Ce sujet qui se veut scientifique, s’inscrit dans le domaine de la philosophie morale dans le sens qu’il veut s’occuper de la manière de sauvegarder l’identité et l’autonomie de l’homme d’abord, par le principe de cohésion d’un soi qui se dit le même, ensuite, par l’autre en tant qu’il est, lui aussi un soimême. Il veut donc définir l’affirmation heureuse que chaque homme a de soi-même à travers son identité personnelle, ses capacités de dire, de raconter et de se raconter, de s’auto désigner comme auteur de ses actes, de promettre et de se porter sujet d’imputabilité d’un acte bon ou non.
La question philosophique de l’identité et la reconnaissance de l’autre nous a interessé dans le but de redonner un sens nouveau au Moi dans la certitude intime d’être soi dans sa conscience morale et de faire un mouvement vers autrui. C’est à moi que le mouvement parti de l’autre acheve sa trajectoire: l’autre me constitue responsable, capable de répondre à sa demande. Le désir humain est ainsi fait et ne se maintient comme désir proprement humain, qu’en doublant son besoin d’une vocation adressée à autrui: à l’autre qui est aussi désir sans issue mais qui, à ce titre peut comprendre mon indigence et la reconnaître. Mon être n’est pas à moi, il me vient de la réponse d’autrui.
C’est pourquoi une telle réflexion philosophique est pour nous le lieu d’amener l’homme de notre temps à réaliser sa destinée, à réveiller auprès de lui le sens de l’autre, à aimer son semblable comme soi-même et d’insister surtout sur le fait de prendre conscience de ses capacités de grandes réalisations.
Aujourd’hui, notre siècle semble être celui du solipsisme, chacun pense être la seule réalité existante, tout le reste serait illusoire. Le Moi égocentrique veut prendre le primat sur le soi communautaire, chacun veut sauvegarder ses intérêts en oubliant le reste.
Il se remarque dans l’évolution de la technique où le sujet pensant est en train de s’exalter en détruisant la nature.
Notre but est de s’occuper de la manière de sauvegarder l’identité et l’autonomie de soi d’abord par le principe de cohésion d’un soi qui se dit le même, ensuite, par l’autre en tant qu’il est, lui aussi un soi-même.
Table des matières
INTRODUCTION
Premier chapitre : LA PROBLEMATIQUE DU SUJET PERSONNEL
I.1. LA CONJONCTION ENTRE LA DIALECTIQUE DE LA MEMETE ET DE L’IPSEITE
I.2. L’INEVITABLE RETOUR SUR SOI
I.2.1. Le caractère
I.2.2. La promesse
I.3. IMPUTABILITE COMME RESPONSABILITE
I.4. IMPUTATION ET ASCRIPTION
Deuxième chapitre : DIMENSIONS ETHIQUES ET MORALES DE SOI DANS SA DIALECTIQUE AVEC AUTRUI
II.1. LA PRIMAUTE DE L’ETHIQUE SUR LA MORALE
II.1.1.Visée de la « vie bonne » : estime de soi
II.1.2. Vivre bien avec et pour les autres : la sollicitude
II.1.2.1. L’amitié
II.1.2.2. La sollicitude et la norme : La Règle d’Or
II.1.3. Vivre bien avec et pour les autres dans les institutions justes: les institutions
Troisième chapitre : LES IMPLICATIONS ONTOLOGIQUES DU SOI
III.1. ATTESTATION DU SOI SELON L’ACTE ET LA PUISSANCE
III. 2. IPSEITE ET ALTERITE
III.2.1. Le corps propre ou la chair
III.2.2. L’étranger ou autrui
III.2.3. La voix de la conscience
CONCLUSION GENERALE
Objectifs et thèmes de la recherche
Cette étude se propose d'analyser l'ouvrage "Soi-même comme un autre" de Paul Ricœur pour explorer la dialectique entre l'identité personnelle et la reconnaissance d'autrui, en mettant en lumière la manière dont le sujet se constitue dans le temps et à travers ses relations éthiques et morales. L'objectif est de redéfinir le sujet non plus comme une substance isolée, mais comme un être capable et relationnel dont l'identité se construit dans le souci de la vie bonne avec et pour autrui au sein d'institutions justes.
- La distinction entre ipséité et mêmeté dans la constitution du sujet.
- Le rôle de l'identité narrative dans la permanence du soi.
- La primauté de l'éthique sur la morale et le concept de "vie bonne".
- La dialectique de la sollicitude, de l'amitié et de la justice.
- Les implications ontologiques du soi basées sur l'acte et la puissance.
