La présente étude a porté sur l’influence des formations végétales, du microclimat et des caractéristiques du sol sur la distribution à l'échelle fine des champignons ectomycorrhiziens. Cette étude vise à évaluer l’effet des paramètres écologiques, pédologiques et climatiques sur les communautés fongiques. Elle été réalisée dans la forêt classée de l’Ouémé Supérieur située au Nord Bénin dans trois différentes formations végétales (V1 = forêt claire à Isoberlinia doka, V2 = forêt claire à Isoberlinia tomentosa et V3 = forêt claire à Uapaca togoensis) repartis au sein de trois sites différents dont notamment Angaradebou, Sonnoumon et Gando, à raison d’un type de formation végétale par site. Neuf placeaux permanents de 2 500 m² ont été installés à cet effet dans les trois formations végétales et subdivisés en 25 placettes de 100 m2 chacun, soit au total 225 placettes. Les relevés mycologiques ont été effectués suivant une fréquence de deux visites par semaine et par placeau pendant 5 mois (Juin à octobre). L’abondance des espèces a été estimée par le comptage des individus intacts matures et immatures.
Cinq échantillons de sol au total ont été prélevés dans tous les placeaux au niveau des placettes 1, 5, 13, 21 et 25 et analysés au laboratoire afin de déterminer les caractéristiques chimiques et physiques du sol. Les variables climatiques (température, humidité relative et pluviométrie) ont été mesurées pendant toute la saison mycologique à l’aide des data logger HOBO micro station installés au milieu de chaque placeau (placette 13) et des pluviomètres au niveau de chaque site.
L’Analyse Canonique des Correspondances (CCA) a été réalisée suivie des analyses de variances afin de déterminer l’influence des types de forêt, des paramètres physiques et chimiques du sol et du microclimat sur les communautés fongiques et l’Analyse de Redondance Canonique (RDA) a permis de montrer le type de relation qui existe entre les variables édaphiques significatives et la richesse spécifique en champignons. [...]
Table des matières
Introduction générale
1. Problématique et justification
2. Questions de recherche
3. Objectifs et hypothèses de l´étude
Chapitre 1 : Revue de littérature
1.1. Symbiose mycorrhizienne
1.1.1. Composantes et différents types de symbiose mycorrhizienne
1.1.2. Biologie et importance des champignons ectomycorrhiziens
1.2. Diversité et distribution Africaine des végétations à EcM
1.2.1. Les forêts denses sempervirentes à EcM
1.2.2. Les forêts soudano-Zambézienne
1.3. Les essence forestières et familles à EcM en Afrique tropicale
1.3.1. Les Ceasalpiniaceae
1.3.2. Les Phyllantaceae
1.3.3. Les Dipterocarpaceae
1.3.4. Autres familles d´arbres EcM
1.4. Études chronologiques, écologiques, productivité et répartition des champignons EcM
1.5. Variabilité spatio-temporelle des fructifications de champignons EcM
1.6. Facteurs affectant les productions naturelles et répartitions des champignons EcM
1.6.1. Effet des facteurs pédologiques sur la distribution des communautés de champignons EcM
1.6.2. Structure du sol forestier et son influence sur l’occupation spatiale et fructification des champignons EcM
1.6.3. Influence des facteurs climatique sur la distribution des champignons EcM
Chapitre 2 : Matériel et méthodes
2.1. Présentation du milieu d´étude
2.2. Relief et hydrographie
2.3. Sols et géomorphologie
2.4. Végétation
2.5. Matériels d´étude
2.5.1. Les ressources végétales
2.5.2. Les ressources fongiques
2.5.3. Matériel de terrain
2.5.4. Matériel de laboratoire
2.6. Méthodes d’études
2.6.1. Échantillonnage de la végétation
2.6.2. Enregistrement des données biotiques (flore et mycoflore)
2.6.3. Enregistrement des données abiotiques (variable explicatives)
2.6.4. Traitement des données
2.7. Analyse statistiques des résultats et justification des outils
Chapitre 3. Influence des formations végétales sur les communautés fongiques ectomycorrhiziennes.
