Dans le contexte plutôt négatif entourant les langues minoritaires, le travail s’articulera autour de la problématique de la raison d’être de ces langues parfois perçues comme obscures, obsolètes, avec une vision du monde opaque. En quoi est-il possible d’affirmer que les langues minoritaires sontdans leurs régions respectives, alors même qu’un touriste inattentif puisse possiblement traverser la France sans n’en remarquer aucune trace ? Par exemple, si ce touriste passe ses vacances dans la ville de Nice, il est possible qu’il n’entende pas la vari´et´e parlée encore par certains natifs : la variété ni¸coise ou le nissart. Le choix du niçois comme objet d’étude repose sur des arguments objectifs forts : l’espace occitan représente le plus grand territoire d’une langue minoritaire 21, et le niçois en est une variété très vivante, liée à une identité culturelle et intellectuelle, puisqu’aujourd’hui encore enseignée à l’université. La justification des langues minoritaires à l’exemple du niçois se fera du point de vue linguistique – prenant particulièrement en considération l’´economie linguistique - et d’un point de vue sociolinguistique – ainsi d’une perspective psychologique et politique. Pour finir, on fera un lien avec la philosophie. Le fait que cette justification soit considérée valable pour le nissart sera démontré par des exemples aux niveaux social, culturel, litt´eraire, dans les nouveaux médias et sur le plan de l’enseignement. En complément, une interview personnelle menée le 5 septembre 2016 à l’Université de Nice Sophia Antipolis 22 avec le Professeur de Langue et de Littérature d’Oc, et le Maître de Conférences en Langue et Littérature Occitane, enrichit l’argumentation d’éléments concrets. Les résultats seront soulignés par une enquête qualitative menée à l’Université de Nice Sophia Antipolis. Cette enquête examine les motivations des étudiants en langue et de la culture occitane à propos de leur choix d’étudier cette matière, en fonction de leur point de vue concernant le statut de la langue et leur profil de locuteur, montrant la diversité des apprenants intéressés par cette langue.
Table des matières
1 Introduction
2 Importance des langues minoritaires
2.1 Importance des langues minoritaires dans le monde et en Europe
2.2 Importance des langues minoritaires pour la France
2.3 Importance des langues minoritaires pour les habitants des régions
3 Présentation de la variété nissarde
3.1 Historique de Nice et du nissart
3.2 Définition du nissart
3.3 Introduction à la structure langagière du niçois
3.3.1 Graphie, phonétique et prononciation
3.3.2 Morphologie et syntaxe
3.3.3 Lexique et sémantique
3.4 La défense du nissart
3.4.1 Aux niveaux social, culturel et littéraire
3.4.2 Dans les médias imprimés et audiovisuels
3.4.3 Dans les nouveaux médias
3.4.4 Au niveau de l’enseignement
4 Une étude (qualitative) à propos des motivations pour apprendre une langue et une culture minoritaires
5 Conclusion et nouvelles perspectives
Objectifs et thématiques
Ce travail examine la légitimité et la survie des langues minoritaires en France, en prenant comme étude de cas le nissart (variété niçoise de l’occitan). La recherche analyse comment, malgré un contexte politique centraliste, cette langue parvient à se maintenir à travers divers domaines sociaux, culturels et institutionnels, tout en étudiant les motivations des apprenants actuels.
- Analyse sociolinguistique du nissart au sein de l'espace occitan.
- Étude des facteurs politiques et administratifs influençant le statut des langues minoritaires en France.
- Rôle de la culture, des nouveaux médias et de l'enseignement dans la revitalisation linguistique.
- Enquête qualitative sur les motivations des étudiants en langue d'oc à Nice.
- Réflexion philosophique sur la valeur du plurilinguisme et de la diversité culturelle.
