non erosi du oparia Peiok ? ou acheter AUX cadeau Peio.ERG <Ou est-ce que Peio a achete le cadeau>
e. Noiz erosi du oparia Peiok ? quand achter AUX cadeau Peio.ERG <Quand est-ce que Peio a achete le cadeau?> (Duguine & Irurtzun 2014 :e1-e2, exemples (2)-(6))

Les exemples montrent des questions a propos du sujet (a.), de l'objet direct (b.), de l'objet indirect (c.) et des circonstants (c. & d.)(cf. Duguine & Irurtzun 2014). Dans l'analyse classique sur le modele de principes et parametres, l'interrogative wh se deplace dans la Spec-CP ou Spec-FocP. Le verbe flechi, compose de V+ v +T, se deplace egalement vers la tete de C et suit la phrase wh (cf. Ortiz de Urbina 1989, Duguine & Irurtzun 2014).

(15)(Duguine & Irurtzun 2014 :e2, exemple (7))

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Ortiz de Urbina (1989) observe le meme phenomene dans des questions indirectes. Le verbe apparait immediatement apres la phrase wh deplacee.

(16) Ez dakit noiz etorri den herri honetara. sais quand venir AUX ville dans-cette <Je ne sais pas quand il est venu dans cette ville.> (Ortiz de Urbina 1989 :214, exemple (14 i.))

Toutefois, en basque navarro-labourdin, un dialecte de Navarre Basse, il est possible que l'auxiliaire apparaisse avant le verbe lexical. Quand-meme, c'est le verbe qui apparait directement apres l'interrogatif wh (cf. Duguine & Irurtzun 2010) :

(17) Nork du ikusi Miren? qui-ERG AUX voir Miren <Qui voit Miren ?> (Duguine & Irurtzun 2010 :e, exemple (4a))

En effet, Duguine & Irurtzun (2014) mentionnent qu'en basque labourdin et en navarro labourdin, deux des trois dialetces parles au Pays Basque frangais dont le territoire s'etale de Hendaye le long jusqu'a la cote atalantique jusqu'a Bayonne (cf. Camino (2004) dans Duguine & Irurtzun (2014)), le complexe verbale peut etre clive.5 C'est-a-dire que seule l'auxiliaire se deplace et apparait directement apres l'interrogatif.

(18) Nork ditu gereziak jan? qui-ERG AUX les-cerises manger <Qui a mange les cerises ?> (Duguine & Irurtzun 2014 :e10, exemple (42) et note de bas de page (12))

Toutefois, le verbe y reste colle au pronom interrogatif.

Neanmoins Uriagereka (1999) affirme que des circonstants wh sont acceptes in situ pour quelques locuteurs. Selon Uriagereka (1999), le phenomene ci-dessus est du a la structure espagnole. En espagnol, dans les phrases interrogatives commengant par por que (pourquoi), il est possible de ne pas invertier. Mais selon une etude de Dold (2013), cette variante n'est presque pas acceptee au Pays Basque espagnol (voir aussi chapitre 4).

(19) Zergatik zaldunak herensugea hil zuen? pourquoi chevalier-DEF-ERG dragon-DEF-ABS tuer AUX <Pourquoi le chevalier a tue le dragon ?> (Uriagereka 1999 :412, exemple (16))

En ce qui concerne les phrases interrogatives avec plusieurs pronoms interrogatifs, selon Reglero (2003), ilyadeuxpossibilites pour les exprimer : soit les deux interro- gatifs sont places au debut de la phrase6 (20), soit un interrogatif apparait audebut et l'autre reste in situ (21)7. Reglero (2003) affirme aussi que la strategie Multiple wh-fronting est agrammaticale pour quelques locuteurs. Toutefois, Reglero (2003) ne mentionne pas dans quelles regions cette strategie est acceptee ou desapprouvee.

(20) Nork zer erosi du ? qui-ERG quoi-ABS acheter AUX <Qui achete quoi ?> (Reglero 2003 :194, exemple (23))
(21) Nork erosi du zer? qui-ERG acheter AUX quoi-ABS <Qui achete quoi ?> (Reglero 2003 :194, exemple (22))

En regardant la strategie in situ II le verbe doit se deplacer, quant a la strategie Multiple wh-fronting, celle-ci correspond a l'ordre dans les phrases declaratives8. Sauf la strategie in situ II decrite par Reglero (2003) et la srategie decrite par Uriagereka (1999), on peut conclure que la structure des phrases interrogatives est assez severe avec presqu'aucune variabilte en euskara batua.

Des phrases interrogatives en basque ressemblent ainsi aux constructions ou une constituente est mise en relief (voir chapitre 3.1) car aussi bien l'interrogatif que le galdegaia sont directement suivis par le verbe (eg. Eguzkitza 1986, Ortiz de Urbina 1989).