Introduction
3.1. Traitement des données
3.2. Variables explicatives et expliquées
3.3. Analyses statistiques
3.4. Résultats
3.4.1. Caractéristiques des types de forêts
3.4.2. Diversité floristique et richesse spécifique
3.4.3. Mycodiversité globale et représentativité des genres fongiques
3.4.4. Influence des types de forêt sur l’abondance spatiale de la composition des communautés fongiques
3.4.5. Effet des différents types de forêt sur l’abondance totale des espèces fongiques EcM
3.4.6. Effet des types de forêt sur la richesse spécifique des communautés fongiques
3.5. Discussions
Chapitre 4 : Influence des compositions physico-chimiques du sol sur les communautés fongiques.
Introduction
4.1. Traitement des données
4.2. Variables explicatives et expliquées
4.3. Analyses statistiques
4.4. Résultats
4.4.1. Synthèse d’analyse des échantillons du sol
4.4.2. Modélisation par étapes des paramètres physico-chimiques du sol en fonction de l’abondance en carpophores des communautés fongiques
4.4.3. Influence des paramètres chimiques du sol sur la richesse spécifique des communautés de champignons EcM
4.4.4. Type de relation entre le carbone organique, l’azote total et la richesse spécifique en champignon EcM
4.5. Discussions
Chapitre 5 : La variation des paramètres climatiques et édaphiques dans les écosystèmes forestiers et leur influence sur la composition des communautés fongiques.
Introduction
5.1. Traitement des données
5.2. Variables explicatives et expliquées
5.3. Analyses statistiques
5.4. Résultats
5.4.1. Variation des paramètres édaphiques au sein des placeaux
5.4.2. Variation des paramètres édaphiques au sein des formations forestières
5.4.3. La distribution des paramètres climatiques dans des types de forêt
5.5. Discussions
Conclusion générale
Objectifs et thèmes de recherche
Cette étude vise à évaluer l'influence des formations végétales, des conditions microclimatiques et des caractéristiques édaphiques sur la distribution à l'échelle fine des champignons ectomycorrhiziens dans la forêt classée de l'Ouémé Supérieur au Bénin.
- Distribution spatiale des communautés fongiques ectomycorrhiziennes.
- Influence des types de forêts (Isoberlinia doka, Isoberlinia tomentosa, Uapaca togoensis).
- Rôle des paramètres chimiques du sol (carbone organique, azote total) sur la richesse spécifique.
- Variations des conditions climatiques et leur impact sur la production de carpophores.
- Gestion durable des écosystèmes forestiers et de la production fongique.
Auszug aus dem Buch
1. Problématique et justification
La symbiose ectomycorrhizienne naît de la rencontre entre des hyphes du champignon mycorrhizien et les racines de l’arbre forestier et se traduit par la formation d'un organe mixte dénommé ectomycorrhize (EcM). Elle se manifeste par l'apparition des organes sporofères appelés sporophores ou carpophores visibles à proximité de la plante hôte (Smith et Read 1997a, Fortin et Lamhamedi 2009).
Dans cette relation la plante tire de nombreux bénéfices comme (i) une augmentation de l’assimilation des minéraux à faible mobilité (i.e., phosphore), des micronutriments et de l’azote, (ii) une augmentation de l’absorption d’eau et (iii) une amélioration de la santé de la plante du fait de son action contre certains pathogènes (Auteurs ?). Le champignon à son tour reçoit du sucre de son hôte, en sécrétant des enzymes protéolytiques et hydrolytiques pour pignocher les éléments nécessaires ( N et P ) contenus dans les macromolécules organiques disponibles dans le sol pour sa croissance (Garbaye et Guehl, 1997) .
Le complexe champignons-arbres joue donc un rôle majeur dans le maintien du couvert végétal et l’évolution spatio-temporelle des écosystèmes végétaux terrestres et conditionnent le fonctionnement microbien des sols. Pour ces raisons, le champignon est généralement considéré comme un facteur-clé du système sol-végétation durable.
Résumé des chapitres
Introduction générale : Présente le cadre de l'étude sur la symbiose ectomycorrhizienne, les enjeux de la recherche et les questions posées pour orienter la gestion durable des écosystèmes.
