Selon la grammaire traditionnelle, la coordination s’effectue au moyen de mots invariables qui n’assument pas de fonction dans la phrase. Leur rôle consiste seulement à marquer la liaison des termes ou des membres qu’ils unissent et les grammairiens nous donnent une liste traditionnelle des conjonctions de coordination : et, ni, mais, or, ou, car et donc. Au niveau syntaxique, les conjonctions de coordination coordonnent les éléments grammaticaux équivalents. Cette notion est facile à comprendre, cependant, avec l’évolution linguistique, notamment l’apparition du concept d’analyse du discours, des conjonctions de coordination ont également un rôle discursif dont l’interprétation varie selon les contextes. Pour les apprenants sinophones, ce double rôle peut provoquer beaucoup de difficultés au niveau grammatical et discursif.
Nous nous demandons donc comment les conjonctions de coordination mettent en place leur double rôle et quelles difficultés rencontrent les apprenants. Pour répondre à ces questions, nous structurons en trois parties: dans la première, nous allons analyser, d’une façon théorique, ce double rôle des conjonctions de coordination. Ensuite, en nous appuyant sur notre corpus, nous allons expliquer exhaustivement les difficultés rencontrées par des apprenants sinophones. Finalement, face aux difficultés, l’enseignant et l’apprenant devraient adopter des méthodes didactiques convenables pour rendre l’enseignement et l’apprentissage plus efficace.
Table des matières
Introduction générale
Présentation de corpus
Partie 1 : Du double rôle des conjonctions de coordination aux marqueurs pragmatiques
1.1 Un rôle grammatical et syntaxique
1.1.1 Trois façons de lier les éléments grammaticaux en français
1.1.2 Conjonctions de coordination versus conjonctions de subordination et adverbes/locutions adverbiales
1.1.3 De la grammaire à la syntaxe : les éléments coordonnés
1.2 Un rôle discursif
1.2.2.1 le cas de « or »
1.2.2.2 le cas de « et »
1.2.2.3 Le cas de « mais »
1.2.2.4 Le cas de « ou »
1.3 Des conjonctions de coordination aux marqueurs pragmatiques
1.3.1 Marqueur pragmatique
1.3.2 Connecteurs textuels
1.3.3 Marqueurs discursifs
Partie 2 : Pourquoi les sinophones peuvent-ils rencontrer des difficultés avec la coordination en français?
2.1 De l’interférence à l’interlangue
2.2 Mauvaise transcription en réception auditive- production orale- production écrite
2.3 Méthode choisie pour analyser le corpus
2.4 Difficultés concernant la coordination, rencontrées par des sinophones
2.4.1 Difficultés liées à « et »
2.4.2 Difficultés liées à « ni »
2.4.3 Difficultés liées à « mais »
2.4.4 Difficultés liées à « ou »
2.4.5 Difficultés liées à « car », « puisque », « comme », « parce que »
2.4.6 Difficultés liées à « donc »
Partie 3 : Comment les enseignants et les apprenants évitent et résolvent ces difficultés ?
3.1 De la part de l’enseignant
3.1.1 Explication exhaustive appuyant sur les contextes différents
3.1.2 Correction face aux erreurs commises par les apprenants
3.1.3 Remédiation face aux erreurs commises par les apprenants
3.2 De la part des apprenants
3.2.1 Attitude positive face aux erreurs
3.2.2 Remédiation des erreurs commises
3.2.3 Prise de conscience de l’autonomie
3.3 Système d’apprentissage construit par les apprenants et l’enseignant
3.3.1 Prise de conscience de l’individualisation
3.3.2 Système d’évaluation
3.3.3 Système d’interaction avec l’outil TICE
Objectifs et thèmes de recherche
Cette étude vise à explorer le double rôle, grammatical et discursif, des conjonctions de coordination françaises et à identifier les difficultés spécifiques rencontrées par les apprenants sinophones dans leur maîtrise. La problématique centrale cherche à comprendre comment ces connecteurs articulent le discours et quelles stratégies didactiques peuvent être mises en œuvre pour surmonter les erreurs liées au transfert linguistique.
- Analyse théorique du rôle syntaxique et discursif des conjonctions.
- Étude empirique des erreurs typiques des apprenants sinophones basée sur un corpus d'exercices.
- Analyse contrastive des systèmes linguistiques (français vs mandarin).
- Propositions de remédiation didactique pour les enseignants.
- Développement de l'autonomie et de l'auto-évaluation chez les apprenants.