4. Etat de la recherche

4.1. Un changement linguistique eventuel en labourdin

Selon une etude de Dold (2013) sur l'acceptance de l'ordre des mots dans les phrases interrogatives en basque, les bascophones du territoire espagnol acceptent moins la non-inversion du sujet et de l'element wh (surtout quand il s'agit de ques­tions commengant par l'interrogatif Zergatik (pourquoi) 9 que ceux du territoire frangais, bien que Uriagereka (1999) affirme que quelques locuteurs du Pays Basque de sud l'acceptent (voir aussi chapitre 3). D'apres Dold (2013), ce phenomene est du d'une part aux differentes politiques linguistiques au pays basque espagnol et frangais, car en Espagne, pour la plupart des locuteurs basques, il s'agit de neo- locuteurs qui ont appris l' euskara batua quant au pays basque frangais, il s'agit des locuteurs ou la plupart ne l'a appris qu'en famille des fagons dialectales et les locuteurs sont tous bilingues basques-frangais (cf. eg. Dold 2013, Eusko Jaurlaritza (2013)). D'autre part, Dold (2013) affirme que le frangais influence le basque dans la mesure ou la non-inversion dans des questions en frangais est plus frequente qu'en espagnol et souvent utilisee en langage familiere.

En ce qui concerne le basque parle en France, dans une enquete, Duguine & Irurt- zun (2014) ont trouve des donnees qui laissent augurer un changement linguistique au dialect labourdin et navarro-labourdin. Les resultats de cette enquete et l'inter- pretation de ceux-ci seront presentes dans les chapitres suivants.

4.1.1. Donnees trouvees

Duguine & Irurtzun (2014) ont observe que la jeune generation de locuteurs du basque labourdin (appeles ici locuteurs de YLB (Young Labourdin Basque)) produit des phrases interrogatives, a cote de la strategie standard decrite au chapitre 3, d'une maniere tout a fait nouvelle. Cette strategie en langue basque est consideree comme agrammaticale par les locuteurs des generations labourdines precedentes et ceux d'autres varietes basques (cf. Duguine & Irurtzun 2014 et Ortiz de Urbina 1995, voir aussi chapitre 3.2)10.

(22) Nork gereziak jan ditu ? qui.ERG cerises manger AUX <Qui a mange les cerises ?> (Duguine & Irurtzun 2014 :e4, exemple (10))

D'apres Duguine & Irurtzun (2014), l'exemple ne montre pas la strategie standard ou le verbe apparait immediatement apres le verbe, mais l'interrogatif et le verbe restent in situ. Duguine & Irurtzun (2014) justifient cette these a l'aide des exemples dans lesquels l'interrogatif a propos det l'objet direct ne peut pas apparaitre devant le sujet (23)a. ainsi qu'avant un objet au datif (23)b., car cela ne correspond pas a l'ordre normal dans la phrase declarative. Par contre, l'interrogatif a propos de l'objet indirect peut apparaitre devant l'objet direct (23)c., car cela correspond a l'ordre general S-IO-DO-V.

(23) a. *Zer Jonek jan du ? quoi.ABS Jon.ERG manger AUX (Duguine & Irurtzun 2014 :e5, exemple (11))
b. ??Zer Peiori eman dakozu? quoi.ABS a-Peio donner AUX (Duguine & Irurtzun 2014 :e5, exemple (13))
c. Nori gereziak eman dazkozu ? a-qui les-cerises donner AUX <Tu as donne les cerises a qui?> (Duguine & Irurtzun 2014, e5, exemple (12))

Ces exemples montrent, selon Duguine & Irurtzun (2014 :e5), qu'il s'y agit veri- tablement d'une strategie wh-in situ ou des structures comme S wh -IO-DO-V ou S-IO w h -DO-V sont permises, mais non pas d'elements se depla^ant a gauche de leur position de base car cela correspondrait plus a l'ordre general. Ainsi Duguine & Irurtzun (2014) proposent la structure suivante :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

(24) (Duguine & Irurtzun 2014 :e11, exemple (49))

L'hypothese qu'il s'y agit d'une sructure wh-in situ est renforcee par Duguine & Irurtzun (2014) qui ont aussi decouvert que la strategie nomme ci-dessus est aussi possible en intervenant des adjectifs.

(25) Jonek zer fite jan du ? Jon-ERG quoi-ABS rapidement manger AUX Jon a mange quoi rapidement?> (Duguine & Irurtzun 2014, e5, exemple (14b))

En outre, Duguine & Irurtzun (2014) s'apergoivent que les circonstants wh peuvent rester in situ en YLB, mais ils ne se concentrent plus a ce type de questions, car il est aussi accepte dans quelques varietes du sud (cf. Uriagereka 1999 et voir chapitre 3.2 de ce travail). Ici, ce type sera quand-meme mentionne car Dold (2013) s'est apergu qu'il est plutot accepte au Pays Basque frangais (voir aussi chapitre 3.2.) et puisqu'on verra au chapitre 5 que ce type est produit plus souvent au Pays Basque du nord qu'au sud.