Auszug aus dem Buch
I.1. LA CONJONCTION ENTRE LA DIALECTIQUE DE LA MEMETE ET DE L’IPSEITE
Par la dialectique de la mêmeté et de l’ipséité, l’homme change, évolue tout en restant le même par son caractère et la tenue de sa parole qui le distinguent de tout autre individu. Les deux identités ne sont pas à confondre : l’identité-mêmeté parait convenir aux traits objectifs du sujet parlant et agissant, elle se réfère à une certaine invariance de l’identité personnelle dans le temps et dans l’espace en dépit de nombreuses activités évolutives, des relations et des fonctions du sujet ; l’identité-ipséité parait mieux caractériser un sujet capable de se désigner comme étant lui-même l’auteur de ses paroles et de ses actes, un sujet non substantiel et non immuable, mais néanmoins responsable de son dire, de son faire. L’ipséité renvoie au fond d’être du sujet en tant que soi vivant qui a l’initiative, s’éprouve, se présente, s’affirme comme « je », lieu de liberté, de responsabilité et d’imputation.
Avant Ricœur, Heidegger avait déjà développé la notion d’ipséité : « Comment le Dasein peut-il exister en maintenant son unité au milieu de toutes les manières et possibilités de son être[…] ? Il ne le peut manifestement que dans la mesure où il est lui-même cet être en ses possibilités essentielles, où je suis chaque fois cet étant. Le« je » semble assurer la cohésion de l’entièreté du tout structuré. Le «je» et le « soi- même » ont toujours été conçus, dans l’ontologie de cet étant, comme le fond porteur ou substance du sujet ».
Résumé des chapitres
Premier chapitre : LA PROBLEMATIQUE DU SUJET PERSONNEL : Ce chapitre explore la construction de l'identité personnelle à travers la distinction entre l'ipséité et la mêmeté, ainsi que le rôle essentiel de la théorie narrative dans la maintien du soi.
Deuxième chapitre : DIMENSIONS ETHIQUES ET MORALES DE SOI DANS SA DIALECTIQUE AVEC AUTRUI : Ce chapitre examine comment le sujet s'inscrit dans une visée éthique de la "vie bonne" par la sollicitude, l'amitié et la justice dans les institutions.
Troisième chapitre : LES IMPLICATIONS ONTOLOGIQUES DU SOI : Ce chapitre élucide le mode d'être du soi en s'appuyant sur l'ontologie aristotélicienne de l'acte et de la puissance pour définir le sujet comme un être capable et fondamentalement relationnel.
Mots-clés
Identité, Soi-même comme un autre, Paul Ricœur, Ipséité, Mêmeté, Altérité, Reconnaissance, Sollicitude, Vie bonne, Éthique, Morale, Ontologie, Responsabilité, Imputation, Identité narrative.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cet ouvrage ?
L'ouvrage traite de la question philosophique de l'identité de soi en relation permanente avec l'autre, en s'appuyant sur une approche analytique de "Soi-même comme un autre" de Paul Ricœur.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la structure de l'identité personnelle (ipséité et mêmeté), la dimension éthique de la sollicitude, le rôle des institutions justes et les fondements ontologiques du sujet agissant.
Quel est le but ultime de cette réflexion philosophique ?
Le but est de redonner un sens au Moi dans sa conscience morale et de démontrer que l'être humain ne se développe pas en vase clos, mais se constitue à travers la réponse et la reconnaissance d'autrui.
Quelle méthode scientifique est employée ?
L'auteur utilise une méthode analytique et herméneutique, mobilisant les disciplines philosophiques allant de la sémantique à l'éthique et à la métaphysique, pour interpréter les textes de Ricœur.
Que traite le contenu du corps de l'ouvrage ?
Le corps de l'ouvrage est divisé en trois chapitres : la problématique du sujet personnel, les dimensions éthiques et morales du soi en dialectique avec autrui, et enfin les implications ontologiques du soi.
Quels sont les termes clés qui caractérisent cette étude ?
Les termes essentiels sont l'ipséité, la mêmeté, l'identité narrative, la sollicitude, la vie bonne, l'imputation, l'attestation et la reconnaissance.
Comment Ricœur redéfinit-il le concept de "Moi" ?
Ricœur substitue au "Moi" égocentrique le "soi", qui est plus modeste et impersonnel, favorisant l'ouverture à l'altérité et l'effacement de l'égoïsme.
Quel est le rôle du récit (la narration) dans l'identité ?
La théorie narrative permet d'assurer la permanence de l'identité du sujet à travers le temps, en offrant une continuité historique et un sens à travers les actions et les événements vécus.
Quelle est l'importance de la "Règle d'Or" dans cette recherche ?
Elle sert de médiateur entre la sollicitude et la norme, permettant de gérer les conflits dans l'interaction humaine et d'établir la réciprocité face à la menace de la violence.
Pourquoi la relation à l'autre est-elle considérée comme constitutive ?
Parce que l'être humain est un être "au-monde-avec" ; le soi ne se saisit que dans la relation avec autrui, et cette altérité est indispensable pour que le sujet puisse s'affirmer et se reconnaître lui-même.
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- Gradué en Philosophie et Sciences Humaines Jean Claude Bisimwa Banyanga (Author), 2020, De l'identité de soi à la reconnaissance de l'autre. Approche analytique de "Soi-même comme un autre" de Paul Ricoeur, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/592080