Chapitre 1 : Revue de littérature : Synthétise les connaissances actuelles sur la symbiose mycorrhizienne, la diversité des forêts à EcM en Afrique et les facteurs influençant la production fongique.
Chapitre 2 : Matériel et méthodes : Décrit le site d'étude (Forêt classée de l’Ouémé Supérieur), les dispositifs de collecte des données mycologiques, floristiques, climatiques et pédologiques, ainsi que les outils statistiques utilisés.
Chapitre 3. Influence des formations végétales sur les communautés fongiques ectomycorrhiziennes. : Analyse l'effet du type de forêt sur l'abondance spatiale, totale et la richesse spécifique des communautés fongiques.
Chapitre 4 : Influence des compositions physico-chimiques du sol sur les communautés fongiques. : Étudie le lien entre les paramètres édaphiques (carbone organique, azote total, etc.) et la distribution des champignons EcM.
Chapitre 5 : La variation des paramètres climatiques et édaphiques dans les écosystèmes forestiers et leur influence sur la composition des communautés fongiques. : Examen de la variation temporelle et spatiale des facteurs climatiques et édaphiques et leur influence globale sur la composition des communautés.
Mots-clés
formation végétale, champignons ectomycorrhiziens, paramètres édaphiques, paramètres climatiques, biodiversité fongique, symbiose, Forêt classée de l’Ouémé Supérieur, azote total, carbone organique, richesse spécifique, carpophores, écologie forestière, Bénin, gestion durable, mycoflore.
Questions fréquemment posées
De quoi traite principalement cet ouvrage ?
Ce travail de recherche porte sur l'influence des facteurs environnementaux — notamment les formations végétales, les caractéristiques pédologiques et les variables climatiques — sur la distribution et la diversité des champignons ectomycorrhiziens dans la forêt classée de l’Ouémé Supérieur au Bénin.
Quels sont les principaux thèmes abordés ?
Les thèmes centraux incluent la symbiose ectomycorrhizienne, l'écologie des champignons en milieu tropical, l'influence du carbone organique et de l'azote total, ainsi que la variabilité spatio-temporelle de la fructification des espèces.
Quel est l'objectif principal de cette recherche ?
L'objectif est de déterminer comment les caractéristiques physico-chimiques du sol et les types de forêt influencent la structure des communautés fongiques, afin de favoriser une meilleure gestion et reconstitution des ressources forestières.
Quelle méthodologie a été employée pour les relevés ?
L'étude repose sur l'installation de neuf placettes permanentes réparties dans trois formations végétales différentes, avec des relevés mycologiques réguliers et une analyse en laboratoire des échantillons de sol et de données climatiques enregistrées par des stations micro-climatiques.
Quelles variables pédologiques ont été identifiées comme influentes ?
Les résultats démontrent que le carbone organique et l'azote total sont des variables significatives qui influencent négativement la richesse spécifique des communautés fongiques ectomycorrhiziennes.
Quelles espèces fongiques sont prédominantes dans la zone d'étude ?
Les genres Amanita, Russula et Lactifluus sont les plus représentés au sein de la forêt classée de l'Ouémé Supérieur, totalisant une grande part de la diversité fongique inventoriée.
L'influence du type de forêt est-elle déterminante pour la richesse fongique ?
Contre toute attente, les résultats indiquent que la composition des communautés et la richesse spécifique ne varient pas significativement selon les types de forêt étudiés, soulignant que d'autres facteurs édaphiques jouent un rôle prépondérant.
Quelles sont les conclusions concernant l'azote et le carbone organique ?
L'étude conclut qu'une forte concentration de carbone organique et d'azote total dans le sol est corrélée à une faible richesse spécifique en champignons ectomycorrhiziens, ce qui remet en question les idées reçues sur la fertilité et la productivité fongique.
- Citation du texte
- Lougbégnon Hyppolite Aignon (Auteur), 2016, Influence des formations végétales, du microclimat et des caractéristiques du sol sur la distribution à l'échelle fine des champignons ectomycorrhiziens, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/386891