(26) Zendako gereziak jan dituzu ? Pourquoi les-cerises manger AUX Pourquoi tu as mange les cerises ? (Duguine & Irurtzun 2014 :e5, note de bas de page 7)

4.1.2. Similarites en langue francaise

En plus, Duguine & Irurtzun (2014) montrent que les questions basques in situ montrees ci-dessus ressemblent aux phrases interrogatives wh in-situ frangaises que l'on a analysees au chapitre 2. C'est-a-dire qu'elles ne peuvent pas etre mises en negatif et des phrases wh ne peuvent pas etre in situ dans des wh-islands.

(27) *Jonek ez du zer jaten ? Jon.ERG NEG AUX quoi mange (Duguine & Irurtzun 2014 :e8, exemple (29))
(28) *Ez dakizu [nola norri opari bat eskaini] ? NEG sais comment qui cadeau un offrir (Duguine & Irurtzun 2014 :e8, exemple (31))

Concernant leur pragmatique, Duguine & Irurtzun (2014) montrent que les phrases interrogatives wh en basque se comportent comme leurs pendants frangais. C'est a dire que les phrases interrogatives in situ sont presuppositionelles, mais des re­ponses negatives sont acceptees (28)a., quant aux constructions renforces wh ou clives labourdins (28)b. (qui peuvent etre comparees avec les contructions clivees frangaises), une reponse negative ne l'est pas.

(29) a. Question : Nork gereziak jan ditu ? qui-ERG les-cerises manger AUX <Qui a mange les cerises ?> Reponse : Nehork ez. personne-ERG non-pas <Personne> (Duguine & Irurtzun 2014 :e10, exemple (41))
b. Question : Nork ditu gereziak jan ? qui-ERG AUX les-cerises manger <Qui a mange les cersises?> Reponse : ty Nehork ez. Personne non-pas < ty Personne> (Duguine & Irurtzun 2014 :e10, exemple (43))

Analogues aux phrases interrogatives wh-in situ frangaises, le pendant basque n'est pas non plus tres exhaustifs.

(30) Nork besterik gereziak jan ditu ? qui-ERG autre-PRT les-cerises manger AUX <Qui d'autre a mange les cerises ?> (Duguine & Irurtzun 2014 :e11, exemple (46))

En resume, il est donc possible de conclure que les phrases interrogatives wh-in situ en basque ressemblent a celles en frangais en ce qui concerne leurs restrictions pragmatiques et leurs environs syntaxiques.

[...]


1 anglais pour QQOQCCP. Dans le travail suivant, le terme anglais sera utilise.

2 des Hots QQOQCCP

3 Concernant les exemples ((9) a. & b., Duguine & Irurtzun (2010) affirment que quelques locuteurs n'acceptent pas une reponse negative a une question wh-in situ, mais il semble aussi que quelques uns n'ont aucun probleme avec cela.

4 Cette enquete sert de base a la saisie de donnees empirique presentee au chapitre 5 ou la methode sera encore une fois expliquee.

5 Dans le tavail suivant, ce phenomene sera appelle clive labourdin

6 Reglero (2003) appelle cette strategie Multiple wh-fronting

7 A ne pas confondre avec la strategie wh-in situ qui sera decrite au chapitre 4. Pour eviter les confusions, j'appelerai la strategie de Reglero (2003) in situ II

8 cf. chapitre 4 ou une strategie d'interrogation wh correspondant a l'ordre de mots dans les phrases declarative est decrite

9 Au lieu de zergatik, il est aussi possible de dire zendako ou zergaitik.

10 Duguine & Irurtzun (2014) etudierent la parole spontanee de dix-sept personnes (dont 12 feminines) de Labourd et de Navarre-Basse. Les locuteurs avaient entre 18 et 35 ans et etaient tous bilingues basque et frangais qui ont tous eu une education elevee. La plupart du groupe de controle a juge les enonces comme (22) comme grammaticaux.

Fin de l'extrait de 39 pages

Résumé des informations

Titre
L'influence du francais dans la formation des phrases interrogatives en basque
Université
University of Constance
Note
1,7
Auteur
Année
2016
Pages
39
N° de catalogue
V351572
ISBN (ebook)
9783346090379
ISBN (Livre)
9783346090386
Langue
Français
Annotations
Quelques erreurs stylistiques
mots-clé
Baskisch, Labourdin, Basque, l'influence du francais, linguistique, enquêtes empiriques, interrogation, basque parlé en France
Citation du texte
Lisa Marie Weber (Auteur), 2016, L'influence du francais dans la formation des phrases interrogatives en basque, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/351572

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