Auszug aus dem Buch
1.1.1 Trois façons de lier les éléments grammaticaux en français
Pour analyser le double rôle des conjonctions de coordination, nous adopterons un point de vue macroscopique. Il existe trois relations grammaticales qui permettent de lier les éléments grammaticaux en français : la juxtaposition, la coordination et la subordination. Et la coordination s’oppose aux autres.
Pour mieux comparer les trois relations, observons avant tout la coordination. Dans une relation coordonnante : « Des termes ou des groupes qui assument la même fonction, des propositions parallèles sont coordonnées quand on les relie au moyen d’un mot approprié.» et « les conjonctions de coordination relient deux unités sans les hiérarchiser. Dans la liaison qu’elles établissent, il n’y a ni support ni apport, mais deux éléments de même rang syntaxique. » Par exemple, le chien et le chat, nous voyons bien que la conjonction de coordination et coordonne deux syntagmes nominaux dont la relation est parallèle et équivalente.
En ce qui concerne la juxtaposition, deux ou plusieurs éléments grammaticaux sont liés par un signe de ponctuation. Par exemple, je suis content ; il fait beau. Dans cet énoncé, les deux propositions sont juxtaposées et séparées par le point-virgule. En revanche, si nous modifions l’énoncé comme : je suis content, car il fait beau. Les deux propositions sont coordonnées par la conjonction car en expliquant un rapport causal entre elles.
Résumé des chapitres
Introduction générale : Présente le sujet de la recherche sur le double rôle des conjonctions et annonce la structure du travail en trois parties.
Présentation de corpus : Décrit la méthodologie de recueil de données basée sur des exercices variés destinés à des étudiants de différents niveaux.
Partie 1 : Du double rôle des conjonctions de coordination aux marqueurs pragmatiques : Analyse la nature syntaxique et l'évolution discursive des conjonctions dans la langue française.
Partie 2 : Pourquoi les sinophones peuvent-ils rencontrer des difficultés avec la coordination en français? : Examine les causes des erreurs des apprenants sinophones en s'appuyant sur les théories de l'interférence et de l'interlangue.
Partie 3 : Comment les enseignants et les apprenants évitent et résolvent ces difficultés ? : Propose des stratégies didactiques, notamment la correction et la remédiation, pour améliorer l'enseignement et l'apprentissage.
Mots-clés
conjonctions de coordination, marqueurs discursifs, apprenants sinophones, interlangue, linguistique contrastive, syntaxe, analyse du discours, didactique du FLE, remédiation, erreur, grammaire, pragmatique, connecteurs, transfert, fossilisation.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de ce mémoire ?
Le travail porte sur le passage des conjonctions de coordination françaises vers une fonction de marqueurs discursifs, tout en étudiant les difficultés spécifiques rencontrées par les apprenants sinophones.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes incluent la distinction entre rôles syntaxiques et discursifs, l'analyse des erreurs des apprenants chinois, et des solutions didactiques pour l'enseignant et l'apprenant.
Quel est l'objectif visé par l'auteur ?
L'objectif est d'expliquer le double rôle des conjonctions et de proposer des méthodes d'enseignement pour aider les étudiants sinophones à mieux maîtriser ces connecteurs complexes.
Quelle méthode scientifique est utilisée ?
L'auteur adopte une approche empirique fondée sur un corpus d'erreurs et utilise la linguistique contrastive pour comparer le fonctionnement du français et du mandarin.
Que traite-t-on dans la partie principale du document ?
La partie principale analyse théoriquement le rôle des conjonctions, identifie les difficultés d'apprentissage (erreurs de traduction, accord, conjugaison) et propose des solutions pédagogiques.
Quelles sont les caractéristiques des mots-clés ?
Les mots-clés reflètent le croisement entre la grammaire française, l'analyse du discours et la didactique des langues étrangères appliquée à un public spécifique.
Pourquoi la structure "ne... ni... ne" est-elle problématique pour les sinophones ?
Parce qu'elle n'existe pas en chinois et ressemble morphologiquement à "ne... ni... ni", ce qui provoque des confusions récurrentes dans l'apprentissage.
Quelle différence l'auteur établit-il entre "mais" et "pourtant" ?
L'auteur explique, via la théorie de l'argumentation, que "pourtant" coordonne uniquement une contre-argumentation directe, tandis que "mais" est plus flexible et peut s'appliquer à tous les types de contre-argumentations.
- Citation du texte
- Zhichao Wang (Auteur), 2017, Des conjonctions de coordination aux marqueurs discursifs du français. Les difficultés correspondantes pour les apprenants sinophones, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/538656