Auszug aus dem Buch
3.3.2 Morphologie et syntaxe
Un trait véritablement synthétique, qui distingue le niçois et les autres variétés occitanes du français et les rapproche du latin, est la conjugaison. En latin classique, il n’y a pas de pronom personnel, ou alors seulement pour accentuer l’énoncé. Ce trait est conservé en nissart où le verbe est souvent utilisé sans pronom personnel car l’information concernant la personne est incluse dans le verbe : « Le verbe niçois se conjugue sans pronom sujet. » L’utilisation des pronoms personnels dans la fonction du sujet se fait facultativement dans la plupart des langues romanes : il en est de même en nissart. Son emploi est plutôt « emphatique » et il n’est obligatoire de les employer qu’en français puisqu’une différenciation de la personne grammaticale ne peut plus être effectuée en prenant en considération les suffixes de la conjugaison.
La proximité avec l’Italie et les influences du latin ont fait que la variété a gardé son caractère synthétique. Par exemple, et à l’opposé du français, le verbe inclut également le pronom. D’autres segments forment une sorte de passerelle entre le français et l’italien : Le pronom possessif par exemple est composé de deux mots : l’article et le marqueur possessif, ce dernier étant le « vrai » pronom. Dans ce cas, le niçois, tout comme l’occitan, se comporte de manière plus analytique. Mais une alternative synthétique existe également dans les deux langues, semblable à la forme française, qui ne conserve que le pronom, ainsi semblable à la forme française.
Résumé des chapitres
Introduction: Présente le cadre historique du déclin des langues minoritaires en France et définit la problématique de la survie du nissart.
Importance des langues minoritaires: Analyse la nécessité du maintien de la diversité linguistique aux échelles mondiale, européenne et régionale pour l'identité et la pensée humaine.
Présentation de la variété nissarde: Détaille l'histoire, la structure linguistique (graphie, morphologie, lexique) et les mécanismes de défense de cette variété niçoise.
Une étude (qualitative) à propos des motivations pour apprendre une langue et une culture minoritaires: Présente les résultats d'une enquête menée auprès d'étudiants sur leurs choix et profils en tant qu'apprenants.
Conclusion et nouvelles perspectives: Synthétise les arguments en faveur de la protection du nissart et souligne l'importance du multilinguisme pour l'avenir européen.
Mots-clés
nissart, niçois, langue minoritaire, occitan, sociolinguistique, France, identité régionale, motivation, intercompréhension, enseignement bilingue, politique linguistique, culture, patrimoine, survie linguistique, étude qualitative
Foire aux questions
Quel est l'objet principal de cette étude ?
Le travail analyse la situation du nissart en tant que langue minoritaire en France, en explorant les raisons de sa persistance et les méthodes employées pour sa défense.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent l'histoire de Nice et du nissart, les structures linguistiques, la place des langues minoritaires en Europe, et les motivations des apprenants universitaires.
Quel est le but de la recherche ?
La recherche vise à justifier l'existence et la protection du nissart sur les plans linguistique, sociolinguistique, philosophique et psychologique.
Quelle méthodologie est utilisée ?
L'auteur combine une analyse théorique (littérature sur le plurilinguisme) avec une enquête qualitative basée sur un questionnaire distribué à des étudiants et des entretiens avec des experts.
Qu'est-ce qui est traité dans le corps du document ?
Le document détaille la structure linguistique du niçois, les institutions de défense (Acadèmia Nissarda, associations), les médias locaux et l'intégration du niçois dans le système scolaire.
Quels mots-clés caractérisent le mieux le travail ?
Les mots-clés sont nissart, identité, langues minoritaires, occitan, sociolinguistique et transmission culturelle.
Pourquoi le choix du nissart comme exemple ?
Le nissart est choisi car il s'agit d'une variété très vivante, fortement ancrée dans une identité locale et soutenue par une communauté de défenseurs active malgré le contexte centraliste français.
Comment le nissart se comporte-t-il linguistiquement ?
Le nissart présente un caractère synthétique, proche du latin et de l'italien, ce qui le distingue du français et facilite parfois l'intercompréhension entre langues romanes.
Quel est le résultat de l'étude qualitative ?
L'étude montre que les apprenants sont motivés par un intérêt culturel et historique réel, bien qu'ils manquent souvent d'occasions de pratique naturelle hors du cadre institutionnel.
- Citation du texte
- Tanja Schabacker (Auteur), 2016, Les langues régionales et minoritaires en France. Le nissart en question, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/351075